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L'oeuvre de Willem Jacobszoon Delff

our l’ami de l’art, pour celui qui, tout en ne négligeant l’importance politique d’un peuple ou les progrès qu’il fait dans les sciences, s’intéresse particulièrement à ses oeuvres d’art, les XVP et XVIP siècles marquent au dessus des autres dans l’histoire des Pays-Bas. Le spectacle d’un petit peuple, qui durant sa lutte pour son indépendance produit un grand nombre d’artistes devenus célèbres, qui, ayant conquis ce bien le plus précieux, voit se développer de pair avec son commerce son art original et forme la glorieuse école Hollandaise, est réjouissant pour l’ami du progrès de l’humanité.

C’était un temps propice à l’art dans toutes ses branches le commencement du 17" siècle. Une activité prodigieuse se manifestait partout. Le pavillon orange, blanche, bleu se montrait dans toutes les mers, emblème d’énergie et de courage, flottant sur des vaisseaux qui portaient des navigateurs cherchant à découvrir des terres inconnues, et des marchands

prêts à y fonder des comptoirs. Ce zèle, cette énergie ne restèrent jjas sans résultats et de grandes richesses, des cargaisons précieuses vinrent porter le bien-être et l’opnlence dans les villes de Hollande. Avec les richesses se développa le goût d’en jouir dans tontes les classes du peuple. Si les fils de la noblesse et des négociants remportaient de leurs voyages en France, en Italie ou ailleurs des objets d’art ou le souvenir de ce qu’ils y avaient vu de beau, le bourgeois> restant chez lui et aimant d’autant plus son intérieur, tâchait d’orner sa demeure selon les désirs de son coeur. Ainsi il surgît dans chaque ville un nombre d’amateurs éclairés qui ne demandaient mieux que de remplir leurs maisons de tableaux, de sculptures et leurs cartons de gravures. Van Mander, le premier biographe des peintres hollandais et flamands en 1604, donne les noms de plusieurs de ces amateurs,

pour la plupart grands négociants, brasseurs ou magistrats. Melchior Wyntgens à Middelburg, Jacques Razet à Amsterdam, qui favorisaient beaucoup les graveurs, Ravart dans cette même ville, comptent parmi les plus considérables. L’art s’occupant de l’histoire, de la mythologie ou de sujets réligieux trouvait en ces seigneurs, souvent d’origine wallonne, même Italienne, des amateurs constants. Mais l’art réaliste, pour employer ce nom, l’art s’occupant de la vie de chaque jour, de la vie du peuple, s’adressant par le sujet plus particulièrement à ce grand élément du peuple, les petits commerçants et les bourgeois, ne trouvait pas moins d’encouragement. Van Mander, qui tenait à l’ancienne école, se plaint de ce que cette dernière tendance allait faire dévier les artistes de plus en plus du vrai chemin, mais il ne reste pas aveugle devant tout ce que ces réalistes produisaient de beau et loue leurs talents extraordinaires. — Aussi voit on s’augmenter le nombre des portraits des célébrités contemporaines, des tableaux de genre, les „stillevens” (natures mortes) et les réprésentations de faits mémorables de l’histoire de ces temps. Et surtout alors le burin et la pointe du graveur maniés par des artistes émi-

nents sont requis. En feuilletant les oeuvres des graveurs et regardant au diverses cathegories de sujets, nous trouvons chez Goltzius, chez Muller, chez les Van de Pas, à côté de bon nombre d’emblèmes, des douze mois, des quatre parties du jour etc. une quantité de portraits et regardant au graveur, dont l’oeuvre nous occupe particulièrement, les portraits forment presque la totalité. D’ailleurs rien d’étonnant en cela. Dans ces temps si mouvementés, où la guerre sévissait presque sans relâche, où les dissidences réligieuses étaient la question brûlante dans la nouvelle république des Provinces-Unies, la politique et les événements du jour occupaient tous les esprits. Et tandis que des pamphlets sans nombre paraissaient, tandis que les relations de batailles et de conclusions de paix en feuilles volantes suppléaient au manque de journaux réguliers, on ne se contentait ni de pamphlets ni de descriptions. On voulait voir les traits des chefs de parti, des pasteurs que l’on estimait ou qu’estimait le parti contraire, voir les portraits des généraux et des hommes d’état ou des magistrats qui donnaient leur appui aux partis réligieux. — Et cela non seulement les collectionneurs, amoureux de l’art exquis, qui se manifestait dans plusieurs de ces estampes, mais le négociant, le bourgeois qui, n’ayant pas de portefeuille, en tapissait les parois de ses vastes chambres. Eeuilletant les nombreux ouvrages du poète populaire Jacob Cats, on ne trouve presque pas un intérieur, où les murailles ne sont pas garnies de quelques unes de ces estampes, collées sur toile avec des rouleaux comme pour couvrir la nudité de ces grands pans blanchis. Et je me rappelle un intéressant tableau par van Deelen (maintenant en Angleterre) réprésentant une pièce dans un chateau, remplie d’une compagnie joyeuse de la meilleure société, où l’on voyait ces portraits des princes d’Orange gravés par Delff, qui ont leur place dans la description de son oeuvre.

Willem Jacobszoon (fils de Jacques) Delff naquit à Delft le 15 Novembre 1580 d’une famille distinguée qui avait pris ce

nom de Delff ou Delft comme nom de famille d’après la ville qu’elle habitait. Aussi ce nom de famille est tantôt écrit Van Delft, Delphus, Delphius, tantôt simplement Delff et le graveur est généralement connu comme Delff. Son père Jacob Willemsz était peintre de mérite dont ou conserve à l’hotel de ville de Delft un tableau réprésentant une réunion de gardes civiques; il mourût en i6ii le 5 Mai. Son portrait dessiné en 1737 par le peintre Taco Hajo Jelgersma, d’après un tableau de famille par lui même, le représente comme un homme d’environ 50 ans dans le costume de la bourgeosie aisée. — Ce portrait porte les armoiries décrites par C. Kramm sur l’article de Rochus Jacobsz Delff. — Il eut de sa femme Maria, fille de Joachim Nagel, trois fils Cornelis, Rochus et Willem (le graveur). Cornelis naquit en 1571, il fût disciple de Cornelis van Haarlem, un des meilleurs artistes du temps et se distingua par de très belles natures mortes ; il mourût en 1645 ayant épousé Hesther, fille d’Adrien van Outheusden. En 1637 il lit pour le prince d’Orange sur une porte dans le chateau de Ryswyck une guirlande de fruits qui lui fut payée 250 florins. Rochus peintre de portraits, disciple de son père, connu par une réunion de garde civiques de la compagnie Orange, existant encore à Delft et dans la quelle on voit le portrait de notre artiste comme enseigne. Le portrait dessiné de Rochus est dans la possession de Mr. C. Kramm à Utrecht. On connaît encore un Nicolas, dit Corneliszoon (fils de Corneille), dont le portrait peint sur verre par lui-même avec le millésime 1594 aet 23 est copié dans l’ouvrage de van Mander, l’édition de De Jongh, et dans l’ouvrage de van Eynden et van der Willigen. Cette belle pièce se trouve avec d’autres peintures sur verre par Nicolaas Delff chez Mr. le Dr. A. van der Willigen Pz. à Haarlem, l’auteur du livre intéressant: les artistes de Haarlem. Cependant cette date 1594 aet 23 correspondant avec la naissance de Cornelis en 1571, il faut que ce soit le portrait du père de Nicolas, ou sî c’est le sien le millésime serait inexact

Mr. Kramm nomme aussi Nicolas, fils de Cornelis, mais plustard il parle de lui comme étant le frère de Rochus et par conséquent le fils de Jacob Willem. Notre graveur naquit donc et vivait dans un milieu d’artistes et ce serait bien étonnant qu’il ne se serait pas voué lui aussi aux arts. Cependant nous ne trouvons pas de preuves d’une activité précoce ; peut-être a-t-il travaillé comme la plupart des graveurs, chez un orfèvre et chez les peintres sur verre. Toujours est-il qu’on ne connaît pas de gravure signée de son nom avant 1600, le portrait de Goesius, une célébrité de Delft, gravé comme facsimile d’après un dessin de Jean Wierix. Puis entre cette date et 1618 il n’y a cpie quelques pièces peu signifiantes pour témoigner de son activité. Cependant les livres parus chez Nicolaes de Clerck, éditeur de Delft, ont des gravures qui font penser que Delft à collaboré à l’illustration de ces chroniques et livres d’histoire (Voir les remarques dans la description des portraits de Moraeus et de Sambix). Sa carrière comme graveur commence pour nous aux environs de 1618 et la rélation plus intime qu’il eût dans cette année et peut-être plus-tôt encore avec le célèbre Miereveld, l’a peutêtre décidé a s’adonner entièrement à l’art où il a excelle. On dit que Delff a peint; le musée Stadel à Francfort porte sur son nom un beau portrait de femme et dans la collection Munnicks van Cleeff, vendue à Paris en 1864, se trouvaient J. Pieterszoon Hooft et Jan Allartszoon Lons de grandeur naturelle, mi-corps haut 0.70 m. large 0.60 m.

Le 14 Janvier 1618 Delff épousa Geertruyt Miereveld, la fille du célèbre peintre de portraits, homme d’importance et riche de naissance et par son art. Né en 1567 il fut élève de Blockland et grava à l’âge de ii ou 12 ans. des estampes de sa propre invention. C’est de lui surtout qu’il s’agit dans le livre de van Mander quand cet auteur s’en plaint que la plupart des maîtres habiles, abandonnant la composition historique, s’occupent seulement de portraits pour cause de gain ou d’autres raisons. Miereveld eût un succès prodigieux, que du

lO

reste justifiait son talent. Il me semble que c’était un homme cjui aimait bien son art pour lui même mais pas moins pour les résultats qu’il lui apportait. Nous le voyons en 1608 et 16 II s’occuper de faire graver par Jean Muller et J. Matham les portraits qu’il avait faits des Princes Maurice et Frédéric Henri d’Orange et demander un privilège d’éditeur, genre d’affaires qui doit lui avoir rapporté d’assez bons bénéfices. — (Quoiqu’il en soit, je crois que le peintre aura accepté avec empressement comme gendre un graveur, qui, quoique n’ayant jusque là que peu publié, était capable de produire des oeuvres comme les grands portraits de Maurice et de Frédéric Henri parus dans cette année. La rélation intime qui régnait jusqu’à la mort de Delff entre eux prouve suffisamment qu’ils étaient amis. En 1619, le 25 Janvier, Delff eut un fils qu’on appela comme son grandpère Jacob Willemsz et plustard une fille Christina, qui épousa Jan Harmenszoon van Ruyven. Le fils devînt peintre de portraits aussi et l’hotêl de ville de Delft conserve encore une réunion d’officiers de la garde civique; il fût en outre conseiller municipal, se maria le 22 Janvier 1622 avec Anna van Hoogenhouck et ses 5 enfants s’allièrent aux familles les plus considérées du pays. Son portrait et celui de sa femme, beaux dessins au lavis par J. Bisschop se trouvent dans la collection de Mr. Bodel Nyenhuis a Leiden; un autre dessin par T. H. Jelgersma 1737, m’a été communiqué par Mr. Ph. J. van der Kellen d’Utrecht. Jacob Willemsz mourût 12 Juin 1661 ; sa veuve lui érigea un beau tombeau en marbre. Retournant au trraveur et à ses

travaux, nous trouvons dès 1618 un moyen de 4 à 5 planches parues par an, dont plusieurs très importantes, et si le nombre de ses gravures est inférieur à celui que l’on connaît de plusieurs de ses confrères, l’extrême soin qu’il y mettait et l’aisance d’ont il jouissait en sont probablement la cause. Plusieurs changements que l’on trouvera dans les divers états de ses portraits prouvent que Delff polissait et repolissait sans cesse son travail.

II parait qu’au commencement du 17" Siècle, surtout dans les Pays-Bas méridionaux ou Espagnols, la contrefaçon de livres et de gravures publiés dans les Provinces Unies fût exercée sur une grande échelle. Les préfaces des oeuvres du poète Cats et d’autres .en rendent témoignage. Soucieux de ne pas se voir prendre les bénéfices de son travail, Delff obtînt des Etats Généraux en 1622 (résolution du 22 Juillet) un privilège, interdisant à tout autre de copier les portraits gravés par lui, soit au burin soit à l’eauforte ou par un procédé quelconque pour les vendre, ou de les importer dans les Provinces Unies sous peine d’une amende de 600 florins carolus. Le graveur par contre était tenu de présenter aux Etats chaque estampe qu’il venait de terminer.

Du livre des résolutions résulte, que le 17 Mai 1623, ayant présenté les effigies du Roi et de la Reine de Bohème, on lui en prît 29 Exemplaires sur satin au prix de florins 116 — soit à 4 florins la paire.

En 1624 (23 Janvier) ou s’arrangea avec lui pour la livraison d’un exemplaire du portrait de Frédéric Henri à chaque membre présent.

Le I Juin 1624 il présente sa gravure Guillaume (I) prince d’Orange, suivant le privilège de 1622.

Le 5 Avril 1625 les Etats ordonnent de lui âcheter quelques exemplaires de son portrait de Son Excellence le Prince d’Orange (Maurice) *).

Probablement le beau-père Miereveld aura engagé Delff à

*) Il est vraiment intéressant de voir de quelle manière les autorités dans les Pays Bas depuis les Etats Généraux jusqu’aux conseils d’ Amirauté et municipaux favorisaient l’art durant le 1 7e siècle, tant en offrant aux fonctionnaires et ambassadeurs, pour services rendus, des tableaux et objets d’art, qu’en aidant à la publication de livres d’estampes. Les ouvrages de Mr le cP. van der Willigen, de Mr Kramm et de M,-. Dodt van Flensburg (Extraits des résolutions des Etats Généraux) et d’autres auteurs en fournissent des preuves intéressantes C’est surtout intéressant quand on voit le Gouvernement actuel déclarer que favoriser l’art n’entre pas dans ses attributions.

ces démarches auprès de l’autorité, car, à part pour quelc]ues gravures de moindre importance ou qui parurent dans des livres, tous les deux doivent être regardés comme éditeurs. Toujours est-il que leurs noms se trouvent l’un à coté de l’autre dans les dédicaces formant la souscription des grandes gravures. Pour les estampes qui portent l’adresse de P. Jsz. van de Venue ou d’un autre éditeur le privilège fût toujours sollicité par celui là et à lui accordé. Sous de telles circonstances, le peintre des originaux intimement lié avec celui qui les traduisait sur le cuivre, celui-ci éditeur, probablement aussi imprimeur des gravures, le résultat ne pouvait être que bon surtout quand ce peintre était Miereveld et le graveur Delff. — Nous voyons par exemple dans les portraits de Radzivil et de Gustave Adolphe de Suède quel soin ils y mettaient à avoir les traits fidèles de leurs héros et dans les effio-ies du

comte de Pallandt et de Chrétien de Brunsvic, qu’ils tenaient "même compte dans les impressions postérieures des changements que l’âge fit subir aux personnages réprésentés par eux. — Aussi le débit doit avoir été considérable; on n’a qu’à comparer les états des diverses planches, qui, quoique gravées d’une taille forte dûrent souvent être reprises pour pouvoir être mis dans le commerce. Du reste le choix des personnages devait assurer ce débit et c’est cela qui ajoute à la valeur artistique de l’oeuvre de Delff son importance pour l’histoire de ce temps-là. Les héros de la guerre de trente ans, dont les faits et gestes intéressaient toute l’Europe, les Princes d’Orange et de Nassau, qui, soit comme Stadhouders prenaient un part actif au gouvernement des Pays-Bas, soit comme généraux au service des Etats-généraux combattaient pour leur patrie d’adoption, les pas-teurs des deux partis réligieux, les remonstrants et les contraremonstrants, enfin les hommes se signalant dans les arts et les sciences, qui n’aimerait connaître leurs traits? Je me figure que la foule allant et venant dans les rues d’Amsterdam, de la Haye et des autres villes, oubliant ses affaires, s’arrêtait devant les marchands d’estampes

qui venaient d’étaler des portraits vivants comme la vie, que nous pour qui ce n’est pas l’actualité mais l’histoire, aimons encore à admirer. Guillaume I, pour ainsi dire le fondateur de la maison d’Orange Nassau dans les Pays-Bas, le magnifique portrait d’Axel Oxenstiern, le roi de Bohême, dont l’exil fût aussi long que son règne avait été de courte durée, un passé glorieux et un présent presque aussi agité, voilà ce qui, traduit par le génie d’un Miereveld et d’un Delff, devait avoir prise sur les sentiments d’un peuple qui n’avait ses égaux pour l’amour des imaees et des emblèmes.

Le débit exceptionnel des gravures de Delff est probablement la cause que, quoique très appréciées, elles soient restées pour les prix qu’elles ont atteint dans les ventes au-dessous des estampes souvent inférieures d’autres maîtres. Vers la fin du 17® et durant le Siècle les collectionneurs doivent

les avoir trouvées en assez grand nombre, même en bonnes épreuves et seulement dans les derniers temps il est devenu plus ou moins difficile de s’en procurer les premiers états. — Cependant seulement les épreuves d’artiste, tirées dans le temps à titre de raretés et non pas mis dans le commerce, ont fait des prix relativement élevés. Pourtant même aujourd’hui, que la rareté est souvent plus recherchée que la beauté d’une estampe, les meilleures pièces font encore l’ornement de chaque collection, qui aspire à donner, plus ou moins complètement, une histoire de la gravure. — Dire que Delff a été un graveur de beaucoup de talent, n’implique pas que toutes ses planches sont d’un mérite égal. On lui a reproché de ne pas assez centraliser la lumière dans ses portraits et il y a dans son oeuvre des pièces, que l’on pourrait dire traitées d’un burin froid et monotone. Mais d’autres, et c’est la majorité, sont dignes de tout éloge. Delff a une manière originale de graver, il trouve en Miereveld son peintre favori, comme Suyderhoeff a mieux que personne traduit la touche de Prans Hais. Et quiconque a regardé avec attention de belles épreuves des portraits d’Oxenstiern, du baron de Thurn, de Frédéric Henri

d’Orange doit reconnaître, que Delff, avec le seul burin, a produit des gravures d’une grande beauté.

Delff mourut le ii Avril 1638, un an avant sa femme. Son beaupère Miereveld lui survécut de trois ans. Les deux portraits avec des dates postérieures, celui de Chr. Radzivil portant 1639, celui de Guillaume comte de Nassau (le général) publié en 1644 pourraient faire croire à une erreur dans cette acceptation de l’année 1638 mais tous les deux sont publiés et dédiés par Abraham Waesberghe, qui probablement aura acheté les planches, la première après la mort de Delff, la seconde peut-être dans la succession de Miereveld.

Il paraît que Delff a eu sa part aux rélations d’amitié qui unissaient les artistes hollandais de son temps. Le peintre Adrien van de Venne, poète aussi, mais assez médiocre dans cet art, ayant dédié diverses parties de son ouvrage : Tafereel van Sinnemal (Middelburg 1623) à Jacques de Gheyn, à Magdalena van de Pas etc. n’oublia pas son ami Delff, qui avait traduit sur cuivre quelques uns de ses meilleurs portraits; il le nomme dans la dédicace de ses „Neepkluytjes.” : „Loffwaerden goeden vrient.” Il se pourrait bien que la planche. „Wapenschild aile eerlicke Jongmans toegheeygent” que l’on trouve dans le recueil Zeeuwsche Nachtegael (réuni dans un même volume avec le „ Sinnemal) fût de notre graveur, son nom cependant ne s‘y trouve pas.

J’ai fait précéder la description des estampes d’une liste des gravures dans l’ordre chronologique; pour plusieurs estampes je n’ai pû fixer la date précise ; il ne m’était possible que de dire qu’elles avaient été gravées après une certaine année. En général les originaux ont été peints dans l’année précédant celle de la publication de la gravure. Découvrir où se trouvent ces originaux m’a été presque toujours impossible. Tant pour cela que pour les autres imperfections de mon ouvrage, je me suis demandé s’il ne vaut pas mieux de donner ce que l’on sait imparfaitement que de ne rien donner. Et je sais par expérience, qu’il y a tel plaisir d’amateur qui consiste à

compléter la description d’un œuvre d’artiste, en y ajoutant ses propres annotations et trouvailles. Puisse ce que j’ai entrepris être considéré comme un acte de reconnaissance envers les chercheurs sur le champ de l’histoire des arts.

La description des portraits est très courte, mais les sujets étant assez connus, je crois qu’elle suffira ; quelques données sur les dates de naissance et de décès des personnages réprésentés et sur leurs qualités accompagnent la description. — Les épreuves avec changements auxquelles je n’ai pas ajouté le nom du cabinet, où je les ai trouvées, sont dans ma collection.

J’ai a offrir mes remerciments sincères à ceux qui ont bien voulu répondre à l’appel fait aux amateurs dans ma liste provisoire de Février 1870. A. M. J. Ph. van der Kellen à Utrecht, Voorhelm Schneevoogt et le d'. van der Willigen à Haarlem, C. Vosmaer à la Haye, W. Drugulin à Leipzig, A. Posonyi à Vienne, G. Duplessis à Paris, S. van Gijn à Dordrecht, W. Eekhoff à Leeuwarden. Mr. J. T. Bodel Nyenhuis de Leiden, toujours prêt a ouvrir ses collections et à communiquer ses recherches à tous ceux qui le désiraient, m’avait honoré de ses communications quelques jours avant son décès regretté.

29 IV. y. Delph.

48 IV. y. Dclff.

jr

45 Wilh. Jacobi Dclfft

22 W. J. Ddjf

42 W. Dclff.

16 W. I. Dclff.

24 Wilhcbnns Dclff .

54 Wilhelmns Dclff .

57 Dclphus . . . .

60 IV. Dclphus

73 ^(ins nom

37 IVilhdmi Jacobi Dclff.

Gravé en D’après

1600 Hans Wyerix (sic.) entre 1 600 et 1 608 1

1610 M. Jsz. Miereveld.

1610 le même, après 1612 le même, après 1614 J. van Ravesteyn.

avant 1614

ajorès 1615

M. Jsz. Miereveld.

le même.

A. van de Venne.

le même.

i6ig?

M. Jsz. Miereveld.

lOïg?

Gravé en

D’Après

78 Wilh. Jacobi Dcljf.

31 W. Dcljf

72 IV. Dclff.

89 IV. Dclff..

95 W. Dclff

8 Guilh. J\ Dclphhts

32 IV. Dclff.

53 W. Dclff.

10 Gîiilhclnms J'. Dclphins.

14 Gîdlh. J‘. Dclphins

71 W. Dclff 27 W. Dclff

55 W. Dclff

56 Gttilhclmns J'. Dclphins . . . .

43 Gnil. y. Dclfins

61 Gnilh. J\ Dclphins

36 IV Dclff

4 IV. Dclff

58 G21U. Jac. Dclphins

88 Gnil. f‘. Dclphins

46 Wilkclnms Jac. Delfft.. . ... .

13 Gnilhclmns Jacobi Dclphiits .

82 Gnilh. Jacobi Dclphins

69 Gnilhclmns J'. Dclphins.....

P. Moreelse, 1612.

Joh. â Ravesteyn.

M. Jsz. Miereveld.

après 1619

apres 1619

M. Jsz. Miereveld.

après 1619

le même.

après 1619

le même.

D. Bailly.

A. van de Venne.

M. Jsz. Miereveld.

A. Vinck 1610.

D. Bailly.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

environ 1623 D. Pétri 1615.

A. Van de Venne.

1 624 Corn, de Visscher le Vieux.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

D. Bailly.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

le même.

le même.

le même.

le même.

20 Guilhchnus J'. Delphins

47 Wilhelm. Jac. Delphins

5 1 Gîdlh. J\ Delphins

I Gnilhelmîis Jacobi Delphins .

65 Gnilh. Delphins

79 W. Deljf

80 W. Deljf

102/ 104 Wilh. Deljf, Wilhelm

Jaeobi Deljf

83 Gîdlh. Jacobi Delphins

17 W. Deljf

25 W. Deljf. . .

1 2 Gidlhclmus Jac. Delphhis . . .

93 Sans nom

1 1 Gidlhelmus Jacobi Delphins .

85 Wilh. Deljf

3 Gîdlhclmns Jacobi Delphins .

68 Gîdlh. Jac. Delphins

2 1 Gîdlh. Jac. Delphhis

1 5 Guilh. J'. Delphins

9 Gîdlh. J\ Delphins 2 Sans nom

30 W. Deljf

92 Wilh. Deljf

87 Gîdlh. J. Del fins . .

50 Gîiilh, J\ Delphins.

77 W. Deljf

62 Wilh. Dcljiîis

41 W. Deljf

40 W. Deljf ........ .

67 Wilh. Deljins

Gravé en D’Après

1627 le même, environ 1627 A. Van Dijck.

M. Jsz. Miereveld.

D. Mijtens.

environ 1628

M. Jsz. Miereveld.

le même.

le même.

W. C. Duyster.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

après 1629

M. Jsz. Miei'eveld.

M. Jsz. Miereveld.

après 1630

Joh. van Nés.

D. Mytens.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

le même.

M. Harings.

M. Jsz. Miereveld.

M. Jsz. Miereveld.

le même.

le même.

le même.

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