‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 74 sur 216 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

I. Coiiniienl Rabelais fut inilic aux l'Iuiles jui idiqua. — II. I.c f^ivcts iks « deux gros seigneurs » Bayseciil et Hunievesiie . — III. l.e plaidoyer de Bridoye. — IV. Les (( Urancpctes Decn'lales ».

Le droit, les études juridiques et les légistes tiennent une place considérable dans l'œuvre de Rabelais. Pendant la première moitié du XVI'' siècle, les sciences juridiques étaient du domaine de l'Humaniste, au même titre que la médecine et quiconque se piquait de philosophie en avait quelque teinture. On n'est donc pas étonné de voir Gargantua recommander à Pantagruel, étudiant à Paris, d'apprendre par cœur « les beaulx textes » du « droit civil » et de « les conférer avec philo.sophie". » Il a en si grande estime la science du droit qu'il vante le siècle de « Papinian '• » à l'égal de celui de Platon ou de celui de Cicéron.

Rabelais ne s'en tient pas à ces professions d'admiration pour les sciences juridiques: il montre qu'il en a une connaissance non générale et superficielle, mais précise et technique. Il mêle, par exemple, un brocard de droit aux propos des beuveurs : Privalio privsupponit habiliiiii, ou à ce boniment qu'est le Prologue du Panlagnicl : « Ageiiles et Conscnlicntcs '. » Dans le Nouveau Prologue du Quart Livre, il fait allusion à un autre axiome de droit français : Le mort saisit le vif, et étale sa connaissance du vocabulaire juridique : « Santé... soit par vous vendiquée, soit par vous saisie et mancipée ■•. »

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