BUSTE DE M. ANTONIN PROUST
A propos de ce buste, M. Octave Mirbeau écrivait en 1885, les lignes suivantes :
« M. Auguste Rodin n'a envoyé cette année que le buste de M. Antonin Proust. C'est peu et c'est énorme. Ce n'est qu'un buste en effet, mais quelle maîtrise dans cette tête fouillée, âpre, pleine d'une rudesse magnifique ! On voit que le sculpteur a tiré de son sujet tout ce qui s'y trouvait, et un peu aussi, par l'exagération naturelle au talent de voir avec relief, un peu aussi de ce qui n'y était pas. Le regard est profond et perçant, le front et les joues tourmentées comme ])ar les laves de la réflexion qui y ont laissé des ravines et des sillons. La rigidité des poils de la barbe achève de donner à ce visage étroit, maigre et mâle, un aspect mélangé de prince et de condottiere. Ce qu'il y a de particulier en ce buste, c'est que le modèle y est exactement reproduit, mais ennobli en même temps par une courbe savante des lignes et une puissance de modelé qui lui donnent je ne sais quoi de plus grand, de plus haut ».