‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 186 sur 213 · SAINTE MADELEINE REPENTANTE · texte numérisé non relu

SAINTE MADELEINE REPENTANTE

Vienne. Musée impérial, 1161.

Toile. H. 2o5, L. 1 Sy.

AiNTE Madeleine, vêtue d'une robe de satin blanc, est assise à droite du tableau, les bras étendus et les mains jointes par un geste de profond désespoir ; ses cheveux sont dénoués, ses yeux en pleurs,

levés au ciel. Son corsage ouvert montre la gorge opulente. Ses jambes sont croisées, un de ses pieds nus est posé sur un coffret de bijoux, renversé et ouvert, d'où s'échappent un peigne, un blaireau, des colliers et d'autres objets de toilette. A côté d'elle, sa sœur Marthe, les mains posées sur la ceinture, la tête couverte d'un voile, regarde de travers, avec étonnement et méfiance, la belle pécheresse. Au fond, à droite, une lourde draperie rouge ; à gauche, une balustrade et une échappée de vue sur le ciel.

La tête et les bras de la Madeleine sont de la main de Rubens, les draperies, les accessoires et la figure de Marthe sont retouchés par lui.

Le tableau date de 1620 environ. Il fut acheté par Joseph II, en 1786, du comte Nostitz, à Prague.

Dans la vente Jacques De Wit (Amsterdam, lySS), parut une " Marie Madeleine dans son repentir et après sa conversion, ■" deux figures de grandeur naturelle (H. 7 pieds, L. 5 pieds 3 pouces). Le tableau fut adjugé à 180 florins à Paul Schukking. C'est probablement celui du Musée de Vienne.

Le Musée de Cassel (n" 87 ; Toile, H. 192, L. 148) possède une copie de ce tableau, conforme à l'original, sauf les bijoux qui sont autrement disposés. Elle se trouve déjà mentionnée dans l'inventaire de ce musée, datant de 174g.

Le catalogue des tableaux délaissés par Rubens mentionne, sous le n° 85 : " Une Magdaleine, figure entière. « L'édition anglaise la mentionne en ces termes : - Une Madeleine de grandeur naturelle, sur panneau, r,

Dans la mortuaire de Rubens, on vendit à Jean Baptiste Van Lemens une copie de la Madeleine, au prix de 35 florins. C'est peut-être l'exemplaire de Cassel. Il appartenait pour moitié aux fils de Rubens du premier lit et avait donc été fait avant 1626 (i).

Le Musée de Schwerin (n» goo ; Toile H. ici. 5, L. 73.5) possède une copie de la Madeleine du tableau de Vienne, vue jusqu'au genoux.

(i) P. GÉNARD : Succession de P. P. Rubens. Bulletin des Archives d'Anvers. II, 82.

Au siècle dernier, il y avait au château hzt Loo un tableau, représentant une Madeleine fortement affligée, aux deux tiers de la grandeur naturelle. Elle se jette en arrière ; auprès d'elle, des bijoux ; dans le fond, un rocher.

Le Musée de l'Ermitage, à St. Pétersbourg, possède un dessin attribué erronément à Rubens, représentant la même composition que le tableau de Vienne, avec quelques variantes dans les bijoux.

Au Musée de Turin (n^ 343) se trouve une copie de la tête de la Madeleine (Toile. H. 67, L. 54). Elle a été gravée par Ant. Costa (V. S. 58) et photographiée par un anonyme.

Gravures : V. S. 53, Anonyme (L. Vorsterman exe.) ; 54, Anonyme ; 55, Cl. Goyrant. Non décrite : E. Yon (gravure sur bois dans la Gazette des Beaux-Arts. 1869, II, 289). Dans la gravure publiée par Vorsterman, les bijoux sont autrement disposés que dans le tableau.

Photographie : (Tableau du Musée de Vienne) Miethke ; (Tableau du Musée de Cassel) Anonyme ; (Dessin du Musée de St. Pétersbourg) Roettger; Braun.

Voir planche 160.

Page 1