SUR LE MARIAGE DE M. DE LA R AVEC MADEMOISELLE D
Epithalame.
Puissante déité qui présidez aux noces, C'est à ce jour tant désiré Qu'il faut bander toutes vos forces Pour verser de douces amorces Sur cet hymen par la gloire inspiré.
Gardez-vous bien, grande Lùcine, D'apporter une froide mine Aux appas de cette union ; Vous n'êtes pas bonne devine,
Ou vous savez que sa chaste origine Est la haute perfection
Et que le dieu qui ces amants domine.
Se fit brèche dans leur poitrine
A la faveur de la discrétion.
62 l'œuvre de p.-corneille blessebois
Laissez dans son cachot la Discorde étoufTante, Enfermez bien cet hydre et ne l'amenez pas
Troubler des nonpareils ébats
D'une flamme toute innocente; Faites-vous escorter, pour ce jour bienheureux,
Des Grâces, des Ris et <les Jeux, Des Soupirs enflammés, des Hélas! et des Chaînes Dont la fidélité n'a rien de dangereux. Allong^ez, s'il se peut, la nuit pour l'amour d'eux; Le nouvel an approche, et voilà leurs étrennes.
Surtout, faites bien sentinelle.
Que quelque faux Amphitryon, Conduit par les attraits de cette auguste belle. Ne se métamorphose, afin d'avoir chez elle
Part à la douceur éternelle Que cherchait dans la nue autrefois Ixion.
Vous seriez, ma foi, criminelle
De permettre cette action.
Et j'échaufferais ma cervelle
A peindre sur votre modèle Des vers où vous verriez votre punition.
Ce dieu qui sut tromper Alcmène
Par son portrait et non par son devoir. Ne saurait mieux faire pleuvoir Que l'amant qui vit dans la chaîne De la chaste et divine reine Dont les talents divers demandent à vous voir.
Charmés de la douceur qu'exhaleront leurs âmes^ Venez, petits amours, à l'entour du beau lit Où se doivent mêler leurs flammes.
Assister au plaisir d'un si tendre conflit.
LE RUT OU LA. FOOSUA ÉTEiKl'E 6^^
Mais d'un double bandeau Toilez votre visage, Afin de ne pas voir, parmi leur badiiiagfe. Les célestes attraits qui raviss4'nl TaspriL Ils ont tant de pudeur tous les deux eu partage, Et tant <le modestie est jointe à leui* servage
Qu'ils en rouigiraicnt de dépit- Avant que d'approcher leurs pudiques ruelles,
Munissez- vous des plus raix^^s encens
Dont vous savez vaincre les sens, Et que votre ordinaire est de brûler aux belles ;
Battez incessammeiit des ailes, Et faites q«e dans Tair leur bruit respectueux
Forme ce langage amourenx.
GuiUez, heureux amants, les douceurs de la vie
Et n'éteignez jamais des feux
Où votre printemps tous convie.
Et, loi, beau trompeur, dieu des songes, S'il advient que tu les y plonges.
Après que le Sommeil, épaadaiit ses pavots. Leur aura donne du repo^.
Fais, je te prie, qu'ils ne songent Qu'à se tenir de doux propos- Et reculer la sévère Atropos Du miel où les amours les plongent.
Zéphirs, que vos douces haleines Quittent les bois, les prés, les jardins et les plaines. Afin de se rendre, à leur tour, A l'éternité de leurs chaines ; Mais qu'elles ne soient pas si vainei Qtte de ooaceiroiir de i'amonr.
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