AVEC LA VIERGE, ST. JEAN ET LA MADELEINE
Paris. Louvre, 431.
Toile. H. 333, L. 282.
u milieu, le Christ sur la croix. A gauche, la Vierge debout, portant une robe violette très claire et un manteau bleu; à droite, saint Jean, en manteau rouge et robe verte. Agenouillée contre la croix, la Madeleine, vêtue d'une robe jaune d'ambre embrasse les pieds du Sauveur,
Dans le lointain, on voit, à droite, Jérusalem ; à gauche, deux soldats, dont l'un porte une échelle, s'éloignent, et deux hommes se retournent en regardant le Christ avec compassion. Ces quatre figures sont de dimensions exiguës. Le soleil, comme un boulet rouge, montre dans le ciel son disque en partie obscurci par l'éclipsé.
La composition est creuse. Le Christ est plus éclatant, mais moins majestueux que celui du Calvaire, au musée d'Anvers (notre n° 296) ; il a les bras amaigris, la lumière est moins chaude. La Vierge est la même que celle du tableau d'Anvers, mais plus pâle et d'un coloris plus terne. Elle tourne les regards vers son fils et croise les mains, pleine de désespoir. L'expression de sa tête est empreinte d'un profond sentiment de douleur et de regret, énergiquement rendu. Le saint Jean est une figure déplorable, à l'air commun, au corps informe. La Madeleine ne fait d'effet que par la belle couleur de sa robe. Le tableau, assez relâché d'exécution, n'est sauvé que par son riche coloris ; la partie supérieure est enveloppée de nuages obscurs, sur lesquels le Christ lumineux se détache admirablement. Le crucifié communique quelque chose de sa lumière aux personnages qui assistent à sa mort, leurs draperies rouc^es, iaunes et bleues sont d'une nuance claire et brillante.
Le Christ est de la main de Rubens ; les autres figures sont faites par un élève ; certaines parties, spécialement la tête de la Vierge et la figure de la Madeleine, sont retouchées par le maître ; les accessoires sont exécutés par des collaborateurs.
Le tableau date de i6i5 environ. Il a perdu de son éclat primitif. Il
provient du maître autel de l'église des Jésuites à Bergues-St.-Winnocq. Descamps, qui l'avait vu à sa place primitive, dit qu'il a été vendu au Roi et se voyait au palais du Luxembourg, à Paris (i). Photographie : Photographische Gesellschaft.
3o3. LE CHRIST MORT SUR LA CROIX
ENTRE LES DEUX LARRONS
E Christ a la tête baissée ; de sa poitrine percée coulent quelques gouttes de sang ; il est mort. Le larron de droite, vu de profil, est calme ; le mauvais larron se tord convulsivement sur la croix ; sa tète est renversée dans le cou, les yeux grands ouverts, les cheveux rejetés en arrière : tout exprime l'horrible douleur qu'il endure. Deux croix plus petites sont encore plantées sur le sommet du Golgotha. Dans le fond, on voit la ville de Jérusalem. A droite, trois petits palmiers ; à gauche, un massif de rochers. Au pied de la croix, une tête de mort.
Voorhelm Schneevoogt prétend à tort que le tableau, que nous décrivons ici d'après la gravure de Bolswert, orne le maitre autel de l'église des Capucins à Anvers. L'œuvre qui se trouvait à cette place représentait, outre le Christ et les deux larrons, la Vierge, St. Jean et la Madeleine. Elle appartient actuellement au musée de Toulouse. (Voir notre n° 2g5.) L'erreur provient de ce que Descamps et Michel affirment erronément que le tableau de l'église des Capucins a été gravé par Bolswert.
Gravures : V. S. 328. S. a. Bolswert ; 329, Ludovicus Spirincx ; 33o, Rob. Lowrie ; 33i, Anonyme (Fred. de Wit exe.) ; 332, Anonyme. Une des copies de l'estampe de Bolswert porte la fausse adresse : s- S. a Bolswert se. Mart. Van den Enden exe. ^
Voir planche 107.