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Esquisse du revers des volets

Dulvvich Collège, 78.

Panneau. H. 66,5, L. 49,5.

EUX petits panneaux joints ensemble. Le fond représente une architecture formant une niche. Dans le haut, on aperçoit deux anges portant chacun une couronne. A gauche, un saint évêque feuilletant et lisant dans un livre, coiffé de la mitre, tenant la crosse et portant une chasuble d'or. La .sainte, vêtue de noir et de blanc, porte également la crosse.

A droite, l'évèque tient une crosse, porte une chasuble d'or et regarde Ste. Catherine. Celle-ci est vêtue de blanc; elle tient de la droite une épée; de la gauche, une palme.

C'est une esquisse fort intéressante, évidemment la première conception du côté extérieur des volets ; elle est vivement éclairée. Les différences avec la peinture définitive sont notables. Dans le volet à droite. Sainte Catherine est la même ; mais le saint évêque est coiffé de la mitre dans l'esquisse,

(i) Smith : Catalogue raisonné 11, 2, 3. — Art Journal, 1S44, p. 187 ; 1882, p. 67.

tandis que, dans le tableau, un ange la tient au-dessus de sa tête ; dans l'esquisse, il n'y a qu'un ange ; dans le tableau, il y en a deux. L'ange qui tient la couronne au-dessus de Ste. Catherine est vu de devant sur l'esquisse, de derrière sur le tableau. Dans l'esquisse du volet de gauche, l'évêque porte une mitre ; dans le tableau, deux anges la soutiennent au-dessus de lui. Dans l'esquisse, il n'y a qu'un ange tenant une couronne de fleurs.

L'esquisse fut vendue dans la collection Jacques de Roore, n" 55 (La Haye, 1747), au prix de 102 florins.

Le musée du Louvre possède un dessin fort intéressant, formant un premier projet de la composition contenue dans le panneau central et le côté antérieur des volets. Ici encore cette composition est une. Les bourreaux du Christ sont les mêmes, seulement l'homme en cuirasse et celui qui pousse à la partie supérieure du tronc de la croix manquent ; mais la direction de la croix est en sens inverse, le pied se trouvant à gauche. Les cavaliers à droite sont restés les mêmes, seulement le chien est placé près du cheval pommelé. Le groupe du volet de gauche est beaucoup plus simple. Il ne comprend que Marie, St. Jean et une figure accessoire.

M. Henri Lacroix, à Paris, possède le dessin du torse du Christ de V Erection de la croix, vu jusqu'à la ceinture ; la main gauche est dessinée à part. Exécuté à la craie noire, en sens contraire de la gravure.

Rubens exécuta le triptyque de VErcction de la croix pour le maitre autel de Ste. Walburge. Suivant les anciens registres de cette église, le curé et les marguilliers firent, au mois de mai i5io, une collecte dans la paroisse, afin de réunir la somme nécessaire pour payer le rétable du maitre autel (i).

Rubens commença l'ouvrage au mois de juin i5io, pendant qu'il habitait chez son beau-père, dans les premiers temps de son mariage (2).

A cette époque, le comptable de l'église paya aux ouvriers de l'Amiral, un pourboire de fl. i-i5, pour la voile que le capitaine avait bien voulu

(1) Extraits du registre des comptes de téglise de Ste. Walburge, à Anvers. 1610-1617. P. i32, 1610. Item in "t ommegaen met mynheer den pastor en kerckmeesters, metten

schaele, in de parochie, tôt het opmaecken en schilderen van den Hoogen autaer, 17 mey 1610.

(2) In contubernio soceri aliquot annos vixit, quo tempore fecit tabulam magni altaris ecclesiœ parochialis St» Walburgis Antverpiae, quse supplicium Domini nostri exhibet. Vita P.-P. Rubenii. (B"" de Reiffenberg, Nouvelles recherches sur P. -P. Rubens. Mémoires de l'Acade'mie in 4", Tome X. i835.)

prêter pour être suspendue dans le chœur, pendant que Rubens peignait le <7rand autel (i). Une somme de g florins et lo sous fut dépensée dans l'auberge - la petite Zélande, j^ le jour où l'artiste, en présence du curé, de M. Corneille van der Geest, un amateur des arts très distingué et des marguilliers, fit accord de peindre le tableau (2). Le 17 juin 1610, on paya à Rubens la somme de 1000 florins en acompte sur la somme totale de 2600 florins. Le 12 août 161 1, Rubens reçut encore 5oo florins. Du premier octobre 161 1 au premier octobre i6i3, on lui paya en trois fois les iioo florins restants (3). En octobre 1627, Jean Batiste Bruno nettoya le tableau et Rubens le retoucha comme il avait été convenu. (4)

(i) Extraits du registre etc. P. i5o, 1610. Betaelt aen de gasten van den Admirael voor het seyl dat den capiteyn wel hadde geleent om le hangen terwylent den schilder Rubbens den hoogen Autaer heeft geschildert voor drinkgeld fl. i.5

(2) P. i52, 1610, Junius. Betaelt in klyn Zeeland ende verteert daer men met Peeter Rubbens schilder heeft geaccordeeit van 't schilderen van den Hoogen Autaer, présent mynheer den Pastor en Cornelis van der Geest en kerckmeesters fl. 9.10

(3) P. i53, 1610. Betaelt den 17 junius aen Peeter Rubbens, schilder op rekening, ende in mindernisse van de sesentwintich hondert guldens voor het schilderen van den Hoogen Autaer als p'' quittantie fl. 1000

P. 161, 161 1. Betaelt den 12 augusti aen Peeter Rubens schilder, ende dat voor de eerste (tweede ?) paye van het schilderen van den hoogen Autaer de somme van, als p'' quittancie fl. 5oo

P. 170. De kercke is nogh ten achteren ter cause van het tafereel in de hooge choor gemaeckt by Peeter Rubens, de somme van elf-hondert guldens eens, 't welck wordt gestelt pro memoria.

Prima october 161 1 a prima october i6i3.

P. 21 3. Betaelt aen Peeter Pauwels Rubens schilder, op rekeninge van syne paye van syn stuck schilderye fl. 25o

P. 217. Item betaelt aen Peeter Paulo Rubens voor syne reste van syne paye die toen gedaen was fl. 260

Ontvangen van Peeter Pauwels Rubens voor de kercke heeft gegeven, als hy syne leste paye gaf (kreeg ?) fl. 10

P. 227. Betaelt aen Hendrik Geertsen grof smidt voor een eysere leene gemaekt ter bénéficie van het tafereel wegende 118 pondt a 4 1/2 st. p. pondt fl. 23-i2

P. 229. Betaelt Peeter Pauwels Rubens voor de reste dat men hem schuldich was voor syne schilderye van 't stuck op den Hooge Autaer als by quittancien fl. 600

(4) P. 402. 1627, October. Betaelt aen .Tan Baptist Bruno voor de schilderye op den Hoogen Autaer te kuysschen en schoon te maecken, omdat M'' Rubens die soude retoqueren gelyck hy beloott hadde en oock gedaen heeft, betaelt par accord, met bysyn van sieur van der Geest fl. 24

On a raconté que c'était à cette dernière époque que Rubens, à la demande du curé et des marguilliers, aurait placé dans le panneau central le grand chien de Terre-Neuve. Aucun document ne confirme cette assertion, née probablement de ce que dans la gravure de Witdoeck, faite en i638, ce chien se trouve dans le volet de gauche.

Il est certain que Corneille Van der Geest, que nous voyons intervenir dans l'accord conclu entre le peintre et les autorités de l'église Ste. Walburge a contribué pour une bonne part à faire accorder ce travail important à Rubens. La dédicace de la gravure de Witdoeck à cet amateur distingué des arts est très explicite sur ce point et le nomme - le principal auteur et promoteur ^ de l'œuvre.

Le triptyque se trouvait, dans l'église Ste. Walburge, à une hauteur peu commune, puisque le maitre autel était élevé de ig marches au-dessus du sol de l'église (i) et que sous cet autel passait une rue du vieil Anvers.

Le premier août 1794, le tableau et ses volets furent enlevés par les commissaires de la République française et transportés au Louvre. En 1798, l'église Ste. Walburge fut vendue aux enchères et démolie ; plus tard, l'ancienne église des Dominicains, placée sous le patronage de St. Paul, fut désignée pour la remplacer. 'L'Erection de la Croix fut rendue au roi des Pays-Bas, en i8i5. Le curé de l'église St. Paul réclama le tableau. Le gouvernement en ordonna la déposition dans la cathédrale d'Anvers ; en échange, il fit remettre par cette église, au musée de la ville, le Christ à la paille, par Rubens, et la Chute des Anges, par Floris (2). Le 3r mai 1S16, le triptyque était installé à sa nouvelle place. On paya 85o florins à Van Regemorter, pour avoir nettoyé les quatre tableaux de Rubens revenant de Paris. Les cadres des mêmes tableaux coûtèrent 3ooo florins.

Ces textes ont été publiés dans Historisdie lerensbesclvijving van P.-P. Rubens traduit par Jean Smit d'après J. F. M. Michel, avec annotations de V.(ictor) v.(an) G.(rimbergen). Anvers, L. J. de Cort, 1840, p. 390, et séparément par un anonyme (Victor van Grimhergen) avec traduction française, sous le titre de Extraits des comptes de féglise Ste. Walburge relatifs au tableau de Rubens, l'Erection de la croix, et des Archives du Serment des Arquebusiers concernant la Descente de croix par le même maître. Anvers, J. E. Buschmann, 1840. Nous n'avons pas réussi à découvrir ce que sont devenus les textes originaux ou les copies utilisés par cet auteur. Mois en avait donné une traduction dans ses notes et ce fut probablement pour lui que l'extrait fut fait.

(i) Michel op. cit. P. 76.

(2) PiOT : Rapport. P. 388 et 410.

En 1847, l'attention du Ministre de l'intérieur de la Belgique fut appelée sur la nécessité de la restauration de VEredion de la Croix et de la Descente de Croix, conservées dans la cathédrale d'Anvers. Une commission fut chargée d'examiner l'état de ces chefs-d'œuvre. Dans la séance du 8 mai 184g, il fut donné connaissance à l'Académie royale de Belgique d'un rapport adressé par la commission au Ministre, constatant que le triptyque avait subi d'assez graves lésions, spécialement dans le panneau central, (i)

Dans la séance du 20 septembre 184g, le Ministre porte à la connaissance

(i) Rapport de la Commission. L'ÉLÉVATION Dt: LA CROIX. Le temps a plus maltraité cette œuvre que les autres dont il a été question ; plusieurs planches qui composent le panneau en sont recourbées. Malgré les fortes traverses de bois qui ont été appliquées autrefois sur le revers, de légères ouvertures s'y manifestent et rendent la surface de la peinture inégale ; la plupart des fentes sont bouchées et mastiquées ; les couleurs tombent en plusieurs endroits ; les écaillures et les boursouflures sont beaucoup plus graves et plus difficiles à restaurer ; on les observe sur une assez grande étendue, et les figures au pied de la croix en ont surtout beaucoup souffert. La préparation particulière du panneau a contribué à gercer les couleurs et à former des fissures, et une multitude de petites taches brunâtres. Ce mal existe principalement sur la poitrine du Christ, au dos nu d'un homme, au bas du tableau, et dans plusieurs autres parties. Des masticages et de mauvais repeints se font remarquer en différents endroits.

La Vierge et St. Jean (Volet gauche de l Élévation de la croix). Sauf quelques écaillures peu nombreuses, ce tableau est dans un assez bon état. Une fente horizontale traverse la figure de la femme placée sur le devant, et une autre coupe perpendiculairement la figure de la Vierge ; elles ont été mastiquées et repeintes.

Les Larrons (Volet droit de lElévation de la croix). De même que le précédent, ce tableau est dans un état satisfaisant de conservation ; peu d'écaillures demandent à être refixées ; une séparation du panneau, dans le haut du tableau, traverse les têtes de deux soldats.

L'EVÊQUE (Revers du volet gauche). La fente indiquée au volet gauche se montre sur le revers, avec beaucoup de gravité ; de grandes parties mastiquées et repeintes se sont détachées complètement, quelques écaillures assez fortes ont soulevé la couleur, mais dans les endroits peu importants.

Sainte Catherine (Revei-s du volet droit). La tête de cette sainte est traversée par une fente ayant les mêmes inconvénients que ceux signalés ci-dessus. Sauf quelques légers dégâts, cette œuvre est en général assez bien conservée. Dans la description succincte de l'état actuel de ces chefs-d'œuvre, nous avons dij tenir compte des vernis superposés et décomposés, lesquels s'étanl mêlés à la poussière rendent plusieurs passages presque invisibles aujourd'hui ; ils cachent la couleur primitive sous une couche gi'ise, et il est probable que nous découvrirons plus tard encore quelques autres parties délabrées, ou en souffrance. Bulletin de l'Académie royale de Belgique. XIV, A, 255 et 385; XVI, A, 570; XVI, B, 224; XXI, A, i23 ; XXIII, A, 175 ; B, 702.

de l'Académie que MM. van Regemorter, artiste peintre à Anvers, et Etienne Le Roy, restaurateur à Bruxelles, sont chargés de la restauration de l'Elévation en Croix. Ce travail était terminé au commencement du mois d'avril 1854.

Le premier de ces artistes ne collabora pas longtemps au travail et ce fut, en réalité, M. Etienne Le Roy qui seul l'exécuta. On lui paya 10400 francs pour la restauration de VErection de la Croix et de la Descente de Croix. Dans cette dépense, la ville d'xAnvers intervint pour 2600 francs ; la province pour 2000 ; l'État pour 320o ; l'église pour 2600.

Gravures. Panneau central : V. S. 277, Erin Corr et J. B. Michiels ; 278, C. L. Masquelier ; 281, Hébert, lithographie. Non décrit: L. Lelli et plusieurs lithographies anonymes.

Volets : Plusieurs lithographies anonymes.

Revers des volets : V. S. 281, Hébert, lithographie, et d'autres lithographies anonymes.

La Sainte Catherine du revers du volet de droite a été plusieurs fois gravée, avec de légères variantes dans les accessoires, par S. a Bolswert et d'autres artistes (V. S. Saintes, 28 et suivants). Le St. Eloi a été gravé sous le nom de St. Augustin par A. Mélar (V. S. Saints, i3).

Dieu le père. Le couronnement du tableau : V. S. Allégories sacrées. 38, J. J. Van den Berghe (Dédicace : Dédié à Monsieur J. Vinck Ecuyer, seigneur de Westwesel et Westdorne, etc. Ce tableau original, haut 5 p. 8, large 4 p. 5 1/2, se trouve à Anvers, dans la collection du dit seigneur de Westwesel.)

Esquisse du panneau central et de la face antérieure des volets : V. S. 273, H. Withouc, i538 (Dédicace : D. Cornelio Vander Geest virorum optimo et amicorum vetustissimo suoque ab adolescentia perpetuo fautori artisque pictorias summo dum vixit admiratori monumentum hoc seternœ amicitias quod superstiti destinarat defuncto. L. M. D. D. Q. Ex Tabula Walburgensis Ecclesias cujus ipse praecipuus Author et promotor fuit.); 274, Anonyme, en trois feuilles ; 2j5, F. Ragot ; 276, Gio. Bettamini ; 279, Alex. Voet ; 280, C. Galle.

Les gravures d'Alex. Voet et de C. Galle reproduisent le panneau central de l'estampe de Witdoeck, moins le vieux bourreau tirant à droite et celui qui se trouve le plus près des branches de la croix ; le fond est changé.

Nous avons trouvé, à la cathédrale de Tournai, un tableau mesurant environ quatre mètres de largeur, reproduisant la gravure de Witdoeck et portant, dans un coin, le nom de M. Hannekart, membre d'une famille patricienne d'Anvers.

Esquisse du revers des volets. Photographie : Morelli.

L'Erection de la Croix.

Grasse. Église de l'hospice.

Un des trois tableaux exécutés, en 1602, pour l'église de Ste. Croix dans Jérusalem, à Rome. (Voir plus loin : Ste. Hélène).

L' Erection de la Croix.

Un des plafonds de l'ancienne église des Jésuites, à Anvers (Voir n° 10).

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