‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 12 sur 45 · Mars · texte numérisé non relu

Mars

COMMENT DIEU PRÉPARE UNE ŒUVRE 73 mme

Ce sont les hommes surtout qu'il faudrait déterminer à l’action. La mission de la femme est plutôt intérieure. Par son influence douce et, pour ainsi parler, d'âme à âme, Par sa vie sincèrement et pro. fondément religieuse, elle servira l'œuvre plus efli- Cacement que par l’action extérieure. Il faut proposer aux dames de s’enrôler en masse dans la communion

réparatrice. Nous sommes à une époque de périls sociaux imminents. Tous nous avons été coupables et ainsi, tous, plus ou moins, nous avons contribué au dépérissement de la foi et aux malheurs de la patrie, les hommes Par leurs blasphèmes, leurs sacrilèges, leurs mauvaises doctrines, leurs désord res, les femmes par leur légèreté, leur luxe, leur oubli du devoir familial, leur égoïsme, leur manque de charité et leur éloignement de l'Eucharistie. C'est Pourquoi la réparation s'impose, La réparation des hommes, — leurs scandales ayant causé des do:nmages et des ravages connus du monde entier, — doit être publique, éclatante, solennelle, La réparation féminime, — le mal, plus sourd en quelque sorte et plus profond, ayant atteint la société jusque dans ses racines, — doit être faite, surtout, parce qu'il y a de plus intime en elle, le cœur. La femme doit rapprocher son cœur humain, son cœur coupable, du

Cœur divin qui pardonne, purifie, relève et sauve. Ah ! si les femmes de France voulaient, qu'il leur serait facile de lever des troupes de suppliantes, de former une armée de réparatrices !.…

Et sur les instances de Mgr de Ségur, Mlle Blanchet compose le cantique national de la Réparation ou de l’'Amende Honorable au Très Saint-Sacrement. Pensé et rythmé au milieu de névralgies qui lui sciaient les os de la tête, il n’est peut-être Pas au point de maturité qu'en elle eût rêvé l'artiste: mais quels accents de foi, de repentir! etles beaux cris d'âme ! Rappelonsen quelques strophes :

Pardon, Seigneur! O juge redoutable,

A vos genoux se courbe notre front.

Ces murs, empreints d’une gloire adorable, Pour vous fléchir, ces murs mêmes crieront.

Pardon, Seigneur !.… l'homme, cendre vivante, Osa nier votre divinité.

Le monde entier, tressaillant d'épouvante, Fut le témoin de son iniquité.….

Pardon, Seigneur !.… L'ingrate créature Maudit l’Amour qui s’immole au saint lieu.

Son cœur, penché vers quelque idole impure, Donne à Satan ce qu'il refuse à Dieu !.…

Pardon, Seigneur, pour la France infidèle !

Cœur adorable, à nos vœux ouvrez-vous !

0 Dieu fait chair, votre main paternelle Ne peut frapper un peuple à vos genoux.

Chanté par une multitude de pèlerins eucharistiques, d'hommes surtout, en face de l’Hostie dans l'Ostensoir, ce Cantique est impressionnant et sanctifiant.

Mile Blanchet avait bien compris les idées de Mlle ***, Elle était heureuse de les répandre en France et hors de France et d'être ainsi apôtre. « C’est Dieu qui a fait notre amitié pour-sa plus-grande gloire. Je vous suis très reconnaissante de ce que vous m'avez jugée digne de travailler avec vous au triomphe de Très Saint-Sacrement, et je vous-oflre, digne amie, : l'assurance de mon dévouement affectueux, à votre personne et à l’œuvre dont vous avez été l'initiatrice!. » Et déjà toutes les deux, grâce aux comités d'action qu'il faut fonder ici et là, un peu partout, voient, à genoux devant l'Eucharistie, non pas seulement telle et telle région de la France, mais la France entière,

1, 17 avril 1874.

Les Pèlerinages Eucharistiques.

Un triomphe de l'Eucharistie à Avignon, — Les Dames d'Avi. &non et l’Eucharistie, — Mme Tissot. — Pèlerinage de Mar. “elle. — La brochure de Mgr de Ségur : La France au pied du Saint-Sacrement. — Lettres de l'abbé Bridet, — Direc. tion du P, Chevrier,

Dans Avignon, pendant ce temps-là, on ne restait point inerte, Tout d’abord, et Par centaines, on avait distribué la brochure de l'abbé Bridet : le Salut Social par l'Eucharistie. La bonne semence tombait en bonne terre. Un jésuite, le P. Mombur, qui nrêchait le carêine à Saint-Agricol, secouait la masse et, de sa forte parole, très écoutée, très appréciée, préparait un pèlerinage de toute la ville aux Pénitents-Gris. Le P. de Foresta l'organisait. Il devait se faire le lundi de Pâques, Tout était prêt. La veille, au matin du dimanche, l'archevêque, pour des raisons de prudence que nous n'avons pas à discuter, enjoignit aux

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curés des diverses paroisses d'annoncer que le pèlerinage général n'aurait point lieu. Toutefois, Sa Gran:deur autorisait les pèlerinages paroissiaux, successivement.

Saint-Agricol commença avec douze cents hommes. Les autres paroisses suivirent en des processions superbes. Chacune, en ex-voto, laissait au cher sanctuaire une bannière. Les confréries et congrégations voulurent se grouper sous leur propre guidon en

des pèlerinages particuliers. Parmi les plus beaux

on distingua celui de la Communion Réparatrice.

Ce fut dans toute la vieille cité un extraordinaire

remuement et pour la Sainte Eucharistie un

triomphe. La bénédiction de Pie IX, transmise par le Cardinal Antonelli, fit déborder la joie!.

On ne s’en tint pas là. Les hommages silencieux

de la piété intime au Dieu du Tabernacle furent

innombrables et presque ininterrompus. Les dames

réorganisèrent l’œuvre de l’Adoration. Il y eut, entre

ces femmes de foi, dans un travail qui demandait du À

zèle, de la douceur et de la patience,commeune ému-

lation sainte. L'unc d'elles, — dans ces pages, pour P

l’honneur et la joie des membres survivants de sa

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