‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 196 sur 213 · SAINT PÉPIN ET SAINTE BÈGUE SA FILLE · texte numérisé non relu

SAINT PÉPIN ET SAINTE BÈGUE SA FILLE

Vienne Muse'e impérial, 1179.

Panneau. H. 92, L. 76.

[uR un même tableau, deux portraits vus jusqu'aux genoux. Ste. Bègue est vêtue d'une robe de couleur rouge clair, découpée sur la poitrine, garnie de fourrures aux manches. Sur ses cheveux blonds, elle porte un voile en mousseline blanche ; autour du cou, un collier de perles. L'une main repose sur la ceinture, l'autre tient la robe. C'est une figure douce et belle, dont la chair molle rougit délicatement, et qui ne fait songer en rien à l'austérité du cloître. St. Pépin, vêtu de brun, a la figure chaudement colorée, d'un ton doré ; ses traits sont fermes, tout dénote chez lui la force comme tout indique la grâce chez sa fille. D'une main, il entoure la taille de sa compagne. Il porte sur la tête un étrange bonnet de fourrure, se relevant en cornes sur les tempes et laissant descendre deux bouts rattachés sur la poitrine.

Le tableau est entièrement de la main de Rubens. Il date de i625 environ et fut vendu en cette année au duc de Buckingham. Dans le catalogue de la collection de cet homme d'état, il est mentionné comme suit : la Duchesse de Brabant avec son amant (i).

A la vente de la galerie du duc de Buckingham, il fut probablement acheté par l'archiduc Léopold-Guillaume. Il se trouve mentionné dans la galerie de Prague en 1718 et fut transféré à Vienne en 1721 ou en 1723. Il fut emporté à Paris, en 1809, et rendu en i8i5.

(1) A catalogue of tke curions collection of pictures of George Villiers, duke of Buckingham by Briqn Fairfax. Londres, 1758, p. i5, n" 10.

Il est clair que le tableau fait bien plutôt songer à un couple marié ou amoureux qu'à un père avec sa fille. Ce qui lui a fait donner la dénomination arbitraire qu'il porte au musée de Vienne, c'est l'inscription sous la gravure de F'rançois Van den Steen. Ce texte dit que les personnes représentées sont St. Pépin, premier duc de Brabant, et sa fille Ste. Bègue, fondatrice du couvent des nobles vierges, chanoinesses à Andenne, près de Namur, dessinés par Rubens, d'après d'antiques tableaux. Il est effectivement certain que Rubens a peint ces figures d'après des peintures anciennes, les costumes sont ceux de l'époque de Jean Van Eyck, mais nous ne savons quels sont les personnages représentés, ni pourquoi Van den Steen leur a donné le nom qu'ils portent actuellement.

Il existe de ce tableau une ancienne copie dans le musée de Douai. Dans la vente Servais (Bruxelles, iTjS), les portraits de " Sigisius et Begghe r, (H. 5 pieds 3 pouces, L. 3 pieds 8 pouces) furent adjugés à 102 florins.

Gravures: V. S. 121, Francise. Van den Steen (Dédicace: Clarissimo prsestantissimoque Viro, D. Philippo de Valkenisse, Jurisconsulto, Primario Urbis Antverpiae secretario, et Archivi Urbici Custodi, Patrise Antiquitatis studiosissimo, hanc S. Pipini, I. Brabantias ducis, ejusque Filise, S. Beggae, Ducis III. Illustrium Virginum Canonicarum Andanae, apud Namurcum, Fundatricis effigies, a Petro Paullo Rubenio, Equité, e priscis tabulis delineatus. Cura sua œri incisas, Lub. Mer. Dedicabat Franc. Van den Wyngaerde) ; 122, A. Prenner, 1732 ; 124, J. Krepp. Non citée : Stampart et Prenner.

Th. Matham a gravé séparément les mêmes personnages sous le nom de H. Van Eyck (V. S. I23). Rubens possédait de Jean Van Eyck deux portraits, le mari et la femme, qui sont mentionnés sous les n°^ 17g et 180 de la « Spécification des peintures -^ trouvées à sa maison mortuaire.

Voir planche i63.

St. Philippe de Ne'ri.

Voorhelm Schneevoogt mentionne, sous le n° i25, une estampe représentant St. Philippe de Néri, gravée par Corneille Galle. Dans le catalogue de la vente Crozat (Paris 1741), on trouve mentionné, sous le n"^ 844, un dessin représentant St. Philippe de Néri par Rubens.

St. Pierre.

Volet de la Pêche miraculeuse à l'église Notre-Dame de Malines (Voir

n" 24g). Les St. Pierre et St. André des volets de la Pêche miraculeuse ont été gravés sur une même planche par P. Spruyt (V. S. Saints 126).

Voorhelm Schneevoogt (n° 12g) cite encore un 5/. Pierre gravé par J. Schmutzer, sans nom de peintre. Le saint pose la main droite sur la poitrine, enveloppée dans une draperie, et regarde le ciel. L'attribution nous semble douteuse. La gravure reproduit probablement un tableau qui s'est trouvé au musée de Brunswick (i). Plus douteuse encore est l'attribution que l'on lit sur une petite gravure, représentant une tête de St. Pierre, les yeux levés vers le ciel, exécutée par J. de Meere et portant l'inscription - d'après l'original du fameux Rubens chez J. de Meere le fils. «

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