‹ L'œuvre de RembrandtChapitre 47 sur 169 · Rembrandt au bonnet de fourrure inégal · texte numérisé non relu

Rembrandt au bonnet de fourrure inégal

( R'^mbratïdt à bonnet et robe fourrés.)

La téte est vue de face et coiffée d'un bonnet fourré de forme irrégulière, c'est-à-dire beaucoup plus haut sur la droite que sur la gauche. Il porte une robe garnie de fourrure. Cette robe, ouverte par le haut, laisse apercevoir la chemise et le col. Il est éclairé par la droite. Le fond est blanc à l'exception d'une double taille qui se trouve sur la gauche, à la hauteur de l'épaule. On lit au haut du même côté : Rt. i63i. Au bas est une marge de 4 millimètres.

Cette pièce est rare : Nous en connaissons deux états que nos prédécesseurs n'ont point décrits.

Premier état. On voit un clair placé mal à propos dans l'ombre, à côté du nez dont le contour est indistinct; ce défaut vient de la morsure.

Deuxième état. Le défaut est réparé. Le contour du nez à gauche est ressenti. Les cheveux, qui étaient partout du même ton, sont plus noirs du côté droit contre l'oreille. Le bonnet et la robe sont noircis d'une vigoureuse contre-taille, qui est horizontale dans le bonnet, verticale dans fhabit. Il se peut que cette retouche ne soit pas de la main de Rembrandt.

Hauteur, o,or,,5, y compris l.i marge du b.is; largeur, o,o5(i. U.^RTSCil, 14, CI,.\USS1N, 14. WILSON, 14.

Ce n'est pas, on le pense bien, pour le plaisir de faire du nouveau que nous avons changé plusieurs fois la désignation des estampes de Rembrandt ; cette désignation avait été faite par Gersaint, Barlsch et Claussin un peu trop légèrement; tantôt elle n'était pas assez précise, tantôt elle pouvait induire en erreur les curieux en leur faisant confondre ce qu'il s'agissait de leur faire distinguer. Par exemple, Rembrandt, dans ses portraits, s'est représenté plus d'une fois avec une robe et un bonnet fourrés; il importait donc, pour faciliter les recherches des amateurs, que la désignation de chaque morceau fût assez spéciale et assez caractéristique pour qu'ils le pussent reconnaître au premier coup d'œil. 'Voilà pourquoi nous avons appelé le portrait que nous venons de décrire : Rembrandt au bonnet de fourrure inégal.

Mais il est dans ce livre un autre changement dont quelques per-

g4 L'ŒUVRE DE REMBRANDT,

sonnes nous ont demandé compte. Pourquoi, nous dit-on, a^'oir interverti l'ordre ancien, celui auquel les amateurs ont été habitués par les catalogues précédents? D'abord parce que cet ordre n'était ni simple, ni logique. Il n'était pas simple, puisqu'il divisait en douze classes ce que nous avons pu sans inconvénient diviser en six; il n'était pas logique, parce que, dans un œuvre où l'histoire tient une place si importante, il fallait naturellement respecter la chronologie, et commencer, comme nous l'avons fait et comme on l'a fait au Cabinet des Estampes, par Adam et Ève. En second lieu, un livre n'est pas composé uniquement pour les générations présentes; il importe donc, avant tout, de le bien composer. Une fois ce parti pris de ne pas suivre Bartsch et Claussin dans le classement général de l'œuvre, il n'y avait pas de raison pour s'astreindre à les suivre dans leur classement partiel. Pour les portraits qui ont un nom, l'ordre alphabétique nous a paru le plus commode. Pour les portraits de Rembrandt en particulier, nous avons commencé par les plus petits en dimension et les moindres en beauté, » parce qu'il est plus naturel d'établir, quand on le peut, une progression ascendante, et de finir par les morceaux les plus importants et les plus beaux, plutôt que par une pièce insignifiante qui refroidirait infailliblement l'admiration.

Page 1