‹ L'œuvre grave de RembrandtChapitre 65 sur 272 · La descente de croix · texte numérisé non relu

La descente de croix

grande. — The descent from the cross. — Die grosse Kreuzabnahme. — Pendant du №. 77. G. 84; Cl. 83; W. 84; Bl. 56; Mid. 186, 187; Dut. 88. — 19.6 X 15.2.

S état; d'après Bartsch: «le sujet n'y est que très faiblement exprimé, l'eau-forte ayant tout-àfait manqué; elle est généralement sale et grise et montre les traces du vernis écrasé». Avec l'inscription: Rembrandt f. v. 1637. Paris; British Muséum; Amsterdam; Wien. Hof-Bib.

On voit dans la Collection de la Hof-Bibliothek de Vienne une épreuve-coupon de ce I état avec les deux têtes: de l'homme qui est au haut de la croix et de celui qui se tient sur l'escalier à gauche.

ES état; toute la composition est gravée de nouveau; on ne voit pas de trace des travaux du I état. Les deux hommes, qui reçoivent le corps de Jésus, ont les jambes ombrées d'une seule taille. Avec l'inscription: Rembrandt f. cumprivïl 1633 Amsterdam (Coll. de Burgy); Albertina.

D'après Bartsch «c'est la même planche que Rembrandt regrava de nouveau» après, qu'elle lui à fourni le I état manqué. Wilson remarqua le premier que la planche de ce II état était plus grande de 3/10 du pouce anglais en hauteur, et de 2/ю en largeur que celle du Iétat; et que par conséquent Rembrandt prit une autre planche pour faire sa deuxième gravuvre; cet opinion fut suivie dans tous les autres catalogues de Rembrandt.

Quant au travail de cette gravure, Mariette trouve qu'elle est trop proprement exécutée au

burin, et qu'elle n'est pas de la main de Rembrandt. Seymour-Haden la croit de Lievens.4 Blanc, qui dans ses deux premières éditions avait attribué la pièce à Rembrandt, à modifié son opinion dans la troisième édition de l'oeuvre cle Rembrandt, et se range à l'avis de Mr. S.-Haden. (Mariette, notes inédites. P. 1857). Mr.Middleton trouve aussi que la î-ère planche seule est gravée par Rembrandt et que la Ile est l'oeuvre de ses écoliers. Je ne vois pas la nécessité de délibérer la question si c'est sur la même planche que Rembrandt a gravé les deux états de la grande descente de croix comme il Га fait pour le III et le IV état des trois croix, K? 78, ou s'il a pris un autre cuivre pour graver la seconde épreuve; le fait-est, que cette seconde épreuve présente une estampe toute nouvelle, gravée d'après le même dessin, mais avec beaucoup de changements dans la composition «notamment dans les deux figures du fond qui s'aperçoivent sur la droite, entre le vieillard nu- tête, qui a les mains jointes et le vieillard en bonnet, qui avance la main gauche. L'une cle ces figures, ou plustôt de ces têtes, qui était de face dans la première planche, est de profil dans celle-ci: l'autre, qui a un mouchoir sur les yeux, daus la seconde planche, ne l'avait pas dans la première» (Blanc, cat. 1859; I. 204).

ESS état: avec h-- contretailles , mais avant toute adresse. «Cette épreuve», comme le dit Claussin, «n'a pas la finesse et le brillant de la précédente quoique plus forte de ton, ce qui me fait présumer que Rembrandt aurait pu la remordre, surtout dans les parties les plus ombrées, où l'on trouve une dureté qui n'est point dans l'autre»». Kalle, 770; Liphart, 875; Didot, 900; Buccleugh, 750.

IV état; avec l'adresse: Amstelodami HendricJms Vlenbiirgensis cxcucïebat.

V état; avec l'adresse: Amstelodami Justus Banckers excudébat. Il y a des épreuves de la planche fort usée.

IV état; toute la planche est retouchée; l'adresse de Danckers effacée; on en voit les traces. Dans le Recueil de Basan. Une épreuve abominable et tout-à-fait grise est insérée dans la nouvelle édition Bernard du même Recueil (voyez le № 1 7).

Voici l'opinion de Mr. Seymour-Haden sur cette estampe: «La Descente de Croix (Ba 81). Des différentes copies faites pour Rembrandt en l'année 1633, l'année féconde en copies, cette planche est à la fois la plus habile et celle qui

est le plus clairement une copie; la preuve s'en trouve non seulement dans le caractère même cle la planche, mais encore clans un fait plus matériel. En effet, il y a deux planches cle dimensions presque semblables, mais différentes absolument au point de vue cle l'exécution et du mérite. La première dont la morsure a manqué et qui a été abandonnée; la seconde que nous exposons et qui était destinée à remplacer la première. Une étude attentive des épreuves de ces deux planches est indispensable pour comprendre ce que nous avançons dans ce travail. La première planche (Wilson, 83. — British Muséum) est finement et délicatement gravée et, selon toutes les apparences, est cle la main du maître. Le travail est magistral et parait original, c'est-à-dire que chaque ligne atteint le but, et que clans l'ensemble elle a été exécutée con amore. Nous avons essayé, pour le prouver, de faire faire une photographie de cette planche, mais les ravages produits par l'acide étaient si grands qu'à la reproduction nous n'avons guère obtenu qu'une masse confuse. En y regardant de près cependant et en la comparant avec la reproduction de la partie correspondante cle la seconde planche, la supériorité du travail est néanmoins manifeste. Au premier plan, par exemple, est une tapisserie, regardez-la attentivement et reportez promptement l'oeil sur le même objet dans l'autre planche; observez l'échelle et les échelons, et surtout son portant gauche dans l'une et leur exécution vulgaire clans l'autre; le contour, le dessin et l'exécution de la jambe droite de l'homme agenouillé dans l'une et dans l'autre. Si on n'aperçoit pas immédiatement que la différence du travail dans les deux planches indique qu'elles ne sont pas l'oeuvre de la même main, tout ce que nous pourrions dire ne rendrait pas cette différence apparente. Si, au contraire, on s'en aperçoit au premier coup d'oeil, allons plus loin dans nos comparaisons; ainsi revenons à la draperie brodée de la première planche et vous verrez que deux épingles en chiffonnent les plis, comme seulement un artiste sait le faire; voyez comme ils sont délicatement exprimés par la pointe et observez - les maintenant clans la seconde planche. Voyez dans l'une l'ampleur expressive de l'étoffe, dans l'autre sa rigidité maniérée que le travail le plus minutieux n'a pu atténuer; la boiserie de l'échelle qui, dans l'une, ressemble à du bois et la grossière imitation que le copiste nous en donne. Un examen comparatif de ces deux planches conduit inévi-

tableraent à la conclusion que l'une est l'oeuvre d'un maître, que l'autre est celle d'un élève, et que l'élève, dans ce cas, est Lievens. Enfin, pour la différence dans l'exécution d'un travail similaire, voyez les têtes de Rembrandt et celles de Lievens citées ci-dessous (S.-Haden, Rembrandt, Paris 1880; 22).

Atlas: 264. Wien. Hof-Bib. I; 265. Albertina II; 266. Rov. III.

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