‹ L'œuvre grave de RembrandtChapitre 206 sur 272 · Rov. VII (réel); 770. Copie de Basan du I état (réd · texte numérisé non relu

Rov. VII (réel); 770. Copie de Basan du I état (réd

284. Avocat Tolling; c'est Arnoldus Tollinx, inspecteur du Collège de médecine à Amsterdam. G. 264; Cl. 281; W. 286; Bl. 188; Mid. 170; Dut. 270. Sans nom; date présumée: 1654 — 1656. — 7.4 V2 X 5.6. Le plus rare de la section des portraits.

I état; la barbe est partagée en deux; le côté droit de la poitrine est ombré de deux tailles. D'après Middleton on connaît 4 épreuves de cet état: Brit. Muséum, extra; bar. Ed. Rotschild, extra (coll. Griffits, vendu en 1883 pour 38000 fr.); Amsterdam (?) et Paris (?).

Une épreuve mal encrée (maculature) se trouve dans la collection Auguste II à Dresde.

II état ; la barbe est carrée; avant la troisième taille sur la poitrine. Vente Buccleugh 20000 fr. (Coll. Grose, Barnard, Pôle Carew et Hawkins).

III état; avec la troisième taille sur la poitrine; la planche est rétouchée; les belles épreuves sont pleines de barbes. Paris; Brit. Muséum (sur chine et une contre-épreuve); Wien Hof-Bib.; ? Amsterdam; Munich; Holford.

Dutuit, vente Hume (1886) 12.500 fr. épreuve pâle; Didot 1120 fr. épreuve très faible.

Le catalogue Verstolk mentionne un «état non décrit: le coude gauche fait un angle» , vendu seulement 693 fr.

Blanc raconte l'anecdote suivante sur la vente de cette pièce: «Ce portrait est d'une si grande rareté que les connaisseurs se le disputent avec acharnement dans les ventes publiques, lorsqu'il vient par extraordinaire à s'y produire. lime souvient à ce sujet d'avoir entendu raconter par un amateur français en réputation, qui habite Londres, qu'à la vente Pôle Carew, qui eut lieu dans cette ville en 1835, il se passa une scène intéressante à propos d'une épreuve de l'Avocat Tolling. A cette vente se trouvaient les plus illustres curieux de l'Angleterre: lord Aylesford, lord Spencer, sir Astley, William Esdaile, Chambers Hall, Wilson, Maberly, M. Donnadieu, notre compatriote, grand collectionneur d'autographes, de dessins et d'estampes, le chevalier de Claussin, auteur d'un des Catalogues de Rembrandt, et en même temps les plus riches marchands de Londres: les Colnaghi, les Tiffin, les Smith, les Graves, les Evans. Jamais peut-être on ne vit de plus magnifiques estampes. Presque toute la collection de Pôle

Carew provenait des cabinets Barnard, Haring, Hibbert, lord Bute. Le portrait d'Asselyn, avec le chevalet, c'est-à-dire du premier état, fut vendu 39 livres 18 shillings (près de 1.000 francs); le portrait du ministre anabaptiste Anslo avait été poussé à 74 livres 11 shillings (1.800 francs): la Pièce de cent florins venait de monter à 163 livres (4.075 fr.). Enfin on mit sur table l'Avocat Tolling. C'était une épreuve admirable, presque unique, chargée de barbes, avec les bords raboteux, moins travaillée que celle du musée d'Amsterdam. Elle avait été achetée par. M. Pôle Carew 56 livres seulement, à la vente de M. Hibbert, en 1809. La chaleur des enchères était à son comble. Toutes les physionomies paraissaient altérées. M. de. Claussin respirait à peine. Quand l'estampe passa devant lui, elle avait-déjà monté à 150 livres! Il la prit d'une main tremblante, l'examina quelques temps à la loupe et mit 5 livres; mais en un tour de table, l'enchère s'éleva à 200 livres (5.000 fr.); le pauvre Claussin était pâle; une sueur froide ruisselait sur ses tempes. N'y pouvant plus tenir et sentant qu'il avait affaire à quelque puissance, il essaya de fléchir le compétiteur inconnu qui lui faisait une si rude guerre. Après avoir balbutié quelques mots en anglais, «Messieurs, reprit-il dans cette même langue qu'il parlait à peu près comme sa langue maternelle, vous me connaissez, je suis le chevalier de Claussin; j'ai consacré une partie de mon existence à dresser un nouveau Catalogue de l'oeuvre de Rembrandt, et à copier à l'eau-forte les plus rares estampes de ce grand maître. Il y a vingt-cinq ans que je cherche l'Avocat Tolling, et je n'ai guère vu ce morceau que dans les collections nationales de Paris et d'Amsterdam, et dans le portefeuille de feu Barnard, où se trouvait l'épreuve que voici. Si cette épreuve m'échappe, il ne me reste plus, à mon âge, d'espérance de la revoir. Je supplie mes concurrents de prendre en considération les services que mon livre a pu rendre aux amateurs, ma qualité d'étranger, les sacrifices que je me suis imposés toute ma vie pour composer une collection qui me permit de faire des remarques nouvelles sur ce bel oeuvre de Rembrandt ». Un

peu de générosité, Messieurs, ajouta Claussin, pour sa péroraison; il avait déjà les larmes aux yeux. Ce speech inattendu ne fut pas sans produire quelque sensation. Beaucoup en furent touchés; quelques-uns souriaient, et racontaient tout bas que ce même M. de Claussin, qui était capable de pousser un e estampe à quatre et cinq mille francs

était souvent rencontré le matin dans les rues de Londres, allant chercher deux sous de lait dans

un petit pot Mais après un moment de silence,

un signe fut fait à l'auctionner, une enchère fut criée . . . , et le marteau fatal tomba sur le chiffre 220 livres!.... On sut alors seulement que l'heureux acquéreur était M. Verstolk de Soelen, ministre d'État en Hollande».

Atlas: 771. Brit. Muséum I; 772. Paris II; 773. Dutuit, épreuve faible.

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