PRÉFACE
Le Colonel Bujac me tait le plaisir de ine demander une nouvelle préface. Je me rends à son appel d'autant plus volontiers que son Hcroiquc Serbie (Paris, Fournier. 191 7) a eu en son temps un succès bien mérité, dû à la clarté et à rhonnêteté de l'auteur, alliées à une compétence bien assise. Entendu que son Etude V Offensive de Septembre H)i8 sur le Jroiiî de Maeédoine, est conçue et exécutée dans le même esprit d'exactitude, je suis convaincu que ce consciencieux travail rencontrera le même accueil empressé auprès de ses lecteurs.
De même que la victoire de Roudnik (décembre 1914) a été après la Marne le premier éclatant succès sur l'ennemi commun, de même les victoires de Septembre 19 18 en Macédoine furent le grand avertissement pour nos adversaires. Le front des Balkans définitive-
ment chaviré, entraîne, dans son irrémédiable rupture par les armées alliées, Tefiondrement de la monarchie des Habsbourg. Hindenbourg et LudendorfF, dés lors, n'ont eu plus de force à résister aux attaques résolues des armées de Foch.
Si l'on veut bien prendre en considération que la lâche principale dans l'armée d'Orient a été remplie par les troupes serbes, que le même rôle a été assigné, sur le Iront d'Occident, aux glorieux poilus de la France, et que c'est à cette collaboration, assurément aidée par nos tidéles alliés, que nous sommes redevables de notre victoire définitive, on doit se féliciter de recueillir dans ce résultat l'accomplissement de la prophétie de Léon Gambetta, du 4 septembre 1874, à laquelle j'ai souvent fait allusion durant ce dernier quart de siècle; je n'ai cessé de l'évoquer aux jours sombres de suprême épreuve, aussi ne me retuserais-je pas le plaisir de la rappeler ici, une tois de plus, parce que énonçant un des principaux articles du testament politique du Cjrand [patriote. C'est ainsi qu'au lendemain même de Sedan, le glorieux animateur de la Défense Nationale recomman-
dait Tentente de nos deux peuples et entrevoyait par la coordination de nos forces, le domptemcnt du monstre .prussien. C'est donc la pensée de Gambetta qui préside à la magnifique victoire sur les Hmpires du centre. C'est elle aussi qui nous préservera dans l'avenir. Ne la perdons jamais de vue(i).
(i) Voilà les propres paroles lic Gambetta conservées dans une lettre adressée à sa collaboratrice et amie, Julierte Adam, le ii septembre 1874, à la suite d'une entrevue du grand tribun avec l'homme d'Etat serbe Ristich, de passage à Paris : m Je pressentais en cet homme, nous dit-il, un secret et fier allié pour le jour ou il faudra prendre et étreindre le monstre germanique entre les Latins à l'ouest et les Slaves à l'est, et l'étouffer dans cette double étreinte. C'est de ce côté qu'il faut jeter les yeux; c'est sur ces confins, entre l'Europe et l'Asie, qu'il faut aller chercher des compagnons de guerre et de délivrance... Ces races jeunes,., nous doivent indiquer îa route à suivre... Et bien, je le déclare, c'est en mettant noire main dans la main slave du Bas-Danube que nous préparerons la victoire sur la Babel germanique. Quand ils (les Serbes) auront fait la Slava du Sud, les Prussiens, les Macédoniens du Nord, auront vécu comme dictateurs de l'Europe ».
Voir : Madame Juliette Adam, Nos Amitices politiques avant l'abandon de la Revanche, Paris, {A. Lemerre) 1908, pages 163-165.
Soyons aussi reconnaissants aux hommes d'Etat français qui, en 191 5, se sont inspirés de cette même Pensée, malgré une violente opposition, mal<i;ré les graves difficultés de leur propre situation. Le succès fut la haute et juste récompense de leur courage civique.
iMais plus je souhaite m élever dans cet ordre d'idées vers les conceptions générales de la haute politique de demain, plus je subis l'attirance irrésistible vers cette terre de Macédoine, arrosée trois fois en ces six dernières années par le sahg de notre race et où les plus nobles fils de France, glorieusement tombés, reposent avec leurs frères d armes anglais, grecs, italiens, russes, sous la garde pieuse et vigilante de mes compatriotes, conscients d'acquitter une dette imprescriptible d'affectueuse admiration et d éternelle gratitude.
Certes, la science militaire et son application par nos chefs, ont façonné notre victoire; certes, le perfectionnement des armes y a pour beaucoup contribué.
Mais, le facteur essentiel, principal, de nos succès s'affirme immuablement le même à travers tous les siècles. Jofïre
et Foch, Poutnik et Michitch comme leurs ancêtres, les Vercingétorix, les Roland, les Obilitch et les Karageorge triomphèrent de l'ennemi par la magnifique puissance de la force morale.
Notre poète national ne sourit qu'avec dédain à l'admiration de Guillaume II pour de « brillantes armes » : Il oppose au métal le plus aiguisé le cœur du héros.
iMaintenant, suivez .dans les pages qui vous sont présentées la marche triomphale, en septembre i8, la course triomphale de nos glorieuses divisions et vous concluerez, j en suis certain, que si « le nombre, le matériel et surtout la qualité du commandement » sont d mdispensables accommodateurs du succès, ils ne sont rien sans la puissance auguste et prépondérante du tacteur moral.
• L'auteur de la brochure s'est appliqué à magnifier cette force; il na d'autre prétention que d'apporter une première contribution, en ce qui concerne un épisode, à l'histoire de la grande guerre ; d'autres, après lui, la compléteront par des détails; j'estime toutefois qu'ils n auront pas à introduire de sérieux changements
dans iarchitccturc d'un exposé dont /apprécie la laborieuse sobriété et la probe compétence.
Mil. R. VESNITCH,
Minisire du royaume des Serbes, Croates et Slovènes en France, Correspondant de l'Institut.
1 NTRODUCTION
Déjà, à la Conférence de Paris (mars i6) le Gouvernement Serbe s'était appliqué à souligner l'importance du front des Balkans, à peser sur les grands résultats que pourrait procurer une offensive victorieuse contre la Bulgarie :
Rupture de l'artère vitale Berlin-Constantinople ; de ce fait, isolement de la Turquie contrainte de signer la paix. La Bulgarie et la Turquie mises hors de cause se présentait, dans les conditions les plus avantageuses, la possibilité d'une campagne prenant à revers la Monarchie austro-hongroise.
En novembre i6, et encore en novembre 17, pressantes insistances.
Cependant, ces divers mémorandums demeurent sans effet. Une offensive en Macédoine nécessitait le renforcement préalable de l'armée de Salonique et les Alliés ne se trouvaient pas en mesure de prélever des disponibilités sur les autres fronts.
La situation précaire, difficile, subsiste jusque vers le milieu de 1918. A cette époque l'armée hellénique achève sa réorganisation; rapport de ses dix divisions procure à l'Entente
l'indispensable équilibre des forces, voire un léger excédant.
Ainsi d'une part :
6 divisions serbes. . . 54 bataillons dmf. 8 divisions françaises. . 75 4 divisions anglaises. .56 — 10 divisions helléniques, i^o I division italienne . . 24 —
29 divisions 277 bataillons.
Ainsi, dauti-e part, abstraction faite des troupes austro-hongroises (55 à 40 bataillons • General - Oberst Planzer-Baltin), opposées en Albanie au corps italien du général Ferrero :
La armée allemande (général Von Streubek) formée de troupes bulgares sous un commandement allemand (états-majors des 6i'- et 62« corps) ... 123 bataillons d'inf. (i)
La A bulgare (général Nerèzoff) . 77 (2)
La 2% A. bulgare (général Lukoff) .45 —
La 4*^^, A. bulgare (général Petroff) . 15 .
260 bataillons.
10 Uontdeux bataillons allemands. Fin i- le nombre des bataillons allemands était descendu a i janvier a juillet ces unités quittent la Macédoine, Templacees par les r et .2^- divisions bulgares, venues de Roumanie.
(2) Les 3e et 9^- divisions, consolidées par des prélèvements sur diverses formations.
|3) Non comprise la 14e division tenue fort en arrière.
Le concept offensif des Alliés, depuis quelque temps déjà à l'ctat de projet, ne prend iorme que vers le 5 juillet, peu après l'arrivée à Salonique du général Franchet d'Esperey. Les premières instructions données le 27, deviennent définitive le 7 août.
11 n'est plus simplement question, ainsi que l'envisageait le général Guillaumat, m d'améliorer la situation » mais, bel et bien, de disloquer les armées bulgares.
L'idée directrice distingue, en ce qui regarde fallaqiie et î' exploitât ion, deux modes :
a) Au centre, une attaque principale, à caractère décisif, exécutée par l'armée serbe et des divisions françaises sur la zone fortifiée Dopropolje-Vétrénik-Koziak, en direction générale Négotin-Kavadar ; rupture dans le dessein d'enfoncer le dispositif ennemi, de séparer les forces bulgares de la vallée du Vardar de celles de la région de Monastir, d'intercepter leurs plus importantes lignes de communications, Tune bordant le fieuve, l'autre reliant Gradsko et Prilep.
b) Aux ailes, des attaques secondaires, à caractère démonstratif; d'abord pour fixer l'adversaire, puis pour élargir la brèche.
Le procédé, on doit en rendre le témoignage, s'affranchit, suivant le précepte napoléonien, de fastidieuses complications : « A la guerre, il faut des idées simples et précises ». — C'est,, dans sa forme élémentaire, la Durchbriichschîachî que Blume, von Falkenhausen, von Schlichting et autres pontifes décrétaient à tout jamais
«xclue de la scène; l'aréopage affirmait d'exclusives préférences pour la " Verhinduij; von frontalem und umfasscndem Angrifi" ». Pourtant, après . Gorlice - Tarnow, le Generalleutnant Frhrn. Von Freytag-Loringhoven ne pouvait hésitera faire amende honorable et à réhabiliter (i) un mode précédemment contesté ; je dirai même, d'autant plus décrié que Balck, Hoppenstedt — intrépides porte-flambeaux de la Doctrine — le reléguaient dans le bric-àbrac des hérésies françaises.
A dire le vrai, la bataille de Gorlice-Tarnow (2) s'apparente, mais ne se peut comparer à celle de la Mogtenica. Sans doute, précédant y Acte, une période d'activé préparation, mais non de longue, laborieuse et savante Idéation. Sur ce chapitre m'apparait d'un très réel et instructif intérêt de quelque peu malaxer la matière, particulièrement pour faire valoir, dans le temps et dans l'espace, la superbe eurythmie des rôles.
Aile droite. — En bordure de la Strouma, de l'embouchure à la boucle de Demir Hissar, devant la 4^ A. bulgare et la gauche de la 2^ A. B., le groupe du général Paraskevopoulos comprend trois divisions helléniques : 13^ (général Négrepontis), i^r (général Nider) et 2= (colonel Contarados). — Tâche : défaire la
(I) Folgeruiigen ans dem \\ eltkricge : p. 5o. Berlin, 17.
12) Der grosse A'rieg in EmieldarsteHungcn- Heft. 21.
2»= A. B.; conquérir la région Kavala-Drama- Sères ; développement ultérieur en direction de Rupel, de façon à forcer le défilé et à procurer accès dans la plaine de la Strumica.
Plus à l'ouest, de la Strouma au Vardar, relevant du général Milne, un groupe de divisions britanniques et grecques, savoir: à l'est du lac Doiran, la 28^' D. Br., (G. -M. Croker) et la division de Crête (général Zymbrakakis) ; à l'ouest du lac, sous les ordres du L.-G. Wilson, les 22<^ et 26^' D. Bl*., un régiment français (i), et la division de Sères (colonel Christodoulos. — Tâche : accrocher la i''^ A. B. ; profiter de l'ébranlement causé par les opérations menées sur d'autres parties du Iront, pour attaquer à fond à l'est du Vardar, rejeter l'ennemi au-delà du Beluzica-Planina, et lui couper la route de Strumica. — Résultat à obtenir ; Etablissement du gros dans la vallée de la Strumitza avec avant-garde orientée sur la route de Berovo.
Aile gauche. — Face à la i A. allemande, étirée de la Malaroupa au lac 'Okrida, un groupement de circonstance placé sous l'autorité directe du général Henrys, commandant l'armée
(Il Le 2^ régiment bis de zouaves (lieutenantcolonel Barrc-Vernieri ; prend partie iSseptembrc à Tatlaque du l*etit Couronné.
française d'Orient (i). Comprend : In ir division coloniale (général l-arret), la 35'' division italienne (général Mombelli), la 3"^ division hellénique (colonel Tricoupis) et, en réserve proche de Florina, la 9*" D. H. (colonel Leonardopoulas). — Tâche: accrocher l'ennemi pour Tem pêcher de déplacer des réserves et le tenir sous une constante menace (2) ; après la progression des attaques sur d'autres parties du front, enfoncer cette ir A. A., ébranlée par la menace sur sescommunications de la région Prilep-Gradsko. - Résultats a obtenir : Etablissement du gros dans le quartier d'Uskub avec avant-gardes rayonnant de Kumanavo vers Nich-Kustendil et flanc-garde vers Kakanik- Kalkandelen.
Caiirc. — Je rappelerai, sans crainte d'une répétition nécessaire pour mieux rassembler et former un tout, que la tâche échue au centre comporte : en première période, l'enlèvement par les divisions françaises et serbes, avec appui d'une puissante artillerie de la zone for-
|i) L'A. F. O., de façon normale, comportaii trois groupes : 1° G., Général d'Anselme, avec les 16"^ et 17'- D. coloniales, la 122c D. — 20 G., Général Paiey, avec la m*-' D. coloniale, les 3oe et 5j<: D. — 3" G., Général Lobit,avec les 122c et i36c D.
Les nécessités et convenances de l'offensive bouleversent cet agencement ; je n'aurai pas occasion de faire intervenir les 3oe, 57c et i5ôc divisions, armature de gauche.
(2) L'insuffisance des moyens ne permettant pas, quoique fort désirable, de conduire une offensive simultanée sur divers points du front.
tifiéc ennemie sur le terrain d'attaque Dobropolje-Vétrénik-Koziak ; en seconde période, j une exploitation immédiate pour laquelle l'ar- 1 niée serbe présente, malgré les difficultés du 1 terrain, d'exceptionnelles aptitudes.
L'habile et sage ordonnance de la robuste masse de choc, constituée entre le Vardar et la Cerna, sera rendue évidente par une brève précision.
Le compartiment est obstrué par un arête dont certains sommets, le Kajniakcalan, le Sokol, le Vétrénik évoquent Its i>lorieux souvenirs de la campagne d'automne 1916. A l'heure présente, la bôrne du Sokol sert à délimiter les deux secteurs d'un front de 30 ks.
— Le secteur de l'ouest (12 ks. 500), entre la chaîne et la Cerna (plus exactement la Leschnitza), incombe à la I""*" armée serbe (général aujourd'hui voïvode Boïovitch). A droite la division de la Drina (général Smilyavitch) ; à gauche, la division du Danube (général Miloyévitch). En deuxième ligne, derrière le centre, la division de la Morava (général Grouïtch). Soit, 27 bataillons et 206 bouches à feu. Aura à s'emparer le plus tôt possible des passages de la Cerna pour former tète de pont ; ensuite, combinant les efforts avec ceux, de l'A. F. O., à attaquer en direction Prilep-Belavodica et à élargir vers Trojaci-Drenovo.
Le secteur de TEst (17 ks.), entre la chaîne et la Souchitza, revient à la IL' A. S. (Voivode Stepanovitch). A droite, la division de la Choumadia (général Michitch) ; au centre la
— lé —
ly division coloniale (général Pruneau) ; à gauche, la I22»= division (général Topart). En deuxième ligne, la division du Timok (général Dokitch) appuyant la D. C. et la division Yougoslave (i) (général jivanovitch) soutien de la 122^ D. I. Soit 46 bataillons et 351 bouches à feu. Tâche : rupture pratiquée par les trois divisions de première ligne ; exploitation à la charge des deux dernières, jetées l'une sur Kavadar Tautrè sur Demir-Kapou. Résultat à obtenir : le gros dans la région Veles-Istip avec avant-gardes orientées sur les routes vers Sofia et Kucana, sur le chemin menant par Kriseti à l'avenue Rgri Palanka- Kustendil.
tes 73 bataillons ainsi dénombrés dans la zone axiale représentent, en infanterie 29 0/0 des forces alliées agissantes sur le fronton macédonien. Les Bulgares, au début, n'opposent à cette phalange que 26 bataillons, autrement dit 09,8 0/0 de leur gens de pied. Les artilleries s'équilibrent: 557 bouches à feu (20,6 0/0) contre 546 (20,8 0/0) ; mais, plus il y a, car à l'instant décisif, l'avantage d'une très notable supériorité numérique, déjà acquise au voïvode Michitch, sera encore accru par le resserrement
(Il !"■ Brigade-Variiarska ; R''* N" 21 et 22 ; Serbes du territoire serbe et volontaires d'origine serbe venus d'Amérique.
2^- Brigadc-^'ougoslovenska : H'- N*" i et 2 : anciens soldais autrichiens, prisonniers de guerre en Russie : forment le corps de volontaires serbes qui s'est fort bien comporte en Dobroudja et fui ensuite transféré de Russie à Salonique.
du dispositif de la A. ; elle n'entaillera que dans l'nitervalle large de 9 ks. 500 entre le Sokol et le Vetrénik ! (i).
Pour énoncer une critique sur le ton le plus sobre et le moins doctrinal, je me réduirai à établir que le Generalfeldmarschall von Makensen, oublieux des fautes d'un Cobourg et dun Mack, condamnait les exécutants à l'application du système des cordons. Je doute fort que le G. d. K. Friederich von Bernhardi, dissertant doctement à propos de l'o harmouische Verieilung der Kràjte » ait donné son satisfecit à une désarticulation blâmée en termes sévères
par Napoléon (2) pourtant exagérée par
notre G. Q. G. vers le 15-20 août 1914 ! ! ! *
Dans l'ouest, la gauche de la bourrade serbe prend solide appui ^ur le groupement du général Henrys ; par contre, à l'est, la droite de la IP A. l'isole par trop de l'aile anglogrecque pour qu'il ne soit pas indiqué de boucher la lézarde par un élément, plutôt échelon de manœuvre, que simple trait d'union. S'en acquitte le groupement (I") du général d'Anselme qui comprend : la 16^ D. coloniale
(1) Densité toutefois intérieure a celle des attaques allemandes du 21 mars 18 et d'avril 18 (secteurs Ypres-canal La Bassée-Oisei.
(2) Note au Major-Général (1808} « Qu'est-ce que ce projet de faire marcher le Maréchal Bessières sur Frias en étendant sa droite sur Bilbao et Santander ?... Est-ce que l'on veut empêcher la contrebande de passera rennemi?.... Après dix années de guerre doit-on revenir à ces bêtises là ».
(général Dessort), la division de l'Archipel (colonel loaunou), la 4*^ D. hellénique (colonel Vlachopoulos), le régiment de cavalerie hellénique et, en coopération passagère, la 27^ D. britannique (G. M. Forestier- Walker).
— Tâche : avec les éléments de gauche : appuyer, pendant la période de rupture, la droite de la division de Choumadia par des attaques sur Aborsk-Preslap de façon à accrocher les forces ennemies et à leur enlever la libre disposition du seul chemin qui passe la ligne des crêtes entre les hauts bassins du Poroj et de la Bolitza ; pendant la première partie de la période d'exploitation, escorter la division du Timok. Avec les éléments de droite : attaque un peu retardée en direction Miletkovo-Davidovo ; poursuite vers Hudovo ; liaison à gauche par Demir Kapou avec l'armée serbe ; assisftnce prêtée à droite au groupe britannique chargé de conquérir la ligne de crête des Blagucha et Gradée Planina.
— Résultats à obtenir : établissement du gros dans la région Hodovo-Demir Kapou avec avant-garde dans la haute vallée de la Stroumitza sur Radovitza.
Les pièces disposées sur l'échiquier et leur jeu réglé, je détaillerai, en ce qui concerne l'exécutioriy les quatre phases qui composent la bataille de quinze jours à laquelle les Serbes attribuent, emprunté à un tributaire du lac de Jekidze, le nom de Moglenica,
Les Préliminaires
Dans les préliminaires doivent être cataloguées les entreprises agressives ayant pour but de fixer les forces de l'adversaire, de lui donner le change, de le laisser autant que possible jusqu'à la dernière heure dans l'ignorance du véritable point d'attaque. Deux de ces démonstrations seront mentionnées : le septembre des bataillons de la 2^ division anglaise abordent le saillant d'Alcak Mahale(rive droite du Vardar), le rognent et conservent les tranchées conquises. — En la nuit du 7-8 septembre, à l'extrême droite, les i^^ et 2^ divisions helléniques, acquérant le gain d'une bande de terrain large d une trentaine de kilomètres sur profondeur moyenne de cinq kilomètres et, malgré la rage des ripostes se consolident le lendemain en alignement de la voie ferrée Demir Hissar-Serès-Drama.
^ Ce pendant étaient achevés divers travaux d'appropriation du secteur ; remise en état des routes et pistes, tracé de nouveaux itinéraires (environ 30 kilomètres) en pays montagneux et très difficile ; pose de la voie Decauville
Dragomanci-Bizovo (i5 kilomèties), et rendement accru (de 300 à 700 t.) de la ligne Vertekop Souboisko; extension du réseau téléphonique et télégraphique; emplacements d'artillerie et de dépôts de munitions ; approvisionnant les anciennes batteries pour huit, les nouvelles pour quatre jours ; aérodrome de Yenidje-Vardar, etc....
Aussi, à dater du 4 septembre montée en ligne des deux divisions françaises, 122"= et 17^ coloniale, associées à l'attaque. — Les plus complètes et minutieuses précautions régissent cette entrée en secteur ; je nen veux pour preuve que les dispositions prises par le Général Topart. La 122^ D, encore retirée dans la région de Verria, les Lieutenants-Colonels des trois régiments, se mettent le 19 août à Dogni-Pojas en relations avec le Commandant de la division Yougo-Slave qui occupe le secteur Sokol-Dobropolje où deux régiments (20'^^ et 21'^) ayant chacun deux bataillons dans les tranchées. Le surlendemain, reconnaissance : le 45e (L. C. Latitte) (i) dans le segment « Kotka 1) du 2i'- Serbe ; le 84^ (L. C. de Langlade) dans le segment « Sredgni-Rid » du bataillon de droite du 20*^ S. ; le 148*- (L. C. Curis) dans le segment « Sokol » du bataillon de gauche du 20'' S.
Imaginez un gigantesque remblai calcaire et boisé, écharpé par de profondes coupures presques infranchissables que rongent de tumul-
(i) Rapatrié le 10 septembre et remplace par le L'-Colonel Clément.
tucux torrents. Ce remblai, nimitication nordest de l'énorme massif du Kaimatclialan en est détaché par la rivirre Toplitza pour compartimenter les bassins de la Cerna et de la Moj^lenica ; l'arête porte une série de sommets (parfois pics rocheux) d'une altitude entre 1800 et 1875 ms. ; transformés par les Bulgares en formidables réduits, ils jalonnent la première li^ne de résistance et, au-dessous, accrochées aux pentes, les lignes serbes dans la mesure du possible supérieurement organisées.
Du Dobropolje, point culminant de la chaîne (1875 ms.), se sépare un épis nord à talus abrupts (boisés sur le versant ouest) qui soude le massif du Kaimatchalan à celui du Koziak ; de Tépis s'écartent des crêtes secondaires, moins élevées, en direction Ouest-Est aussi dotées de solides points d'appui ; les crêtes (« La Charnière » et «Kravitza») constituent les deuxième et troisième positions bulgares.
Tout ce système montagneux est séparé du massif du Vétrénik, où opère la 17^ D. C, par la faille servant de couloir à la rivière de Katounatz.
A Dognv-Pojar, ou pied du remblai, entre les débouchés de la Toplitza et du Katounatz, s'attache la signification d'un carrefour des voies de communications remontant la vallée de la Moglenica. « Le Sokol bulgare domine toute la contrée et, par la brèche de la Toplitza, rend la circulation extrêmement précaire. — Deux routes, fouillées dans le roc au prix d'un travail prodigieux, escaladent en
zigzags les escarpements, l'une à l'est, l'autre à l'ouest de la Poparska-Kossa ; la première aboutit au Goverdarski-Kamen, la seconde au Kotka serbe ; celle-ci la plus importante des deux, se continue à travers les lignes, vers la ^ Serbie ! Déserte pendant le jour, elle présente, I soustraite dès la tombée de la nuit aux vues du Sokol, une animation et une circulation incroyables. Jusqu'au matin, elle donne passage à la plus extraordinaire théorie de véhicules de diverses sortes : lourds camions tracteurs, voitures légères, prolonges d'artillerie, caissons, chars macédoniens trainés par des boeufs, etc.. Cette interminable file est coupée à chaque instant par des colonnes muletières / qui évitent les innombrables lacets de la route I en utilisant les sentiers de la montagne. Tous ' les moyens de locomotion sont mis à contri- [ bution pour monter à pied d'œuvre le maté- ' riel, les munitions et ce qui est nécessaire à la préparation d'une action de grande envergure. La cavalerie elle-même y coopère et chaque cheval monte, en guise de cavalier,
/deux lourds obus de 155. Ce mouvement se fait sans bruit, sans lumière. A l'aurore tout rentre dans le calme et les avions ennemis ne verront rien des abondants dépôts camouflés, I cachés sous bois et des puissants nids d'artillerie blottis vers Gorgni Pojar, Villa Zora, Koulta et Lovka (Emprunts au riche carnet d'un aimable camarade)».
Les renseignements très complets recueillis par les Serbes établissent la situation du côté
bulgare : en première ligne, quatre bataillons ; deux du R' no 30 au Kotka, au Dobropolje et points avoisinants ; deux du R' n" 10 au Sokol, au Ravne Bouke et points avoisinants ; en soutien, à proximité immédiate, quatre bataillons (R'^ n" 30, 10, 43, 48, et deux compagnies du R' n- 28) ; en réserve au Koziak, un bataillon autrichien. L'artillerie arme quinze batteries tant lourdes que de campagne; encore de nombreux mortiers de tranchées de gros et de petit calibre notamment vers la Courtine et la côte 1824 ; aussi des lancesbombes.
Il avait été décidé que le prélude serait fort écourté.
Nonobstant, à la demande de divisions, sa durée fut fixée à vingt-quatre heures. — D'abord, des coups espacés, puis plus drus et bientôt un vacarme épouvantable décuplé par 1 echo de la montagne. « Il faut crier pour se faire entendre ; l'odeur de la poudre tout prend au nez et à la gorge. Une poussière impalpable souille l'atmosphère ; les éclats de ferraille et de pierre sifflent de tous côtés. Les torpilles de 240 montent silencieusement dans l'air tumant, se balancent un instant au bout de leur course ascendante et vont retomber sur les nids de résistance ennemis qu'elles écrasent. (^Carnet cité) 0.
Malgré ce terrible tir de destruction Tartillerie bulgare réagit énergiquement battant les tranchées et les ravins.
Dans l'ensemble, résultats satisfaisants.
Enfin, le 14 à 8 heures, sur tout le front, l'artillerie ouvre le feu.
Pendant la nuit, les batteries entretiennent leurs tirs d'interdiction et de harcèlement. L'infanterie des unités de première ligne occupe ses positions de départ ; la division du Timok et la division Yougo-Slave serrent à environ i.ooo ms. sur la 17*^ D. C. et sur la 122^ D. I.
La Rupture
Le 15, à 5 h. 30, les troupes selancent à 1 l'assaut: Choumadia adroite, contre le Vetrénik, la ir D. C. 3% et 54^ R'O au
centre contre la crête de Cravica, la 122'" D. 1 (84s hS-^ et 45^- R^O à gauche contre le Do- | bropolje.
Je détaillerai quelque peu, le dispositit et le mode d'action de cette 122'^ division (dont les trois régiments seront cités à l'ordre de l'armée) pour caractériser le particularisme d'une journée enfre toute glorieuse :
Au centre, fixé sur Obli Zeleni Tchouwitch etc., le 84^ (L'-Colonel de Langlade) ; un bataillon (Pin) en première ligne ; un bataillon (Lucas) en deuxième ligne ; un bataillon (Casanova), réserve de division, doit être chargé de la poursuite au-delàde la «Charnière». Liaison à droite avec le 45% à gauche avec le i^S^ — Le45'= (L^-Colonel Clément) engage en première ligne deux bataillons (Gay et Jaubert) ; objectifs, Bella Zemia-le Trapèze-Dobropolje pour le bataillon de gauche (Gay) et Katka (côte 1824) la Courtine pour le bataillon
de droite ; en deuxième ligne, derrière la gauche, un bataillon (Ricard), doit effectuer le passage de ligne et s'emparer de la « Charnière ». Liaison^à droite, auTesterasti Kamen avec la 17= D. C, à gauche au ravin de la « Crique » avec le 84^ — Le 148'^ (L'-Colonel Curis) laisse un bataillon (Thanneur) à la disposition de la division ; porte sur Ravné Bouke son bataillon (Petin) de première ligne ; liaison à droite avec le 84% à gauche avec la division de la Drina.
Une aube grise et brumeuse. L'artillerie se tait ; une minute de silencieuse attente. Tout à coup au signal donné par le crépitement des mitrailleuses (tir indirect), les vagues montent ; elles progressent sur les pentes, malgré le feu de barrage de l'ennemi déclanché avec une furieuse violence. — Au 45% les ir" et 9*^ compagnies s'emparent d'un seul bond du saillant de Bela Zemlia (Point 8, côte 1761) et, à droite, du Trapèze (labyrinthe de tranchées sur la falaise bosselée par la côte 1748). Le lieutenant de Laval et le capitaine de Villeneuve Borgemont poussent au nord vers le bloc rocheux du Dobropolje (Point 10, côte 1875). Le commandant Gay tombe très grièvement blessé ; le capitaine de Villeneuve Bargemond le remplace. Le Dobropolje est débordé ; à 6 k. 20, la 9' compagnie qui a perdu ses deux officiers (Lieutenant Maigne intoxiqué. Sous-lieutenant Vabre tué d'une grenade en pleine poitrine) pouvait se proclamer maîtresse du site. Vers la Courtine
(écheveau de tranchées reliant le bloc du Dobropolje au sommet du Kotka Nord-cote 1824) la y compagnie quoique superbement entraînée par le capitaine Paradis (i) ne parvient qu'après un troisième assaut à couronner l'éperon 1824 ; d'autre part, la 5* compagnie L' Suchet) enlevait la Courtine ; les deux compagnies s'infiltrent alors au nord, droit devant elles, dans la Cuvette du Dobropolje. — Au 84", le bataillon de tête avait pris pied sur les points 8. A (Obli Zelenik Tchouka, cote 1820) et 10. A (cote 1803 entre la cote 1820 et le bloc du Dobropolje) après une lutte acharnée, au cours de laquelle le commandant Pin était mortellement frappé. — Au 148, le bataillon lancé sur le Sokol, ':ontraint de monter à l'assaut avec des échelles, n'avait pu triompher des difficultés du terrain, malgré de valeureuses attaques répétées sous le feu d'une place d'armes inexpugnable ; le commandant Petin payait de la vie son héroïque mépris du danger.
A 6 k. 30, le Sokol (cote 176^) excepté, la première position bulgare était à nous. Aussitôt interviennent les bataillons de deuxième ligne. Mais l'ennemi s'est ressaisi, rendant pénible et coûteux le cheminement vers l'ouvrage de Stavra (environ 1800 m. Nord de la
(i) Déjà privé de ses officiers I Lieutenants Motha, Franceschi et Vannier. Blessé, le sous-lieutenant Besséiie de la C. M. 2. dont les pièces appuient la progression. Tué, l'aspirant Rembert détaché près du chef de bataillon et qui volontairement rejoint la compagnie.
cote 1875) et encore plus au Nord, vers la Charnière du bataillon Ricard (45O appuyé à droite par la 6^" comp- La i''' comp. (capitaine lustamont) tente à plusieurs reprises de s'emparer de Stavra, clef de la position; elle est repoussée avec des pertes sévères. Enfin, aux approches de midi, aidé par des canons de 37 et des mortiers Stokes, un groupe de grenadiers, entraîné par le lieutenant Dubuis (r^ comp.), réussit à tourner l'ouvrage et à atteindre un abri sans roches dans lequel le caporal Bataillon lance une première grenade; les quelques survivants des mitrailleurs bulgares le rendent. C'est le signal de la débâcle; les 2= et 6« comp. (capitaine Lefèvre, lieutenant Doyen, (lieutenant Vœgeli) accourent, Tennemi lianche, la « Charnière » nous appartient (13 k.).
Entre temps, la division Yougo-Slave a effectué le passage de ligne ; les Serbes bousculent les dernières éléments de résistance bulgare.
Dans la région du Vétrénik ouest, vers laquelle monte la 17" division coloniale ( i ), le
(i) Quitte la boucle de la Cerna ou elle séjournait depuis janvier 17; concentrée le 20 août dans les environs de Vladovo; acheminée sur Oogni- Po/ar. — Le 36'-' régt ayant été dissous a cette date et ses éléments répartis entre les sutres unités, la division compte dix bataillons (dont quatre Sénégalais), douze compagnies de murailL-uses, des sections de mitrailleuses de position et une batterie Stockes.
bloL iJu Kavitchki Kamène (Krava-le-Dard, cote 1835, (t-nier^e de la forêt de hêtres àenviron 1200 ms.en arrière des premières tranchées bulgares. Ces tranchées, épousant la ligne de faîte, creusent une poche, dessinent un rentrant dont le sommet s'appuie à la Colline ogivale (Obla Tchouka, cote 1755). — Sur la face de droite, la tranchée Boyajiefr que surplombe la falaise du Hérisson ; dans son proloni;ement, incliné au sud est, la tranchée Radoslavoff, puis la tranchée Iskar et la courtine Vidin (ouest-est) qui laboure les pentes sud de la Pointe rocheuse (Kamène, cote 1678). — Sur la face de gauche, le tronçon Fitcheff, le réseau complique dit ouvrage RibaretF (D) et, en extrémité sud-ouest, le rameau Seymeni.
Le plan dattaque, subordonné au terrain, conçoit une avance de la gauche de manière à éviter l'abordage frontal des escarpements de l'Obla Tchouka et du Hérisson. Le général Pruneau, entré en secteur le 8, charge de la rupture sa gauche et son centre : le i^'" Régt (lieutenant-colonel Allard) inclinera à l'ouest vers la cuvette-clairière du Dobropolje ; le 54^ (colonel Dehore) iixera sa droite sur le point 114 (300 ms. sud du Krava-le-Dard) (i). — La droite (3« Régt, lieutenant-colonel Pinchon) doit s'installer dans l'ouvrage Ribareff (D.) pour constituer, au début, une sorte de flanc-
(i) Ces deux régiments, auxquels échoit le rôle essentiel, obtiennent pour la journée du i5 une citation à l'ordre de Tarmée. La 17- D. C. ramène environ 1700 prisonniers.
garde paralysant par ses feux l'action des tranchées FitchetT, Boyadjieff, Radoslavoff et Iskar.
Au résumé, deux opérations associées: la principale, qui devait être terminée vers ■ midi 30 subit un retard du fait des difficultés éprouvées au début par la 122' D. lesquelles motivent un mouvement d appui à gauche (2). — Quoi qu'il en soit, une contre-attaque bulgare sur Krabitza (cote 1771), ayant été rapidement annihilée (13 heures 15) par le bataillon sénégalais Goétzmann du Régt, le 54c touche entre 14 h. 30—15 h. ses objectifs à l'ouest et au sud-ouest du Krava-le-Dard. Aussi est rétablie par le bataillon Rossat du 54e la liaison avec le bataillon Hentschel du 3« Régt attendant avec impatience, aux abords de l'abri 260 (où il stationne depuis 10 h.), le moment d'activer la progression.
|e me reprocherai, en cette rencontre, de négliger l'instructif enseignement que procure la dissection des procédés employés à l'aube du 15 (5 h. 30) par le i*^"" bataillon (commandant Hentschel) du 3^ Régt.
Un gradin de 10 à 15 ms. de hauteur servant d'escarpe à la partie droite de l'ouvrage Ribareff, le passage devra être cherché à gauche (entre T. 223 et T. 264). Dans la nuit du 14-15, des
(2) Le commandant Perraut du Régi fait assurer la liaison avec la 122- D' par la compagnie du capitaine Staupe ; tâche des plus ingrates et périlleuses ; la compagnie exposée à des feux de flanc accuse de lourdes pertes ce qui ne l'empêche de remplir sa mission au mieux.
patrouilles sortent pour débhyer les brèches faites par le tir de préparation, pour pratiquer des pistes à travers la brousse et lencombrement des branches abattues; elles ne reçoivent que quelques coups de teu.
Deux compagnies d'assaut : à gauche la 3*^ compagnie (lieutenant Boussant); deux colonnes; objectif l'abri 250 (A. 250), au nord à l'entrée du boyau Malinof.
A droite, la 2^ comp. (capitaine Péchinot) ; deux colonnes qui tourneront à droite pour se glisser parallèlement, par les boyaux et les tranchées, vers l'extrémité droite de l'ouvrage (A. 280, éléments de tranchées 281, 283, etc.).
Au débouché, par suite de Tétroitesse du corridor, quelques difficultés aggravées devant le front de la 2^ corn, par un tir de barrage de minenwerfer; mais la 3e comp. que le terrain,favorise, gagne rapidement A. 250 faisant prisonnière la garnison surprise dans les abris. — A son tour, la 2*^ comp. chemine le long des tranchées sans le laisser arrêter (5 h. 50) par des mitrailleuses et par une contreattaque (de A. 270 sur T. 248). — Le i^^ bat. occupe maintenant (6 h. 15) en entier l'ouvrage Ribareff, ramassant 275 prisonniers, 3 minenwerfer de 175 et 7 mitrailleuses ; ses pertes se réduisent à 3 tués (dont un officier) et à 25 blessés. — ■ Un barrage de protection avait été établi en avant de A. 250 ; sans trop s'en soucier une section de la 3' comp. enfile la branche sud-nord du boyau Malinot et s'insinue jusqu'à l'abri 500 (A. 500) qu'elle trouve
abandonné; mais il lui sera interdit de dépasser ce point. Vers lO li. enfin, le commandant Hentschel, autorisé à reprendre le mouvement, rallie ses trois compagnies entre A. 500 et A. 260 (branche nord-est du boyau Malinof) ; une patrouille dirigée sur A. 260 (un peu au sudest du Kra\-itchki Kamène) est reçue par des feux de mitrailleuses et des rafales de bombes; il fallut alors, conformément au programme, se résigner à attendre sur place le raccord, à gauche, avec le 54^ Régt. J'ai déjà dit que la liaison ne fut rétablie que vers 15 h.; le i^r bataillon, peu après, se saisit avec sa gauche de A. 260 étirant sa droite en oblique jusqu'à l'abri 510. Sur la paroi nord-ouest de l'Obla Tchouka dont les pentes ouest viennent d être garnies par le 2' bataillon (capitaine Façon).
Il est alors près de 16 heures. A cet instant se manisfeste sur la droite une très opportune intervention de la division Choumadia.
Celle-ci, s'étant emparée dans la matinée de la Crète du Vétrénik n'hésite pas à amplifier son rôle. La droite et le centre ruées au nord poursuivent l'attaque de la Gola Rudina qui tombe à lé h. 40.
Mieux, en même temps, une partie de la gauche déborde à l'ouest, empiète sur le terrain de la 17*^ D. C. Certains de ces éléments, capturent une batterie d'obusiers immédiatement retournée contre le Barové Tchouka enlevé à 15 h. 50 ; d'autres contribuent ensuite à la chûte de l'Obla Tchouka.
Vers 18 h. la droite de la division Yougo-
Slave et, plus à lest, la division du Timok pouvaient effectuer le passage de ligne.
La I"^ A., épiant la répercussion sur son front du jeu de la A, n'emploie la matinée et le début de l'après-midi, qu'à des escarmouches. L'offensive, ordonnée à 15 heures, est sitôt freinée, notamment à droite, où la division de la Drina parvient tout au plus à effleurer des paliers au bas des rampes du Sokol; le général Boïovitch prescrit alors de ne pas insister et de retenir l'effort jusqu'à la nuit. De fait, au crépuscule enténébré, la division de la Drina, (de concert avec la 122-^ D. L) s'empare du Sokol {21 h. s.) et atteint la cote 1338; à gauche, la division du Danube prend pied sur le plateau au dessus de Lesnica.
Au résumé, le 16 à 5 h. 30, vingt-quatre heures après le déclanchement de l'attaque d'infanterie, la première ligne ennemie était entièrement conquise dans toute sa profondeur à l'exception d'une parcelle devant la gauche de la L A. Résultat fort appréciable, mais pour dire le vrai, incomplet car était aussi convoitée la chute du Kosiak, le point le plus important de la deuxième ligne. Les divisions d'attaque, quelque peu en souffrance devant de formidables obstacles, avaient retardé « la manœuvre de dépassement des lignes » que la division du Timok et la division Yougo-Slave étaient chargées d'exécuter.
Partie simplement différée. La vaillante division du général Jivanovitch réussit le 16 au prix de rudes mêlées, entre 1 1 heures et midi.
à planter sa droite sur la cote 1825, sa gauche, sur la cote 1810; cette dernière, un instant ravie, fut récupérée et conservée malgré les tentatives desespérées d'un adversaire qui se rend compte de l'importance capitale du lieu.
A droite de la division Yougo-Slave, les les Timochkis versent dans le ravin difficilement franchissable du Poroy pour ensuite escalader les gradins du Topolat^î.
A gauche de la division Yougo-Slave, la I-' A. introduisait en première ligne sur les contreforts du Kosiak, la division de la Morava, ambitionnant le Kuchov Kamen. Plus à l'ouest, la division de la Drina malmène le 28^ R' bulgare, avec une telle précipitation que le colonel et son état-major ne peuvent emboiter le pas; la division saute la Gradesnica et s'intalle sur la crête 1004. - A laile extérieure, la division du Danube progresse également, toutefois avec lenteur; l'adversaire espère retarder son acculement au pont de Razim Bey, dangereux défilé pour les convois déjà 'survolés par de hardis bombardiers.
En la soirée de ce second jour, la rupture de la position de résistance bulgare est un fait accompli.
in
L'Exploitation
Mais, rupture ne signifie pas percée. Un front défendu par de braves troupes bénéficie incontestablement d'une certaine élasticité, grâce à laquelle il se plisse ou se creuse sans crèver si la poche a pu être ravaudée à temps. Alors triomphent les adeptes de la théorie de l'a inviolabilité» clamant avec une superbe fierté «on ne passe pas » ! Pourtant, vaine formule si le rafistolage n'a pu être opéré à temps. Or, c'est en l'occurence, ce qui advint à Todoroff; il ne dispose pas des moyens congruents, encore moins des indispensables délais. Le voïvode Michitch, assuré de l'efîbrt dont sont capables ses ardentes divisions, exploita le succès initial avec tant d'énergie et d'activité que la rupture amplifiée se transforme pour l'adversaire en désastreuse percée.
La troisième phase de la bataille devance l'aube blanchissante du 17.
Dans la zone de la 11^' A. la division Yougoslave, menant toujours le train, chevauche Taxe sur l'arête sud-nord modelée par les sommets du Kozjak, du Kuckov Kamen et du
Gjurov Kamen ; elle prend part, avec Tiniok (droite) et Morava (gauche) au pénible labeur qui triomphera des suprêmes résistances autour -^^^v^u Kuckov Kamen (i6 k. 45); sa gauche tend vers la core 1538, son autre aile touche Alsar où contact avec la division du Timok dont la droite occupe Studenvoda. La ly^ D. C, remise des épreuves de lavant veille (i), suit en échelon la division Yougo-Slave. La division de Choumadia relève les traces de la division du Timok. La 122*= D. I, réserve d'armée.
J'ai laissé la division de la Morava accrochée aux pentes sud-ouest du Gjurov Kamen ; la division de la Drina la prolonge au nord-ouest entre Vitolista et Melnica. Plus au sud, la division du Danube, liée à la ir D. C. et sérieusement engagée, avance sa droite par Belista sur Melnica, tout en précipitant l'allure de la ', gauche pour atteindre le pont de Razim-Bey. — La division de cavalerie dépasse Polcista ; une de ses brigades, voisine de la division Yougo-Slave, attendra pour entamer la poursuite vers le nord que l'arène ait été désobstruée; l'autre brigade précédera sur Razim Bey- Potosko, le rabattement à gauche (ouest) de la I'' A. en la journée du 18.
La division de la Morava, surmontant d'exténuantes fatigues, franchit d'un seul trait le massif de la Catzerna et vient border la Cerna entre Kumanicevo-Klinovo. — A sa gauche,
(i) Environ 800 hs hors de combat; la [22^0.1. perdait dans les 5oo hs ; Choumadia et Drina tout au plus 200 hs.
a division du Danube, contraint lennenii, 'ans l'après-midi, à évacuer la rive droite,
mais sans pouvoir le talonner, le pont de Ra- 1 zim-Bey ayant été détruit. Pourtant plus bas, j un détachement réussit, vers Veprécani, à tra- l verser la rivière et à installer une précaire tête de pont ; de même dans la pénombre devant Godijak où l'ennemi, pressé d'incendier la passerelle, abandonne un important matériel, (y compris huit obusiers de montagne de 105, 14 ^ caissons, 50 voitures, etc.).
Au centre, le barrage du Gjurov-Kamen se laisse ébranler avec une facilité à laquelle on ne s'attendait pas; aussi, dès 8 hs., la division Yougo-Slave prend de l'espace avec sa gauche sur Mrezince, avec sa droite, par Rozden (qui flambe entre 13 et 14 h.), sur Konopista. — A l'est, la division du Timok détend sa droite vers le Blatec et évase en direction de Golubac.
A cette aile, un événement tactique de grande importance caractérise la troisième journée : intervention du groupe franco-hellénique du général d'Anselme ; aussi, dans la région du lac Doiran, des divisions du général Milne.
Le 19 bond fort accusé, jusque sur la croupe du Dracevisko-Brdo, de la division Yougo- Slave à laquelle le Sy"" R' bulgare ne parvient pas à en imposer sérieusement. — La division du Timok, non encore débarrassée de la gênante présence de partis ennemis dans le pâté Porta-Zarena, ne s'oriente au N.-E. que par une avance vers Radina.
Pour libérer ce flanc que menace la 5*^ D. bulgare, la gauche du général d'Anselme, cognera avec force et persistance six jours durant (16-21). Je me plais, céans, à mettre en place un résumé du brillant épisode : le 16, un bataillon du 4'' colonial attaque Zborsko, mais sans succès. Le soir du dit jour le 35*^ R' grec (de Corintlie, colonel Gargalides) contourne Zborsko à l'ouest par le Preslap et s'élève vers la cîme du Blatec ; ce mouvement débordant favorise l'attaque frontale reprise (17) par deux bataillons du 4*^ colonial (commandant Pérès) ensuite dirigés sur le col de la côte 1656. A droite, une troisième colonne (bataillon Desgruelles du 8^ colonial) emporte Tusin et escalade les pentes à pic du Kozuh, poussant au nord. Plus à droite encore une quatrième colonne intervient. Le lendemain (18), deux bataillons du S*" hellénique assaillent Nonte et gagnent le pied de la falaise de Dzena; deux bataillons du S'^ colonial, gardés en soutien, donnent à leur tour (nuit 18-19) sur l'arête de de Dzena et sur la croupe de Malarupa. — Trois journéesde luttes âpres et sévères (19-21) en haute montagne (ravitaillement chiche, liaisons difficiles) avant de pouvoir briser le 21 au soir, la désespérée résistance de l'adversaire. Alors, sur la dorsale de la Marianska Planina, les 4^ et S' coloniaux, les 8"= et 35e helléniques coulent incontinent jusqu'au Vardar (point 88), en aval de Demir Kapu. Ce même temps, le gros du groupe d'Anselme suivait (nuit
21-22) et, sans arrêt, par Huma, Kojnsko et Miletkovo (25) atteignait le fleuve. - A sa droite, la 27^ D. anglaise (général Forestier Walker) et, de l'autre côté du Vardar, le groupe anglo-hellénique (général Milne). Devant ces groupes Pincendie des dépôts de Cestovo et d'Hudovo aussi de nombreux indices recueillis par les aviateurs révèlent le repli commencé de l'aile gauche bulgare.
La disgression, on voudra bien le constater, était proche du sujet et le sert; je tiens néanmoins à m excuser de l'écart avant de reprendre le précis de la manœuvre de la 1'= A. Serbe, à la date du 19.
Journée de fort médiocre apparat. L'infanterie, faute d'être servie par l'artillerie (qui rejoint péniblement) n'entame que sur quelques points, et encore avec de faibles fractions, la rive gauche de la Cerna; ainsi la droite de la division de la Morava à Potosko et la gauche, mélangée aux têtes de la division du Danube, à Veprecani. De plus, installation livrée à tous les risques, à diverses reprises contre-attaquée dans la nuit du 19 au 20.
De claire évidence l'ennemi a amené de nouvelles unités sur le front de la A.; elles essayeront d'enrayer une avance exposant à de graves périls, d'une part la communication Prilep-Gradsko, d'autre part tout le système fortifié de la boucle et de la région de Monastir.
Le haut commandement bulgare paraît avoir attaché à la préservation du dit système
un intérêt considérable : lui importe, au principal, de préserver la charnière de ses armées; mais, il peut aussi être suggéré qu'il n'a pas encore renoncé à tout espoir de trouver le temps et les moyens de décocher de cette base une foudroyante contre-offensive dans le flanc gauche de l'attaque serbe (i).
Quoiqu'il en soit, le général Boïovitch devra employer deux pleines journées (20 et 21) à fluer sur le versant occidental de la vallée de la Cerna et à consolider son gain sur la crête entre la Cerna et le Rajec. Par Galiste, Cetir Buke, Sama Buke, Vepréani, jalonnement, face au nord-ouest, d'une oblique de laquelle les divisions se détacheront pour dilater Taire de manœuvre par une conversion à droite, pour ensuite foncer au nord.
Divers détails sont à consigner.
A droite la division de la Morava opère, entre Potosko et Godijak, dans une zone dépourvue de communications, " tellement coupée que tout s'y perd et qu'aucune des patrouilles envoyées n'était de retour dans la soirée ( 20) pour renseigner le général Grouïch touchant la
(I) Magistrale démonstration du procédé. La contre attaque du général Mangin (quatre divisions) lancée le 11 juin iS, à 4 heures, delà région Maignelay-Eslrées Saint-Denis, sur la ligne Le Kretoy-Courcelles — bois de Genlis — ferme de la Garenne dans le fianc droit de la iSe armée allemande (Hutier) qui a fait poche, en direction de Compiègne, jusqu'à Ressons-Ribecourt.
— Contre attaque déclanchée à l'improviste» sans préparation d'artillerie, simplement appuyée par des chars légers.
situation des unités subordonnées » ; pourtant la colonne de droite s'installe à Galiste et celle de gauche se glisse vers Godijak. — Au centre la division de la Drina, traverse la Cerna (9 heures) sur deux ponts de fortune, (chariots à bœufs); sa droite s'associe aux efforts renouvelés de la gauche de la Morava; la gauche intervient dans le combat traînant de la droite de la division du Danube (deux régiments, deux groupes d'artillerie) accrochée depuis 13 h. aux pentes du Sama Buke, sans pouvoir accéder au sommet. La ligne ainsi tracée par Gravédnik- Galiste-créte de Godijac-Sama Buke, subira vers 17 h. une sérieuse contre attaque; perte d'un peu de terrain entre Galiste et Gadijak; par ailleurs, une vigoureuse riposte des éléments de la Drina et du Danube accoudés autour de Sama Buke, y rétablissent stable situation, La tète de pont de Razim Bey n'a pu encore être forcée par la gauche de la division du Danube. De même, en aval, l'artillerie bulgare immobilise devant Caniste, la 11'' D. coloniale, (i)
{ I , Un de bcs régiments, le 44^ (ayant à sa droite le g*" serbe et a sa gauche le 12^ helléniquel participe les i3, 16 et 17 à l'attaque de la formidable position de Starovina. Le 18, trois assauts contre le pont de Cebren : cependant, dans la nuit, deux compagnies réussissent a s'accrocher aux gradins de la rive gauche et à organiser une sorte de tète de pont. — A droite du 44e, le 42'' en la soirée du 18, franchissait à gué la Cerna proche de Solo Monastir.
Le lendemain, la 22<; Brigade coloniale gagnait le seuil du col de Canista.
Je reprendrai par la suite, la marche sur Prilep de la ii« D. C.
Les régiments bulgares (30% lO*^ et 280 quoique bien réduits, mais soutenus par une puissante artillerie et un grand nombre de mitrailleuses, ne se résignent à évacuer la position Sedam Kuka-Sama Buke-Veprecani que dans la soirée du 21 (vers 25 h.). Alors seulement, à la lueur des incendies consumant les dépôts abandonnés, les divisions du Danube et de la Drina, se proclament, de façon définitive et complète, maîtresses de la berge occidentale.
Sans remise, aux naissantes clartés du 22, lal. A. amorce, le mouvement de « sur la droite en bataille »> la plaçant face au nord de manière à intercepter la transversale Prilep-Velès ; cette artère perdue, l'ennemi ne peut plus tirer parti que de la ligne de rocade Kusevo-Uskûb, réservée comme indispensable, aux troupes situées à l'ouest de Monastir ; L'Oberkommando s'appliquera encore, par la ferme tenue des arrière-gardes, à conjurer la catastrophe.
Ces barrages entravent au centre et à gauche, les divisions de la Drina et du Danube. — La première, descendant sur le Rajec, est arrêtée d'abord à Smolani, puis à Carevik (21 heures). La seconde, gravissant les croupes méridionales de la Drenska Planina, couronne avec sa droite en fin de journée la cote 1250, mais doit retarder jusque dans la nuit l'occupation du Beli-Kamen. — Somme toute, le 23 à la clignotante pointe du jour, maîtrise de la route Prilep-Trojaci, celle resserrée dans le lit du Rajec. Aussitôt, la division de la Drina entame
la poursuite en direction Rakle-Popadiia-Vojnice- Vêles. A sa droite, la division de la Morava, dégage le pivot et s'élance, elle aussi, à la poursuite par Debriste-Ostrec-Cicevo.
La Poursuite
Je viens pour la première fois de substituer le mot poursuite à celui exploitation auquel je m'étais jusqu'alors astreint.
M'est avis que la poursuite, consécration de la victoire totale, ne peut être inaugurée que lorsque l'adversaire a subi Tinéxorable contrainte de vider l'arène tactique dans toute sa profondeur, renonçant ainsi à la lutte- sur ses positions de résistance et d'arrêt.
Doit être rappelé que le général Franchet <i'Esperey recherchait, par la bataille de la Moglenica, la rupture au centre des -armées bulgares dans le dessein d'atteindre leurs lignes de communications et de cisailler le dispositif.
Or, un résultat certain ne se décèle sur le front de la P A. que dans la nuit du dimanche au lundi. La constatation paraît m'autoriser à un agencement conventionnel, retardant jusqu'au matin du 23, la phase proclamatrice du succès, ce d'autant plus, que la gauche de la W A. piétine encore aux abords de Gradsko.
Le magnifique élan des deux divisions de
tête de Tannée du voïvode Stepanovitch suscite une admiration en tous points justitiée; superbe affirmation du principe de la continuité du mouvement et de l'énergie malgré les difficultés du terrain, la ruine des chemins, et les dures privations; en dépit d'un adversaire opposant une couverture résolue à se sacrifier sur des positions vers lesquelles affluent des fragments de renfort (i) drainés de toute part.
Une de ces positions, celle du Dracevisko brdo, faîte du glacis incliné vers le fleuve, sera disputée (20) avec une opiniâtreté méritoire à la droite de la division Yougo-Slave que la division du Timok, (échelon reculé), cherche à rejoindre par Gornja Drahovica-Barovo. Cependant, ne peut être interdit à la gauche du général Jivanovitch d'appuyer la pénétrante ruée de la division de cavalerie qui met le poing sur Kavadar et surprend le pont intact de Vozarci.
Ainsi, déjà, le vendredi 20, sixième jour de la bataille, grave compromission de la bretelle, Prilep-Gradsko ; le lendemain le coin entaillej plus profondément.
En cette après-midi du 21 (15-ié heures) la gauche de la division Yougo-Slave progresse vers le confluent Vardar-Cerna et intercepte la
{1) L'ennemi, a la date du 18, avait amené, pour aveugler la tissure, cinq régiments bulgares et un bataillon de complément, plus un bataillon allemand. — On identifiera le surlendemain dans la zone de la !!■ A.: les 14-, 4y, 87- R"-, les 2V et 27bataillons de marche, le i2' R' allemand appelé de Crimée, le 12- bat. de chasseurs (active) et le i3* bat. de chasseurs (réservel.
voie ferrée près de Pustograd ; un de ses bataillons, passé sur la rive gauche de la Cerna, organise la tête de pont de Vocarzi. La droite dévale du Dracevisko brdo sur Negotin encore préservé par une arrière-garde figée entre Sopot et Tamjanik. — La gauche de la division du Timok culmine à la crête au nord de Barovo et la droite s'installe (midi) àGornje Drahovica d'où des pointes menacent Demir Kapu. — Les divisions de l'arrière (17' coloniale et Choumadia) garnissent la ligne DragoziLBosava-Bohiia.
Maintenant (22-24) va être procédé au franchissement du Vardar et, tâche bien plus ardue, au décrottage de l'épais bourrelet entre le fleuve et le cours parallèle de la Kriva Lakavica.
La division du Timok dresse son centre à Demir Kapu et espace sa cavalerie vers Davidovo-Hudovo par où retraite la 5'' D. bulgare sous la pression du général d'Anselme; la gauche occupe Negotin (monastère Saint- Georges). Sur la rive opposée, les avant-postes frangent leur empiétement par la cote 290 Kuresniza-Dubljani. — Vers l'ouest, la division Yougo-Slave ravit à l'ennemi, dans le courant de la journée et conserve malgré quatre contreattaques, l'éperon Kara Hadzali. Le centre fait occuper la cote 450 et, près de lui, l'impatiente division de cavalerie attend le moment de courir à Istib. La gauche, ce même temps, atteignait, de l'autre côté de la Cerna, Gornje Cicevo que domine le fameux monastère d'Ar-
kangel (i). Non loin (ligne Vozarci-Staro-Drenovo), un détachement de la ly^ D. coloniale attirée autour de Resava.
Mais les arrière-gardes bulgares, amplement dotées de mitrailleuses, n'ont pas encore été relevées de la mission de couvrir, coûte que coûte, rive gauche de la Kriva Lukavica, la transversale Istib-Radovista ; la journée du 23 ne suffira pas à la II'" A, pour les assujettir. — La division du Timok ne peuï déblayer avec sa droite le nœud du Beli Kamen (750) et sa tranche reste rivée au Keres Tèpc (560). — Les Yougo-Slaves, avec l'assistance d'une brigade de cavalerie, forent, à vrai dire, une poche un peu plus profonde par Kara Hodzoli-Toplik-Hadzi Hamzali ; cependant leur gauche stationne encore devant Gradsko.
Dans la zone de la L A., meilleur rendement. — La division de la Morava élargit la fêlure Drenovo-Faris, refoule le ^yj»" R' allemand et des fractions du i*^' R' bulgare qui lui abandonnent 7 canons, 12 caissons et une cinquantaine de voitures, (dont 6 cuisines roulantes), etc.; sa tête, le soir, touche la rivière Babuna. — La division de la Drma porte son gros à Rakle, d'où son avant-garde, vers 13 heures, avait chassé l'ennemi qu'elle escorte jusqu'aux abords de Nikodim. — La division du
|i| Combat du 10-11 nov. i5. — Je recommanderai, à la dite occasion, la lecture del'ouvrage du capitaine Henri Libermann, Face aux 'Bulgares (Berger-Levrault). Consulter aussi le volume de Mr. Jean Saison, D'Alsace a la Cerna. {Plon- Nourri).
Danube, rassemblée en réserve d'armée à Belavodica, y capture un obusier de I20, un obusier et deux canons de 105, deux pièces de 75; son escadron ouvre, par Pletvar, les voies à deux bataillons du 7*" K' installés (22-23 heures) sur la ligne Krstec-Vonla pour servir de flancgarde à la division de la Drina.
Le lendemain, 24, journée enfin largement compensatrice, car sur tout le front des armées serbes se manifeste, évidente la débâcle bulgare.
La droite de la division Yougo-Slave triomphe en l'après-midi (15 heures) dans le quartier Toplik-Dragavo des dernières adhérences du 12'' Rt de Landsturm et du 80*^ Rt bulgare (colonel et adjoint prisonniers) paniquement déroutés. La division de cavalerie, soutenue par deux bataillons et une batterie, harcèle et ramasse des trophées. A gauche, l'occupation de Gradsko, (village et gare), procure un butin considérable : 19 canons, dont 1 3 lourds (entre autres une pièce de 210), 30 caissons, 40 à 50 locomotives (voie étroite), wagons et matériel, outils, munitions, vivres, etc.
De l'autre côté du Vardar la 17** D. coloniale, reliant la II^A. à la Ii'^A.jSe loge coude à coude avec la division de la Morava entre Gradsko et le pâté de Klepa (1180). — La division de la Drina accentue la progression de trois colonnes : droite, par Krnina (17 heures) à Nojnica ; centre, par Vladilarci où l'ennemi, après un court effort (8-9 heures) abandonne une batterie ; gauche, à Izvor. — Les 7*= et 9*=
Rts de la division du Danube, accrochés en flanc garde de gauche de l'armée, au Krstec et au Rosiak, épient l'arrivée de la 1 1<- D. coloniale dans la région Presterica-Zaprad- Konjari.
Ainsi, lennemi que nous savons déjà rejeté sur Istib, précipite de même sa retraite sur Vélès. Toutefois, Istib et Velès ne seront que que centres passagers de ralliement. — L'aile gauche bulgare tend au nord-est vers Careveselo. La 11*^ A. S, après la manœuvre qui fait tomber Istib, renoncera à la direction nord et, par rabattement se collera face à Test, le long de la frontière. — Le centre de van Steuben, se dérobe au nord, vers Kumanovo. La I'' A. S, après la manœuvre qui fait tomber Velès, passera tout entière sur la rive gauche du Vardar et convoitra au nord, droit devant elle, la transversale Uskûb-Kumanovo-Egri Palanka.
Je composerai pour chacune des deux armées serbes un paragraphe distinct, associant à leurs exploits les groupes des généraux Milne et Henrys maintenant appelés à confirmer, à amplifier l'expansion stratégique.
La division de cavalerie ne fait que traverser Istib le 25 ; elle lance le 4^ Rt sur Rogoslovec de manière à intercepter les directions de retraite Velès ei St-Nikolas ; des pelotons visitent Radovista ; des escadrons courent vers Kocana occupé le lendemain matin (6 h. 30). Les pointes, soucieuses de ne pas perdre le
contact, sessoufflent jusqu'à Kalimanci aux trousses des bandes cherchant à se regrouper autour de Carevoselo (i). Le gros de la division rejoint le 27 au soir mais est niimobihse le lendemain devant une dernière position de repli, Ostrec (1050) - Carevoselo, adossée a la frontière. Divers incidents marquent la journée; entre autres, sur les derrières, l'attaque d un détachement bulgare (2V qui, après une inutile tentative de percée, devra sesquiver par une des issues non encore fermées au sud.
Durant ce temps, l'infanterie décomposait le rythme de son mouvement; à laile marchante, superbe performance de la division Yougoslave.
Celle-ci atteignait Istib le 25, la colonne principale ayant passé la Kriva Lakavica, aux environs de BaliaH; à ta tombée de la nuit, comme si la gauche avait voulu annoncer une poursuite en direction de Saint-Nikolas, ses postes observent la ligne Bogoslovec-Balvan. Pourtant, dès le lendemain ' (26) indication d'un glissement vers le nord-est, ensuite duquel la division se tasse le 27 au soir dans le quartier Grelena-Besikovo-Jastrebnik. Elle en dé-.
(!) Sur ce même terrain, première bataille de Carevoselo ou de Oovcdornik ( juillet - Le général JanUovitch avec Morava i et 11, TimoU II et une division monténégrine.
(2) Détachement qui était peut-être l'avant garde de la ^" D; dans tous les cas. sa composition hétéroclite renseigne sur Petat de desaroi de l'armée désagrégée: les 147 prisonniers appartiennent a dix régiments! (34,^^3, 87. 4, ^Wi> 20,4^" et ho).
marre (28) par un crochet à droite plaçant le gros près de Kalimanci (16 heures) face à Carevoseio ; un de ses détachements rencontrait à l'ouest de Bigla une forte résistance. De tait {ainsi que déjà indiqué) l'ennemi, poiir recueillir les fractions de queue des 3'' et 5"^ D. traversant la Plaskavlca Planina, s'attardait sur une dernière position de repli peu à peu prolongée au sud de Carevoseio, par les côtes 155 1 (Cuka Golek) — 1540 (Cavka) = 1185.
Envoi contre cette position d'un détachement* composé de quatre bataillons et de deux batteries qui aborde le centre en l'après-midi du 29 (15-16 heures); le général Jivanovitch, toutes les sûretés prises accélère, puis occupe dans la nuit même (i heure) Carevoseio et, à l'aube, égaille* ses avancées sur la rive droite de la Brégalnitza ; elles feutrent, vers midi, le secteur: Stanoje-Bregare-Bojkevac, côte 1050, Donje Crkvenac-Gavran Mala. — A gauche (nord), sur POsogovska Planina (Car Vrh et Rujcn), s'adjoignait un détachement de la division de la Choumadia.. .. Alors, arrêt imposé.
La division du Timok, en échelon arrière, n'a pu cheminer que très lentement sur les pentes du Beli Kamen ; sa droite s'étend vers la cote 900 pour favoriser l'approche du groupe franco-grec du général d'Anselme. De lourds efforts dans la journée du 25 pour enfin décaper la crête du Gradée et fait tomber les défense des cotes 1117-1110. Le général Dokitei, descendu dans le fond de la Kriva Lakavica, franchit la Strumica du côté de Topolnica ; le
26 ses têtes atteignent, à gauche Prnai-lija, à droite Inova. Le lendemain, les colonnes gravissent les contre-torts sud de la Plaskavica Planina et parent (28), te faîte Pripecani — cote 1040 — côte iioo; de cette base, conversion à droite (29 et 30) portant la division sur le front, côte 1551 ^ ^^te 1540. Haïduk Cesne.... Alors, arrêt imposé.
Nonobstant, la gauche de la division du Timokse raccorde aux YouKO-Slaveset la droite, par un détachement (un régiment d'infanterie, un groupe d'artillerie de montagne), établit la liaison avec les divisions du général d'Anselme. Ce dernier voisine avec le général Milne qui le 22 répérait la ligne Kara Ogular-Hamzali-Bogdanci, prolongée à gauche sur l'autre rive du Vardar, par la 27»= D. britannique et la division \ hellénique de l'Archipel. Le 25, la Derbyshire Yeomanry pénétrait par Kosturino en territoire bulgare et se saisissait de Strumiza (26). Dans les voies de ces escadrons, la 26^ D. britannique et la 14'- D. hellénique. Au centre et à droite, deux autres divisions britanniques et la division de Crète violentaient les escarpements de la Belasica Planina. Les jours suivants des partis étaient jetés au nord par Berovo sur Pechovo ; la division de Crète et la 228"^ bri-
ji| Je n'insiste pas dans ce précis surle rôle des divisions helléniques auxquelles je consacre, d'autre pan dans les Etudes franco-grecques, des notices détaillées. — Toutefois, en l'occasion, ne peut être omis d'élogier la brillante activité du 3e Régi de cavalerie (colonel Skandalis) et de l'escadron de mitrailleuses.
gade britannique dirigeaient des détachetnents
vers Ruppel et Demir Hissar Alors, arrêt
imposé.
Sous la pression de la I"' armée, les arrière-gardes bulgares se replient précipitamment sur Vélès endiguant le. recul du flot vers Uskûb, Koumanovo et Kratovo.
Vélès sera l'objectif immédiat (25) assigné par le général Boïovitch aux divisions de la Drina et de la Morava. — La première, longeant la rive droite du Vardar par Orahovec- Vitanci-Orizari, éprouve quelques difficultés! aux gués de la rivière Babuna. — La seconde' commence, aux entours de Kurudere le passage du fleuve selevant vers Novoselo (Jeniko) dans l'intention, d'abord d'intercepter la route Vcles-Kara Osman li-Saint-Nikolas-Kratovo-Egri Palanka, ensuite de pénétrer au nord en direction de Koumanovo ou de Stracin ; or Roumanovo et Stracin balisent le grand, canal de rocade, par lequel se déversent en Bulgarie des épaves de la ii'' A. C'est suffisamment souligner la valeur essentielle, dans le triangle Egri Palanka-Uskûb-Vèles, du côté Egri Palanka- Vèlès ; de la sorte f explique l'organisation du point d'appui Kara Osmanli-Torfali-Dzumali devant lequel des élémentsgermano-bulgares(i)
(I) D'autres unités allemandes sont identifiées sur divers points; ainsi au sud de Vêles, un bataillon du régt n" 21 venu de Russie par Varnaet Sofia; je signalerai, sur ce même emplacement, l'action de deux auto-mitrailleuses françaises.
contraignent les r^"" et 3« régiments à marquer le pas (26-27). ~ La cavalerie de la division du Danube ourle à 19 heures la lisière ouest de Vêles que la division de la Drina effleure le lendemain (27) lançant son avant-garde sur la route de Kara Otmanli pour intervenir dans le combat (Novoselo-Kôseler) non encore décidé à l'avantage de la division de la Morava. — La division du Danube (réserve d'armée) passe à son tour sur la rive gauche du fleuve en action vers Breznika (nord). £n flanc garde, une brigade fl-ançaise (i), côtoie les berges de la Pcinja ; à sa gauche, la brigade de cavalerie (Juinot-Gambetta) opère de Drenova par Paligrad, sur Uskûb.
Le soir du 28, les trois divisions de la L A. cordonnaient la ligne Nemanica-Kurista Tepesé-Breznica. — La gauche de la division de la Morava enlevait Saint-Nikolas (lé heures) encore nanti de riches dépôts de grains. — La division. de la Drina dépassait dans la matinée
(i)La 22'! brigade coloniale ; général Tranié, 42c régiment, chef de bataillon Montegu, remplaçant !e lieutenant-colonel Soubiran ; 44c régiment, lieutenant-colonel Noël.
Je rappelerai que la ne division coloniale, après avoir franchi la Cerna aux environs de Cebren- Selo Monastir, se dirigeait le 21 parCanista Krucevica et Kobre sur Prilep où entre le 23.
Le 25, la 22e brigade, renforcée par deux groupes d'artillerie, un détachement du génie et par de la cavalerie, reçoit ordre de se porter (pa[ la route de la Babuna) sur Vèlès, de là sur Uskub, couvrant la gauche de la I. A. S. - Velès atteint le 27 (traversée à gué du Vardar). Le lendemain, vers midi, les éclaireurs montés du 44e signalent la
Tatarli et, plus tard en l'après-midi, préparait par le canon son installation sur le Kurista Tepesi (nord de Trestenik. — Certaines gênes entravaient, au nord de Brcznica, l'avance de la division du Danube.
Les divisions employèrent la journée du 29 à franchir l'Ovce Poljedont le versant est festonné par la Vukinea tributaine de la Pcinja. — Drina tâte à Klecovce le confluent des deux rivières. — Au centre, la division de la Morava atteint Ketenovo. — A droite, intercalation de la 17*- D. C. bouchant le vide entre les I^''" et II« armées. — A gauche, pratiquant l'itinéraire Divle-Sùsica, la flanc garde de la division du Danube ; elle sert également de soutien aux deux escadrons aventurés sur Alexandrovo, pour couper la voie ferrée Uskûb-Kumanovo.
Le 30, un nouveau bond pour enfin capter, but de toutes les aspirations, la route Uskiib- Kumanovo-Stracin-Egri Palanka. La division
présence de l'ennemi à l'entrée du défilé de Levterce (I^cinja); position organisée et fortement ternie (troupes allemandes, une batterie de io3, deux batteries de campagnes, mitrailleuses) ; attaques du 44e le 28 après-midi, renouvelées le 2(); la positionne sera enlevée que le 3oau matin, le 42^ manœuvrant la gauche de l'ennemi qui se replie en amont, sur Kaplan ; il y est suivi; les dispositions étaient prises vers midi pour l'aborder, lorsque survint la nouvelle de l'armistice. — Le lendemain, I*"- octobre, la brigade occupe Uskub.
Journées très pénibles : chaleur excessive; la troupe souffre de la faim et de la soif.
Quant à la brigade de cavalerie, je crois savoir quelle sera fort bien servie, par un ouvrage des plus autorisés devant paraître sous peu.
de la Morava qui, sans perte de temps dans la nuit du 29-30 a stimulé une pointe sur Stracin, consolide sa main mise. — La division de la Drina plante à Vajnik un détachement d avant-i^arde Mais alors, arrêt imposé.
Sur la gauche de la I'^^ A. Serbe, la brigade de cavalerie Juinot-Gambetta (P" et 4^ Rgts de chasseurs d'Afrique, spahis marocains) était entrée depuis la veille midi à Usbiib. — Elle précède,, en pointe hardie, les groupes du général Henrys.
Ceux-ci, après revirement sur le front, par une lutte prolongée d'artillerie, de la majeure partie des forces de la ii*" armée allemande, affirment le 22, leur vouloir offensif. L'attaque se propose d'élargir la brèche ouverte par le Voïvode Michitch en refoulant au nordouest (orientation, Kicevo) l'a masse qui constitue, dans la région de Monastir, la manche droite de von Steuben. A telles fins, TA. F. O. aura à exécuter un mouvement de « sur la gauche en bataille » ; il neme paraît pas hors de propos d'accorder une attention intéressée à cette manœuvre de l'aile marchante.
J'ai laissé, à la date du 24, les 7e et 9" Régts de la division du Danube en flanc-garde sur le Krstec et le Kosjak où attendent l'arrivée, dans la zone Pesterica-Zagrad, de la 22^ brigade coloniale ainsi maintenue en direction nord. A la gauche (ouestj de la 22^ brigade, et dès lors se séparant d'elle, la 21^ brigade C. qui com-
mence à fianchemein déboiter :iu N.-O. vers le défilé de Brod.
La marche, le dit jour, de cette brigade à travers la plaine de Zapolzani, sous le feu de l'artillerie ennemie, nous change quelque peu des procédés tactiques que nous avons accoutumé d'obseryer. Les pratiques du régiment de tête, 34"^ (I), nous éclairent au mieux : une avant-garde détachée,/ 26"' bat. Tirailleurs sénégalais) actionnée, dès midi, pour établir les avant-postes sur la ligne Vance— route de Prilep à Brod. Le commandant Maignan n'ayant été que tardivement rejoint par l'escadron divisionnaire a dû, pour sortir du massif de Preslov, emprunter le creux du Blato jusqu'à Malo, ensuite, vers Novoselani égrener deux compagnies sur un front de 2.500 mètres; cette formation très diluée permet de franchir, sans trop de dommages, un intense barrage de fusants, de percutants et de mitrailleuses — Un gros, ébranlé aux environs de lé heures : d'abord infiltration par le lit asséché du ruisseau Je Prilep, puis dispositif ouvert en colonnes, doubles de bataillons et de compagnies. Le bataillon Auvigne avec, sur sa droite, une demie compagnie de mitrailleuses; dans ses traces, à 500 mètres, le bataillon Demoulin appuyé de chaque côté par une compagnie de mitrailleuses; de plus postant une compa-
(ij Le colonel Debieuvre appelé le 23 septembre au commandement de l'infanterie divisionnaire 'est remplacé par le lieutenant-colonel Thomas.
gnie à droite vers le moulin de Varos où 1 en nemi a été signalé.
Le 25, la brigade échelonne à larges inter val les ses bataillons (colonnes doubles de dem sections', au sud de la route Prilep-Brod ; terrain plat balayé par l'artillerie (non contre-battue) de l'adversaire que l'on supfiose décidé à résister sur la ligne Zito-Lazani. Vers r 5 heures, alors que le bataillon Demoulin fgauche) se trouvait à environ 1200 mètres de Zito, les Bulgares foncent à Ja contre-attaque ; les nôtres, mettant baïojinette au canon, se ruent à la rencontre de l'ennemi, lui font tourner les talons et emportent Zito. A droite, alors qu'il approchait de Lazani (i), le bataillon Maignan était également atteint dans son flanc droit par des vagues débordant du ravin de Rapotovo; le bataillon Auvigne, tire de la réserve, les endiguent.
Le 26, escalade des rampes en bordure de la cuvette. Le bataillon de gauche gagne, sans trop de peine, la.côte 1.200. Par contre,'le bataillon de droite ne s'élève que laborieusement deSazdovo vers la côte 887 ; celle-ci ne <sera définitivement conquise qu'après un violent et coûteux combat (de minuit à 5 heures 30J : lutte à la grenade et à la mitrailleuse, aux lueurs courantes de la brousse incendiée par les Bulgares.
(I) Lazani et le combat dans la nuit du 26va^udrontaux commandants Maignan et Demc Un delogieuses cuations.
Ce même soir, 26, de l'autre côté de la route Prilep-Brod, la 3^ division liellénique(i) après une brillante affaire, prenait possession de Krapa et de la côte 1.300.
De la sorte sont ébauchés les préliminaires du combat de Brod. En la journée du 27, approches: d'une part, le 34^ R. C. dévalant les croupes qui de Stansko encaissent Brod au sud; d autre part, les 6- et i2« Rts helléniques consolident leur avance sur les éperons au nord de Barbarec. — Le lendemain le bataillon Auvigne du 34 'R. C. et le 6- R. H. accaparaient Brod.
A ce carrefour, nouvelle désarticulation : la y D. H. s'oriente au nord dans la vallée de la Treska, la droite à Suhodol, la gauche à Trebirio ; et, je préciserai de suite, pour ne pas avoir à y revenir, que le jour de la notihcation de l'armistice, ses pointes touchaient Bvez et Kovec. — La 21*-' brigade C. se scinde en deux groupes, une colonne principale et une tbrte flanc-garde ; la colonne principale, (général Tranie), engagée dans la vallée de la Velika sur Kicevo comprend les bataillons Auvigne, avantgarde, Bergeron et Missat au gros. Le flanc garde à droite (nord) que devait tout d'abord fournir le seul bataillon de Cabarrus est sitôt renforcée par le lieutenant-colonel Thomas avec le bataillon Maignan et une batterie de
|i| Franchit la Cerna le 21; occupe Prilep le 23 : et dégage le pâté du Zlàtovrh dans la nuit du
65; ce dûtachemeiu éprouvera diverses con trariétés. Tout d'abord, le bataillon de Cabarrus, égiiré par ses guides dans un terrain extrêmement difficile, appuie trop au nord ; errant à l'aventure, il se trouve le 30 au matin proche de la côte 11 50, qui domine la région de Kicevo, site dont les Bulgares ne se laisseront déposséder qu'en laprès-midi. Le lieutenant-colonel Thomas, pour reprendre son rôle de flanc-garde, se rabat au sud; il s'installait le 3 octobre au matin à Celopec (Velika) en attendant In colonne principale encore calée entre Ladova et Ipica, lorsque vers 9 heures des sonneries de clairon l'avisent de l'armistice ; mais, en ce même temps, le bataillon Maignan, qui n'avait pu être rallié, continuait sa marche sur Kicevo, et, malgré quelques coups de fusil, se plantait à Garana.
A gauche de la 22' brigade coloniale, la division itahenne du général Mombelli (ii, encore un peu en échelon arrière, avait eu à iaire céder par lennemi le 23 la ligne Cepik-
\ï] Brigade Sicilia (Rts 61 et Ô2I ; brigade Cagliari (Rts 63 et )l4l ; brigade Ivrea (Rts 161 et 162). Les régiments à, quatre bataillons. — Un groupe d'escadrons. — Huit batteries de montagne. ~ Avec les spécialités et les services, effectif s'élevant à près de 5o.ooo hommes. — V'oir publication de rétat-major italien : .< Il corpo di Spedizione italiano in Macedonia >• et mon article dans la Nouvelle Revue d'Italie.
Topolcani-Kalabak. En suite de quoi déboitage pour prendre place, face à Knicevo, dans le nouvel arrangement déjà indiqué par des pénétrations vers Resna, Gopès et Pribilci. La conversion de la 35*= D., exécutée les 24 et 25, livre à la brigade du centre dvrée) Krucevo et, à la brigade de gauche (Cagliarii les côtes 1291 et II 50 au nord-est de Pribilci. De cette assise se spécialise une très belle opération ambitieuse d'intercepter à Sop la route Monastir-Kicevo. Le soir du 29 les fortes arrière-gardes adverses obstruaient encore les abords du col. Déjà, les dernières mesures étaient prises (i) et, l'assaut devait être donné le 30.... Mais alors, arrêt imposé. — A droite la brigade de Sicile ne parvenait que le 29 à couronner Cesma (côte 1654), point culminant de la Baba Plânina ; elle en dérape sur Plasnica-Izica, prêtant appui à la 21" brigade coloniale engorgée dans le couloir de la Velika.
Nous savons la brigade de cavalerie française et la 2i« brigade coloniale à Uskûb, la 3^ division hellénique dans la région de Brod, la 22^ brigade coloniale et la 3 5^ division italienne au sud de Kicevo. Ces mouvements coordonnent, actionnée par le général Henrys, l'éclatante et habile manœuvre d'Usbiib ; elle parque
(ï) Un bataillon de la nô» D. I. prenait p ;auche, pour participer à l'atiaque.
la 11^ armée allemande dans un défilé de 20 ks <le long et la réduit à mettre bas les armes (77.000 hommes, 1.500 officiers, dont 3 généraux, 454 canons, un immense matériel).
Le 30 septembre, ainsi que je l'ai noté à diverses reprises, arrêt général du mouvement.
Dès le 26 des parlementaires bulgares s'étaient présentés aux avant-postes anglais d'où conduit à Salonique. Les pourparlers aboutissent le 29 (23 heures) à la signature d'un armistice par lequel la Bulgarie, naguère encore bluffeuse éhontée et mégalomane impénitente ainsi en témoigne le ton des journaux de Sofia), sera acculée au lamentable aveu d'une irrémédiable défaite a).
La capitulation de la Bulgarie est la conséquence directe, non difî'érée de la bataille de la Moglenica qui étreint, brise brutalement et anéantit les armées de Ferdinand-le- Félon. Il ne peut être permis, pour amoindrir l'éclat de cette magnifique apertise d'armes et pour expliquer la catastrophe, de suggérer des considérations d'ordre politique : la rupture du front, à Dobro-polje résulterait de la défection de plusieurs divisions...! C'est de l'intérieur que serait parti le signal d'une criminelle ré-
(i) Etaient présents: le général Franchet d'Esperey, commandant les armées alliées ; le général Charpy, chef d'état-major ; le commandant Tancier, sous-chef d'état-major. — M. Liaptchef, Ministre des finances de Bulgarie ; le général Doukof, commandant la 2e A. B ; M. Radef, Ministre plénipotentiaire.
volte devant rennemi ! Je regretterai simplement, sans plus enfoncer, qu'il se soit trouvé en France, un émule de don Ignacio de Ipigna (au dire de son éditeur « de la lignée de nos grands historiens nationaux ») pour reproduire, d'après les journaux bulgares, le mensonge d'un Théodoroff : « vingt à trente mille soldats ont volontairement fléchis à Dobro Polje » déclare le complice de Guéchoff. La vérité est tout autre. Ces soldats furent victimes de fautes imputables aux grands chefs; ils succombèrent sous le nombre, sous la puissance des moyens dressés contre eux. Non secourus, ils ne purent ni se ressaisir avant d'être expulsés du champ de bataille, ni se soustraire aux influences démoralisatrices d'une implacable poursuite.
Blùcher — qu'en la circonstance j'invoque de préférence à tout autre — vociférait dans
son ordre du 28 août 181 3. « Il n'est pas
assez dé vaincre, il faut savoir profiter de la victoire. Si nous ne terrassons pas l'ennemi (gehen wir dem Feinde nicht auf dem Leib), il se remet naturellement et nous devons chercher, par une seconde bataille, ce que nous aurions pu faire rendre à la première si nous avions montré plus d'énergie ».
Et, après cette sévère remontrance, la poursuite ayant été reprise avec plus d'activité le Feldmarschall « Vorwaerts » se plût, le i^"" septembre, à féliciter ses troupes : « vous vous êtes montré de vrais soldats, plus par votre énergie à surmonter les fatigues de la pour-
suite (I) que par votre bravoure dans la bataille ».
Cette énergie, cependant, ne peut excéder certaines limiteâ aussi bien dans le champ étriqué de la tactique que dans le domaine élargi de la stratégie; elle est une des composantes de la « partie divine du génie de la guerre » pour me servir d'un des aphorismes de Napoléon.
La grande et funeste erreur du generalfeld Marschall von Mackensen fut de ne pas avoir su doser la capacité énergétique des troupes serbes. Il adopte avec le G.-L. Frhrn von Freytag-Loringhoven (2), la théorie de l'offensive « mit beschrànkten Ziele » et se méprend de la sorte sur l'amplitude de la pénétration offensive à laquelle Clausewitz (31 assigne un terme irrévocable du fait de lassitude et d'usure. — L'exécutant, sur un champ de bataille non organisé en profondeur, ne pourra ressaisir la liberté d'action ravie au seuil" de la
1 1) « Le meilleur soldat n'est pas tant celui qui se bat que celui qui marche » (Napoléonl. fj
Dans un ordre du jour, daté d'AndrinopIe, le i3 jum 1854, signé Bosquet, il était dit : « Que chacun se souvienne que, pour les troupes françaises, la difticullé n'est pas de battre l'ennemi, quand on est arrive- a sa portée, mais bien dans ^ les fatigues des longues marches, qui précèdent le combat. Le modèle du soldat est celui qui sait se ménager et supporter gaiement la misère pour attendre le jour de fête, tant désiré, la Bataille ».
(21 Ouvrage cité, p. 53. *
(3) Vont Kriege. Skizzen /um VII Buch-Kapitei ai. ^
Forfeldxofie i); ne lui sera même pas loisible de rééditer Theureuse manœuvre de décrochage à l'actif des divisions bulgares se repliant de Florina sur les lignes de Kenali (sep. i6).
Le grand et double mérite du général Pranchet d'Esperey fut d'avoir su, d'abord, amener par surprise une puissante masse de choc au point choisi pour produire l'événement (2); d'avoir su, ensuite, ménager l'effort en proportionnant judicieusement, stade par stade, la dépense de force aux résultats à acquérir. — Lui échut en outre, l'heureuse fortune d'être assisté dans l'évolution de sa bataille-manœuvre par un collaborateur, le voïovde Michitch apte « à faire passer intégralement dans l'âme de tons ses soldats son inébranlable volonté de vaincre, tout son enthousiasme et toute sa foi ». Napoléon professe : «une armée n'est rien que par sa tète » et le lieutenant-colonel Foch commente : « l'armée est au chef ce qu'est l'épée
(li Les directives d'avril 17, définissent sur le tront occidental : Vorfeldzone, Gross Kampfzone ei Ruckwaertige Kampfzone.
12) « L'an de la guerre consiste, avec une armée inférieure, a avoir toujours plus de force que son ennemi sur le point qu'on attaque ou sur le point qui est attaqué, mais cet art ne s'apprend m dans les livres, ni par Phabitude ... -Précedemmeni no octobre i(,04l. Oyama avait fait sur le (.hilihu une heureuse application du principe de Napoléon; maigre son inferioriié en artillerie, iyi pièces japonaises maîtrisent les 272 canonr russes de Bilderling et de Zaroubaiew.
au soldat; elle né vaut que par l'impulsion qu'il lui imprime (i) ».
En ces héroïques journées, chef et soldats sont animés d'une même volonté, d'un même enthousiasme, d'une même foi. La certitude leur est acquise « qu'un peuple n'est vaincu qu'au moment où il s'avoue vaincu et que, s'il sait renchérir sur les sacrifices consentis par l'adversaire, il finira toujours par obtenir une paix honorable (2)
« Une paix honorable » ne saurait contenter un peuple ayant, par un long martyr, par un absolu consentement à tous les sacrifices, établi ses titres à de complètes et justicières revanches. Une « paix honorable » ne saurait donner satisfaction à des armées victorieuses revendiquant le privilège d'être les immédiates hbératrices de la Patrie.
(i( Le G. d. I. von Gossier a étudié de façon très spéciale, l'influence de la personnalité du chef sur la conduite des opérations, l'ber den Misserfolg Strategischer Opérationen {igii) ; il dissèque Lee, Bazaine et Kouropatkine. Ce dernier est repris par le lieutenant-colonel von Tettau : Kouropatkin und Seine Unterfùhrer (igiS).
(2) Ces lignes ont été écrites en 1890 (Essais de critique militaire, p. 14) par celui qui n'apposait sur des œuvres, entre toutes remarquables, que les simples initiales G. G.
L'Achèvemenl de la Victoire
Le titre donné à la présente monoi^raphie énonce explicitement mon intention de ne pas ébaucher un précis de la campagne serbe de 1918. Aussi, quelques dates, quelques noms de lieux suffiront à composer la légende jointe au croquis indicateur des bonds progressifs vers le Danube, de glorieuses divisions.
A la date du 30 sep., ainsi qu'il a été établi, la situation des armées serbes se présentait comme suit ; d'une part, la II'-" A. borde face à l'est la frontière bulgare en l'espoir de marcher sur Sofia; d'autre part, la I"" A. garnit la ligne Uskub-Kumanovo car Vrh, prête à s'épanouir en direction nord.
C'est effectivement à cette dernière qu'échoit la tâche de reconquérir le territoire national.
Elle pénètre dans la haute vallée de la Morava. Sa gauche, poussée "en pointe, est déjà le 3 oct. à Gilan, mais le centre, pour atteindre Vranja, doit culbuter la 9*^ D. austro-hongroise sous le couvert de laquelle le général Koves s'efforce d'organiser un point ne résistance autour de Niche. Pourtant, les 5, 6 et 7,
au centre du tracé, protubérance très marquée par Dzép, Gradelitza et Leskovatz. — Déjà la 22'' brigade C. quittant Uskùb (4 oct ) avait réussi, par un raid audacieux de plus de 40 ks à travers la montagne, à atteindre le détilé de Katchkanik. s emparant de tous les convois de l'armée allemande (i); elle gagnait ensuite Pristina (10) et Mitrovitza. — Ce même jour du côté est, la cavalerie française se portait par Vlasotintzi sur Pirot, Bela Palanka (12) Kniajevatz (i6) et Zaïetchar, d'où rayonnement vers Negoiin, Kladovo et Milaliovatz.
Le 15, les Serbes réoccupent Niche. Le 15, leur noyau se iixe à Krouchevatz qui servira de charnière à une conversion des deux ailes ; 1 extrême droite couche Zaïetchar (20, 21, 22), la gauche Vitanovac/ De la sorte est amorcée (23) une orricntation plus accusée au nordouest. Le front, d'abord rétréci, se loge entre les deux Morava, puis, élargi, s'épanouit entre la Morava et la Drina. Le 2 novembre la droite récupérait Belgrade, le milieu se fixait à Obrè-
(!) 45 canons, la plus part de gros calibre; de nombreuses mitrailleuses ; plus de 100 camions automobiles, i3 fours de campagne : i3oo voilures et des .parcs de toutes sortes; i3o prisonniets, dont 5 officiers. — A Mitrovitza, main mise sur d'importants dépôts de vivres et un matériel de chemin de fer.
La brigade traverse Nishe le 25, Aleksinac le 29, Popovic le 3 nov. et le n Simendria.
Vers le i*^' nov. changement de température: pluie et, peu après, neige ; tenue loqueteuse en toile kaki, pas de couvertures, chaussure comple-
novatz; la gauche longeait le Drina vers Lechnitza.
Tels étaient les résultats acquis par la I. A. après quarante-cinq jours de combat incessant et Je marches forcées (700 kilomètres). Le ravitaillement avait été très précaire et les soldats nu-pieds ne portaient plus que des uniformes en lambeaux. Pourtant ces héros ne consentent pas à s'arrêter sur la Save, le Danube et le Drina. La guerre ne prendra fin pour eux que le 14 novembre, à Temesvar, Arad, Zabreb, Lioubliana, Dubrovnik, Cattaro, alors que la Yougo-SIavie toute entière aura été libérée.
Pour diverses raisons (la ditîiculté du ravitaillement en est une). Le G. Q. G. Serbe (Vrhonva Komanda) avait cru devoir retenir la IL A. en Vieille-Serbie. Elle sera dirigée, courant octobre, vers la frontière de Bosnie par Mitrovitza, Novi Bazar, et Sienitza d'où une colonne portée sur Plévlié, une autre sur Priboï (r' nov.).
lement usée. — 5oogr. de pain, une demi ration de sucre et de café. - La cavalerie ne put rien toucher du 23 sep. au 6 nov. Les clous indispensable à la ferrure des chevaux étaient portés par avions !
Période des plus dures.... mais magnifique moral; tous veulent arriver au but: hélas ! trop nombreux ceux auxquels ne fut pas octroyée cette suprême et hère satisfaction, due a leurs prodigieuses vertus !
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