PRÉPARE UNE ŒUVRE
a — vous donnerai part, ma fille, aux bénédictions que je recevrai du Saint-Père. »
À Rome même, il trouve une lettre de Mie ++ qui, Par son entremise, sollicite Pour l'Œuvre les faveurs du Vatican. Dès son relour en France, avec sa bien-
Veillance coutumière et sa haute sagesse, il Jui répond :
Belley, le 14 mars 1874,
Mademoiselle,
Je suis arrivé de Rome mardi 80 sacre un demes premiers i Je n'ai point négligé la d à Rome et j'ai pris imm
ir seulement, et je connstants libres à vous répondre.
emande que vous m'avez adressée édiatement les moyens de la faire
minaire français et auss voici, Mademoiselle,
l'autorisation de l'Ordinaire, et, de plus, rinage à un sanctuaire miraculeux. Or, vée Pour faire des actes qui semblent cles, sans la constatation de 1 daïis un peu à la réponse de
il s'agit d’un pèle.
Rome est très réserconsacrer des inira- ‘autorité épiscopale. Je m'atten:
Mgr Noussa ; et, si le Souverain
L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES Pontife avait accordé quelques lignes de sa main, je les aurais transmises à la confrérie des Pénitents-Gris par l'in. termédiaire de Mgr l'archevêque d'Avignon pour suivre la voie hiérarchique.
Dans la situation que je viens d'indiquer, je n'ai pas été d'avis que Mgr Noussa présentat la supplique. On aurait pu croire qu'un refus du Souverain Pontife, qui était très probable, aurait tenu à la chose elle-même et non à la forme. Pour avoir une Bénédiction du Souverain Pontife, il faudrait que les Pénitents-Gris rédigeassent et signassent une supplique que Mgr l'archevêque appuierait de sa recommandation.
« Il me semble, Mademoiselle, que l'œuvre des pélerinages se développe tout bellement. Vous devez donc vous en occuper en paix, et vous voyez aussi que j'ai eu raison de vous engager à suivre la voie hiérarchique en plaçant l'œuvre sous l'autorité de Mgr d'Avignon,
Que Notre-Seigneur bénisse les efforts de votre zèle et augmente votre dévotion pour la Sainte Eucharistie !
+ François, évêque de Belley.
Un prêtre de Lyon, ami du P, Chevrier, l'abbé Pierre Bridet, applaudit à l'œuvre dès les premières ouvertures. C'était un passionné, lui aussi, de l'Eucharistie. Chargé par son archevêque, Mgr Ginou- Thiac, de fonder dans le quartier le plus déshérité peut-être de la grande ville, la Guillotière, une nou-
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Ma. 7e PRO MR Prmennre L
COMMENT DIEU PRÉPARE UNE ŒUVRE 67 a velle paroisse, il l'appellera la Paroisse du Très Saint-Sacrement. « J'ai la conviction, disait-il, qu'après le xix° siècle, qui a été le siècle de Marie, le xxe sera le siècle du Sacré-Cœur et du Très Saint-Sacrement, parce que le Sacré Cœur de Jésus est vivant et à notre portée dans l'Hostie, et c'est lui, ce Cœur adorable, qui pousse notre divin Sauveur à demeurer dans l'Hostie, Oui, après le siècle de Marie viendra le siècle du Sacré-Cœur et du Très Saint-Sacrement, car Marie conduit à Jésus : c'est là sa mission {, » Qu’aux paroles de la pieuse zélatrice de l'Eucharistie, l'âme de ce bon prêtre, alors vicaire à Saint-Nizier, ait vibré, plus rien d'étonnant après ce qu'on vient de lire. « C'est un grand ouvrage, écrivit-il tout de suite ?, que ce pèlerinage de la France, S'il n’y a pas un souffle de Dieu qui soulève les âmes dans cette direction, il est de la plus radicale impossibilité. » Et, de toute sa foi robuste, de toute sa charité ardente, il va s’employer à « ce grand ouvrage »,
Pour préparer les esprits à cette Œuvre des Pèlerinages Eucharistiques d’un bout à l’autre de la France,
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1. Vie de M, l’abbé Bridet, chanoine honoraire de la Primatiale, curé fondateur de la Parôisse du T,-S, Sacrement, par l’abbé P. Ducroux, Lyon, 1905.
2, Lyon, 26 janvier 1874.
68 L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES ee l'idée vient d'une brochure qu'on intitulerait : Le Salut Social par l’Eucharistie, et que l'on jetterait à tous les vents du ciel. M. Bridet en accepte la rédaction, à la condition que l'anonymat le protégerait. Un bon chrétien fait un petit sacrifice d'argent ; Mie *** en fait un autre, M. Bridet un autre, et, moyennant « ces trois offrandes à Jésus-Hostie », la brochure paraît.
Elle comble de joie les amis de l'Œuvre. Seul l’auteur en est peu satisfait :
Je vous remercie du mot si délicat et si encourageant que vous avez bien voulu m'adresser sur ce pauvre travail. J'en suis toujours bien mécontent. Le directeur des Annales du Saint-Sacrement n'est pas de mon avis. Est-ce que vous vous seriez donné le mot ?.. Il peut bien se faire que Dieu se serve de ce pauvre écrit comme d'un instrument. Je me rappelle involontairement la mâchoire d’âne entre les mains de Samson. Qu'il se serve de cet écrit comme d’un instru. ment pour répandre cette grande idée de profiter enfin largement de la présence d’amour du Fils de Dieu parmi nous, et qu'il donne par là occasion à des intelligences d'élite et à des âmes de saints de procurer à l'Eglise et à la société tous les biens qui rayonnent de ce foyer méconnu. Les temps sont venus peut-être et la terre est mûre pour un pareil bienfait 1,