LA DESCENTE DU SAINT ESPRIT
Munich. Pinacothèque, 741.
Tableau cintré. Toile H. 470, L. 273.
.\NS le haut du tableau, on voit planer le St. Esprit qui darde des ra3'ons de lumière à travers le cercle de nuages dont il est entouré. Vingt langues de feu flottent au-dessus de la tête des dix-huit personnes réunies. Elles se trouvent dans une espèce de temple dont on voit l'architecture à gauche ; à droite, on aperçoit un bout du ciel. Le groupe est placé en amphithéâtre sur trois degrés. La Vierge est au milieu du cercle des disciples. Huit sont derrière, un devant elle, un à sa droite et sept à sa gauche. Elle tient les mains jointes sur la poitrine. St. Pierre est à sa droite ; St. Jean, vêtu d'un ample manteau blanc, est agenouillé devant elle ; à gauche, un des assistants à moitié renversé étend les bras avec étonnement ; un autre les croise sur la poitrine, avec une expression d'adoration ; un troisième lève les mains jointes au ciel. Tous, excepté St. Pierre, dirigent les yeux vers le ciel pour voir le miracle et sont en admiration et en adoration à sa vue. Leur expression est pleine de piété et de naturel. Le groupe de gauche est largement et solidement composé ; celui du second plan est moins réussi. Les chairs mates, molles de contour, sans fraîcheur ni énergie, sont probablement noircies par des retouches. La lumière est chaude.
Le tableau fut fait, en 1619, pour le duc palatin Wolfgang-Guillaume de Neubourg qui le donna à l'église des Jésuites à Neubourg sur le Danube. Il formait le pendant de V Adoration des Bergers, que possède également la Pinacothèque de Munich (Voir notre n° 149). Comme ce dernier, c'est un travail d'élève sommairement retouché par le maître.
Gravures : V. S. 438, P. Pontius, 1627 ; 439, Franc. Ragot ; 440, Anonyme; 441 (même sujet dans un hexagone), Anonyme (Huberti exe). Le tableau est gravé dans le Catalogne raisonné et figuré de la galerie de Dusseldorf par Pigage et Mechel.
La gravure de Pontius, dont celle de Ragot n'est qu'une copie, diffère
du tableau ; elle est rectangulaire dans le haut et ne renferme que seize personnages ; certains détails dans les accessoires ont subi des modifications.
La National Gallery de Londres possède le dessin fait pour la gravure de Pontius, probablement par le graveur lui-même.
Voir planche 121.