Petit buste à très-haut bonnet
Un petit buste de vieillard sans barbe, vu de face. Il est éclairé par la droite de l'estampe et tourné vers le même côté. Sa tête, un peu baissée, est couverte d'un très-haut bonnet fourré, carré par le haut et enfoncé sur les yeux. Son habit est croisé par devant et paraît attaché sur l'épaule droite avec un gros bouton. Le fond est blanc. La figure est claire du côté droit de l'estampe et légèrement ombrée h la gauche.
Hauteur, 0,045; largeur, o,o3i,
BARTSCH, 2g C(. CLAUSSIN, 295. WILSON, ÏQt).
Par la variété des aspects que présente son génie, Rembrandt est un véritable phénomène dans l'histoire de l'art. En général, les artistes que possède le démon de la poésie sont dépourvus d'esprit; on les voit même apporter dans les petites choses une certaine gaucherie qui est
PORTRAITS. ,7, la contre-épreuve de leur force. Rembrandt fait exception à cette règle ; il est tantôt rêveur, mystérieux, sombre, et il s'élève alors dans les régions les plus hautes du fantastique et même du lyrisme, tantôt il est spirituel, souriant et amusé du spectacle de la nature extérieure. Alors sa pointe exprime des ironies charmantes, et, sans tomber jamais
dans la caricature, il accuse des déviations d'un comique irrésistible, il observe les plus grotesques accoutrements; il se plaît à indiquer avec malice la figure pochée de ce petit vieillard qui semble coiffé d'un bonnet impossible, et qui est pourtant d'une vérité si étonnante.
3o3. Trots profils de vieillards.
Une feuJle d'études contenant trois tètcs de vieillards, vues de profil et dirigées vers la droite de l'estampe. Ces trois têtes paraissent dessinées d'après le même modèle ou du moms tl semble que Rembrandt a,, voulu y exprimer le même caractère. La plus finie est dans le haut de la planciie, à gauche; au-dessous, est une autre tête légèrement esqutssee et ensuite effacée d'un trait en zig.ag. A côté de celle-ci, sur la droite, on voit une tete semblable, recouverte d'une calotte. On remarque, dans le bas, de gros traits qu. n ont pas été entièrement ébarbés. Ce morceau est fort rare. Les bords de la planche sont raboteux, et le fond est un peu sale. P"ncne
Hauteur, 0,097; largeur, o.oSo.
BAHTSCH, 374. CLAOSSIN, 364. WILSON, 368.
Claussin a fait une copie des Trois profils de vieillards, et, comme il le dit lui-même, cette copie est plus soignée que roriginal ; mais elle manque de la vivacité, de la chaleur que Rembrandt mettait dans ses moindres croquis, elle est faite avec une propreté qui refroidit le caractère des tètes et affaiblit cet accent de la vie que le maître fait si bien sentir jusque dans les négligences de sa pointe rapide et nerveuse. Claussin a reproduit fidèlement tous les traits de l'original ; il n'en a point rendu l'esprit.
L'œuvre du Musée d'Amsterdam, qui est le plus riche et le plus complet de tous les œuvres de Rembrandt, contient cinq ou six estampes qui sont attribuées à ce maître et qui n'ont pas encore été mentionnées dans les Catalogues de Bartsch et de Claussin. L'habile conservateur du Musée, M. Klinkhamer, a donné une très-sommaire description de ces quelques pièces dans la Revue universelle des Arts. De ce nombre est le petit buste que nous avons cru reconnaître pour un second portrait du bourgmestre Six et que nous avons décrit dans le présent ouvrage sous le n° i85.
Vient ensuite la petite Téte d'un enfant endormi sur un coussin : elle est vue de face, vivement éclairée, et sans signature. Elle mesure 38 miUimètres de haut sur 40 de large. C'est un fort joli morceau, et très-rare, qui faisait partie de la collection Denon ; mais, bien qu'il ne soit pas indigne de Rembrandt, nous n'y retrouvons pas l'accent de sa pointe, et nous le croyons gravé par l'auteur de V Amour couché, qui est une estampe que nous avons supprimée. Des quatre autres pièces qui ont été admises dans l'œuvre, deux seulement nous ont paru authentiques. En voici la description par M. Klinkhamer :