‹ L'œuvre grave de RembrandtChapitre 72 sur 272 · Le bon Samaritain. — The · texte numérisé non relu

Le bon Samaritain. — The

good Samaritan. — Der barmherzige Samariter. — G. 70; Cl. 94; W. 95; Bl. 41; Mid. 185; Dut. 75.— La planche mesure: 9.7 x 8.

Bartsch en a décrit trois états dont un seul (I), avec la queue blanche du cheval; il a été suivi dans la description de cet état par Claussin et Wilson. Dans les anciennes collections de Burgy et Verstolk il n'y avait que ce I état. Blanc a le premier décrit deux états avec la queue blanche, savoir: «I état, il est presque unique. L'eau-forte a mal mordu les ombres de l'enfant qui tient le cheval et les plus hautes branches de l'arbre qui est à la droite de la maison; la planche, plus grande, porte 218 millimètres de largeur au lieu de 212, et 260 millimètres au lieu de 256. II état;

il est extrêmement rare. Les défauts de la morsure sont réparés. Il n'y a pas d'autre différence entre cet état et le premier. J'ai vu au musée d'Amsterdam une épreuve de ce second état, sur laquelle Rembrandt a écrit au bistre: Rembrandt f. сыт privil 1632 (au lieu de 1633)».

Le premier état de Blanc se trouve au Britisli Muséum; la branche dont il parle est mal imprimée, et cela non par défaut de morsure, mais par défaut d'impression; l'épreuve ne présente pas d'autres différences avec les autres épreuves connues du I état.

Middleton mentionne aussi deux états avec la queue blanche; le I avec le dos et la culotte du garçon mal mordus par l'eau-forte et le II où ces places ont été retouchées à la pointe. Dutuit, en suivant Middleton, ajoute que dans le I état: «au haut de la tête du vieillard qui parle au bon Samaritain on voit une petite partie blanche, en forme de mèche de cheveux, qui n'est pas profilée; le contour de la barbe n'est pas profilé non plus. Dans le II état le défaut de morsure audessus de la tête du vieillard est corrigé par un trait contournant une mèche de cheveux et ceuxci se suivent régulièrement sur la tête; la joue gauche est marquée par un double trait; la barbe, à gauche, est profilée par un petit trait en forme de crochet». Après avoir étudié un grand nombre d'épreuves avec la queue blanche, j'ai constaté que dans toutes ces épreuves le dos de l'enfant, sa culotte, son pied gauche et le fond près de ce pied, ainsi que les cheveux et la barbe du vieillard présentent des places mal mordues par l'eauforte; les travaux de la pointe que l'on voit sur toutes ces épreuves sont les mêmes; et la qualité et la force des épreuves dépend du plus ou de moins de couleur qu'on y a mis avant d'imprimer la planche; quant aux crochets sur la barbe du vieillard et les lignes qui profilent ses cheveux, — ils sont faits au pinceau, comme on peut le voir sur les deux épreuves de la collection même de M. Dutuit*). C'est pour ces raisons que je n'admets qu'un seul état avec la queue blanche.

*) Je donne dans mon Atlas la réproduction de trois épreuves du I état. Dans l'une d'elles, la plus vigoureuse, №289, lesplaces mal mordues sont toutes pleines decouleur; dans les deux autres, №№ 287 et 288, ces places sont mal encrées et grises; les travaux de la pointe sont les mêmes dans toutes les trois épreuves; sur le№ 287, le fond près du pied gauche du garçon et le pied même sont mal encrés; mais les travaux de la culotte sont mieux accusés que dans le № 288, où le fond et le pied du garçon présentent plus de force.

I état; la gravure mesure: 8.10У2 X 7.5; la queue du cheval est blanche; le mur que l'on voit au-dessus est clair. On voit des défauts de morsure dans plusieurs endroits de l'estampe. Dans la marge droite est griffonné un tronc d'arbre; dans le coin gauche d'en haut on voit des tailles griffonnées. Ce tronc et ce griffonnage ne se voient pas sur tous les exemplaires du I état; sur quelques uns ils ont été effacés par la main de l'imprimeur (Cambridge, Rovinski). Brit. Muséum, Paris, Amsterdam etc., etc. Ventes: Debois 1800 fr. (avec le tronc d'arbre); Arosarena 1641; Kalle 987; Didot 1750, la marge coupée, comme cela a lieu dans la plupart des exemplaires. Rovinski, toutes marges, achetée chez Gutekunst en 1885 pour 4000 fr.; Buecleugh 1500.

II état; les places mal mordues sont reprises à la pointe; avee la queue noire, mais le mur blanc; avec le petit tronc griffonné. Extrêmemment rare. Brit. Muséum; Amsterdam; Dutuit. Vente Lobanoff 5000 fr. (cette épreuve ne venait pas de la Coll. Lobanoff qui ne possédait que 5 pièces de Rembrandt).

III état; le mur est ombré; le tronc d'arbre dans la marge est effacé; l'estampe est retouchée et augmentée dans le bas = 9x 7.6. Toujours avant le nom de Rembrandt et la date dans la marge d'en bas. Ext. rare. Paris; Brit. Muséum; Rovinski, payé 600 fr. à Danlos en 1889.

IV état; avec l'inscription dans la marge d'en bas: Rembrandt inventor et fecit 1633. Vente: Mayer à Dresde (1889) 120 fr.

Mr. Seymour-Haden attribue cette pièce à Bol ouàRodermont*). Mr. Middleton est d'une opinion

*) Voici ce qu'il dit de cette estampe: «Le Bon Samaritain (Ba 90). Nous parlerons de cette planche avec moins d'hésitation, à moins que Rembrandt, nous l'ayons presque cru un moment, n'ait trouvé en cette occasion un autre Bol en Rotermondt. Le tonneau à droite sans rondeur et sans capacité apparente; la paille au-dessus ressemblant à des cheveux; le paysage, les constructions et les arbres du fond dans le goût de Rembrandt mais non de lui; les volailles de carton; la maçonnerie au-dessus de la fenêtre mal rendue; le garçon qui tient gauchement la bride du cheval; le vieillard sur les marches; l'herbe sur le premier plan; tout cela en somme se retrouve dans l'oeuvre de Bol. En même temps, Vosmaer (1-ère édition, p. 39), parlant d'une eau-forte antérieure du même sujet, signée «Van de Velde fecit», auquel, et en cela nous ne sommes pas d'accord avec lui, il attribue cette composition, dit: «La scène me parait le prototype de celle de Rembrandt, avec son vieil édifice, son perron, où apparaît un valet portant une torche, son escalier: au bas duquel le Samaritain paye l'hôte qui tient une chandelle, et avec son

contraire; il croit qu'elle est gravée par Rembrandt lui-même, avec la collaboration de ses élèves. Mr. Dutuit est du même avis: «nous persistons à croire que si l'on ne reconnaît pas complètement clans cette estampe le travail habituel du maître, on ne peut cependant l'attribuer ni à Bol ni à Rodermont, qui surtout en 1633, auraient été incapables de produire rien de semblable, si même ils ont produit quelque oeuvre qui puisse être mise en comparaison avec le Bon Samaritain". On attribue à tort l'originalité de cette composition à Jean Van Velde; dans l'estampe gravée par ce dernier le sujet est traité tout-à-fait autrement. On voyait dans la galerie du duc Choiseul un tableau de Rembrandt tout-à- fait conforme à sa gravure Ba. 90; mais on n'y voit pas le chien ni le tonneau; il est gravé dans le «Cabinet Choiseul; Paris 1771; № 43.

Atlas: 287. Rovinski; épreuve achetée comme I état de Blanc (Danlos 1889, 1500 fr.); 288. Rovinski; épreuve achetée chez Gutekunst en 1885 pour 4000 fr.; on y voit à peine les traces du tronc dans la marge droite; 289. Paris; épreuve très vigoureuse; 290. Dutuit II; réduction; copié de son oeuvre de Rembrandt; 291. Rovinski III; réduction; 292. Rovinski IV; réduction.

91. Le retour de l'enfant prodigue. — The prodigal Son. — Die Riickkehr des verlorenen Sohnes. — G. 70; Cl. 95; W. 96; Bl. 43; Mid. 201; Dut. 76. — 5.10 X 5. Signé: Rembrandt f. 1636.

I état; avec barbes; Kalle 171; Liphart 312.

II étai; la planche est retouchée dans- les ombres fort artistement; on voit de grandes taches d'acide sur le vêtement de l'homme qui descend l'escalier à droite et sur le terrain. Dans le Recueil de Basan. On trouve des épreuves toutà-fait usées de cet état tirées sur papier blanc, tout nouveau. On présume que Rembrandt a imité dans cette feuille Leonardo da Vinci.

Atlas: 293. RovinskiJ.

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