LA FEMME ADULTÈRE
Brisiol. Collection Miles.
ÎIa femme adultère se trouve au milieu du tableau, la tète à moitié enveloppée de son voile. Son attitude exprime la confusion et le repentir. A sa gauche, deux prêtres se présentent comme ses accusateurs. L'un, grand, maigre, à longue barbe, met beaucoup d'animation à l'accabler ; l'autre, plus gros et placide, les mains appuyées sur sa canne, se contente de regarder la coupable avec dédain. A la gauche de la femme se trouve un vieillard vénérable, dont on ne voit que la tète au crâne chauve et à la longue barbe blanche. Il intercède pour l'accusée. Jésus se trouve à côté de lui ; il étend la main et prononce les paroles miséricordieuses : •* Que celui de vous qui est sans faute lui jette la première pierre. ^ Dans le fond, on discerne encore cinq figures, dont l'une est coiffée d'un casque, et deux jeunes garçons montés sur le socle d'une colonne.
Les figures sont a mi-corps.
Le prêtre qui appuie les mains sur une canne est le personnage imberbe au double menton que nous avons déjà rencontré parmi les convives du Banquet d'Hêrode et parmi ceux de Simon le Pharisien.
Waagen dit que tout le tableau est de la main de Rubens et n'est postérieur que de peu de temps à la Descente de Croix. Il invoque comme preuves la noblesse du sentiment et la sobriété dans le coloris (i).
Smith dit que la force de l'expression et le coloris splendide sont les principaux mérites de cette peinture capitale (2).
Elle fut peinte, dit-on, pour la famille de Knyff, d'Anvers, qui la posséda jusqu'à ce qu'elle fût vendue dans la collection du chanoine Knyff, en 1785. Elle fut adjugée à 7201 florins à Wabbels.
En 1816, elle parut dans la vente de Henry Hope et fut achetée 2000 guinées par M. Norton. En i83o, elle appartenait déjà à J. B. Miles de Bristol. En juillet i883, le bruit courut que le tableau avec toute la collection de M. Philip Miles venait d'être acheté par M. Vanderbilt, de New-York, au prix de 410,000 livres sterling. Ce bruit était faux, car le 28 juin 1884, la collection fut présentée en vente chez MM. Christie, Manson et Woods, à Londres. Notre tableau fut retiré pour la somme de 1700 guinées (44,625 francs).
Dans les comptes de la succession de Rubens, nous lisons qu'un tableau, la Femme adultère, fut donné à Gilles Sprincen, pour services rendus au défunt (3).
Gravures : V. S. ig5, P. J. Tassaert ; igô, Marie Elisabeth Simons (Dédié à Mons. Knyff, chanoine, d'après le tableau original qui se trouve dans son cabinet) ; 197, J. Fittler ; ig8, Anonyme (N. Lauwers exe.) ; igg, W. Bromley ; 200, A. Cardon (d'après le tableau du cabinet de Henry Hope).
Une gravure non citée et publiée par F. Steenes et C'^, d'Amsterdam, attribue à Rubens une composition ridicule représentant la Femme adultère.
Voir planche 87.