‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 28 sur 213 · LA CÈNE · texte numérisé non relu

LA CÈNE

Milan. Musée, 447.

Panneau. H. 304, L. 206.

UTOUR d'une table ronde, le Christ est assis avec les douze apôtres. Il bénit le pain, les yeux levés vers le ciel. Tous les disciples ont des figures énergiques et sont des hommes âgés, à l'exception d'un seul, sur le devant, et de St. Jean, à côté du Sauveur. Judas est assis au premier plan. Il ne s'est pas encore trahi et personne ne s'occupe de lui. La face tournée vers le spectateur, le menton appuyé sur la main, il roule dans son esprit ses noirs projets de trahison. Dans le fond, à droite, se trouve une espèce de crédence, sur laquelle un livre ouvert est placé entre deux candélabres. Plus à gauche, on aperçoit une porte, dont le fronton est

supporté par deux colonnes corinthiennes, et un rideau suspendu dans le haut de la chambre. Sur la table, devant le Christ, se trouve un verre de vin à moitié plein; sous la chaise de Judas, un chien; dans le coin à droite, un bassin de cuivre contenant un large flacon.

La scène est éclairée par une chandelle -posée sur la table, et par deux "autres brûlant sur la crédence à droite. La première jette une lueur ardente SUT les tètes et sur les draperies des convives; les secondes frappent en sens contraire le dos de Judas et celui de son voisin. La nappe blanche a des reflets énergiques avec de fortes ombres. Tout est calculé pour produire un effet de lumière artificielle.

Le travail est de la main d'un élève ; le maître l'a rehaussé en indiquant les reflets ardents produits, par les chandelles. La composition est peu remarquable, l'exécution ne vaut pas mieux : c'est un travail sans grand relief, sans éclat et sans profondeur.

Rubens s'est inspiré pour ce travail d'un tableau du Titien qui se trouve dans l'église de San Francisco di Carlo, à Urbin (i).

Voir planche 91.

aôS^'s LA CÈNE.

Esquisse du tableau pre'ce'dent.

St. Pétersbourg. Musée de l'Hermitage, 544.

Panneau. H. 46, L. 41.

'esquisse, d'un coloris foncé, marque nettement l'intention de Rubens de faire du travail définitif une scène de nuit. Elle est de la main du maitre. Il existe une esquisse en grisaille de cette composition (H. 68, L. 52) qui a paru dans les ventes Jacques de Wit (Anvers, 1741), Tonneman (x\msterdam, 1754), Braamcamp (Amsterdam,- 1771), Jacob de Bruyn (Amsterdam, 1798) et Anonyme (Londres, Christie, 1826) toujours accompagné de l'esquisse en grisaille de la Résurrection de Lazare (Voir notre n° 263'''^). Le tableau se trouvait primitivement sur l'autel de la chapelle du Saint Sacrement, au bout de la petite nef septentrionale dans l'église St. Rombaut, à Màlines. Rubens peignit deux prédelles pour cet autel en même temps que le tableau principal. C'étaient V Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem et le Lavement des pieds.

(i) Crowe et CavalcASELLE : Titian. II, 373.

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