‹ L'œuvre de P.P. RubensChapitre 92 sur 213 · Extérieur des volets · texte numérisé non relu

Extérieur des volets

A gauche les armoiries de Rockox, à droite celles d'Adrienne Ferez, toutes deux sur fond neutre. Dans le bas, un cartouche surmonté d'une tète d'ange et entouré d'une guirlande de fruits.

Le triptyque comme l'indique le millésime qu'il porte et la manière dont il est exécuté date de i5i3 à i5i5. Il fut peint pour être placé sur le monument funéraire que Rockox avait fait faire de son vivant dans la chapelle de la Vierge de l'église des Récollets, à Anvers, pour sa femme et pour lui-même.

Devant l'autel, une pierre sépulcrale portait l'inscription suivante : ^ In Christo vita. Nicolaus Rockox Eques hujus Urb. consul VIIII Adrianse Ferez conjugi clariss. F. cum qua XXX ann. concors vixit. Decessit XXII septemb. an. MDCXIX set. LI. Ille conjugem secutus pridie idus Decembris anno MDCXL œtatis LXXX. Bene de sua bene de postera setate meritus. >>

Le tableau fut enlevé par les commissaires de la République française, en 1794, ^t ramené à Anvers en i8i5.

Gravures : (Le panneau central) V. S. 432, Jac. Schmutzer, d'après un dessin de Gianni ; 433, P. Spruyt ; 434, Anonyme ; 435, Le Villain. Non décrite : H. Delpierre (lith.).

Dans la gravure de Spruyt, St. Thomas touche les plaies du Sauveur.

La composition du n° 484 diffère notablement de celle du tableau. Le Christ montre sa plaie de la main droite, St. Thomas la touche ; un quatrième apôtre, St. Pierre, se trouve de l'autre côté du Christ.

Photographie : Anonyme.

Le portrait de Rockox : V. S. Portraits, 274, Châtaigne (pour le musée Napoléon). Non cité : F. Lauwers.

La face antérieure du triptyque a été photographiée par Jos. Maes, d'Anvers.

35i. LE CHRIST CONFL\NT SES BREBIS A ST. PIERRE.

Londres. Collection de sir Richard Wallace. Panneau. H. i36, L. 117.

droite du tableau, on voit le Christ, vêtu d'une draperie blanche qui laisse à découvert un des bras et un côté du buste jusqu'à la plaie ; d'une main, il montre deux brebis dont on aperçoit les têtes ; de l'autre, il remet à St. Pierre les clefs du royaume des cieux. L'apôtre en les acceptant incline la tête et baise la main du Christ ; un manteau jaune est jeté sur ses épaules. Derrière lui, on aperçoit trois apôtres dont les deux les plus rapprochés du Christ regardent St. Pierre, tandis que le plus éloigné dirige les yeux vers le Sauveur. Le premier des trois a les traits bouffis, d'aspect désagréable, et est vêtu de rouge ; St. Jean, qui vient le second, se reconnaît à sa douce figure de jeune homme ; le troisième a une belle tête régulière ornée d'une barbe pleine. Ce dernier, de même que le Christ, St. Pierre et St. Jean sont faits d'après les mêmes modèles qui ont posé pour V Incrédulité de St. Thomas (notre n° 346). La partie supérieure de la composition est occupée par un fond sombre.

Le tableau est entièrement de la main de Rubens ; il est largement traité dans un ton chaud. Le manteau rouge, qui forme un centre éclatant dans le coloris, jette ses reflets sur les mains du Christ et sur les traits de St. Pierre. La composition est d'une simplicité extrême et n'a évidemment pas coûté grand effort à Rubens.

L'œuvre date de i6i5 environ. Elle fut commandée par Nicolas Damant (i), chancelier du conseil souverain de Brabant, et placée sur un petit autel, à la droite de l'entrée de la chapelle du St. Sacrement du miracle, dans l'église

(i) J. A. ROMBAUT : Hei verlieerlykt Briissel, 1777. P. 187.

collégiale de Ste. Gudule, à Bruxelles. L'autel et le retable devaient servir de monument sépulcral au chancelier, à sa femme et à sa postérité. Sous le tableau se trouvait l'inscription suivante :

" Au Christ libérateur et à la mémoire éternelle des très nobles époux Nicolas Damant, chevalier doré, vicomte de Bruxelles, seigneur d'Ottignies, Bauwel et Olmen, qui présida d'abord le Conseil de Flandre et fut ensuite chancelier du Brabant. En Espagne, il fut auprès de Philippe II, le puissant roi, président du conseil de Belgique et à son retour il présida le Conseil d'Etat des princes sérénissimes Albert et Isabelle. Et de Barbara Brant, une femme incomparable, laquelle, ayant suivi son mari dans un paj's éloigné, mourut avant son retour. Lui décéda le 27 juillet i6i5 ; elle mourut à Madrid le 5 août i5gi. Eloigne-toi, passant, et songe que rien n'est plus impartial et plus injuste en même temps que la mort -^ (i).

Suivant les historiens de la ville de Bruxelles, le tableau fut payé 4000 florins (2) ; ce prix est bien supérieur à ce que Rubens exigeait à la même époque pour des œuvres beaucoup plus importantes ; il est probable qu'il faut lire 400 florins. Les auteurs ont loué ce tableau à l'envi et à l'excès. Georges Forster déclare que c'est le plus beau Rubens qu'il ait vu (3). Mois, Waagen, Michel en parlent avec de grands éloges; Reynolds, par contre, l'apprécie fort dédaigneusement (4). Michel nous apprend que, peu de temps avant 1771, le panneau subit un nettoyage fort inhabile (5).

Au temps de la République française, les marguilliers de Ste. Gudule vendirent le tableau à Lafontaine, de Paris. Il passa ensuite en Angleterre où il changea plusieurs fois de propriétaire. Le dernier acquéreur, M. Champion, le paya, dit-on, 5ooo livres sterling. Nieuwenhuys l'acheta, en 1824, pour le

(i) Christo Liberatori S. Et œternœ Memoriœ Nobiliss. Conjug. Nicolai Damant, Equitis Aurati, Vice-com. Bruxell. Ottenies, Bauwel, et Olmen Toparchas. Quem Flandrica primum Curia Praesidem suum habuit. dein Brabantica Cancellarium, Hispania apud potentiss. regem Philippum II Summis Belgarum Rehus Prefectum, et hase Belgica iteram Sei'eniss. Principibus Alberto et Isabellœ a Consilio Status; Et Barbarae Brant feminœ incomparab., quœ, .dum ad remota terrarum Maritum comitatur ante reditionem ejus, terras reliquit. Obiit iste anno 1616, 27 julii. Illa Madriti iSgi postrid. Non. Sextil. Abi viator et morte ipsa nihil sequius iniquius esse cogita.

(2) HENNE et WauTERS : Histoire de Bruxelles, III, 267.

(3) G. Forster : Ansichte vom Niderrhein, I. 149.

(4) J. Reynolds : Op. cit. II, 240.

(5) Michel : Op cit. P. 61.

prince d'Orange, au prix de 25oo guinées. Dans la vente du roi Guillaume II (Amsterdam, i85o), il fut acquis par lord Hertford pour une somme de 18000 florins. Waagen en disant qu'il fut payé 700 guinées a diminué son prix de plus de la moitié (i).

Gravures: V. S. 181, F. Eisen ; 182, J. Hunin ; i83, J. L. Krafft ; 184, H. Winstanley (d'après une copie en possession du comte Derby, en 1728, et attribué par le graveur à Van Dyck) ; i85, P. Spruyt ; i85, A. Cardon, 1790. Non décrite : Anonyme.

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