LE VIEIL ARBRE
Un faune, rugueux et noueux comme un vieil arbre étend ses bras comme des branches, et lève en avant sa jambe velue au sabot fourchu de bouc, semblable à une racine arrachée de terre. Son front, autour duquel des cornes s'enroulent en fortes volutes, est orné de pampres. Son torse est tout cabossé de muscles, tout raviné comme une écosse moussue. Une dryade, petit animal capricieux et simiesque à lignes de femme, a grimpé le long de ce vieil arbre, et, s'accrochant à lui des genoux et des coudes, lutine follement sa rude chevelure. Lui, que ce jeu exaspère et amuse, raidit ses bras plus nerveusement et paraît prêt à les refermer sur l'impudente et imprudente sauvagesse.