SCÈNE XIII
TRENCK, KERNER.
TRENCK, so levant. W\ v ^'
Allons, décidément, je vais savoir si c’est ma bokne étoile ou mon mauvais génie qui m’a conduit ici.
Il ouvre la porto de la tonnelle et s’arrête sur le seuil.
KERNER, apercevant Trenck.
Quelqu’un était là ! (Brutalement.) Qui êtes-vous ? que fai siez-vous là? vous écoutiez... vous avez entendu?
TRENCK
Non!... je n’écoutais pas... mais j’ai entendu.
KERNER, avec rage.
Ah ! ’(Se contenant.) Et... connaissez-vous la personne qui était ici?...
TRENCK, gaiement.
Nonl ah ! c’est-à-dire je l’ai rencontrée en arrivant, et j’ai eu l’honneur de me présenter moi-même.
KERNER.
Et moi, savez-vous qui je suis ?
TRENCK
Vous, monsieur... moins encore.
KERNER.
Eh bien ! quand je vous aurai dit mon nom, vous comprendrez que c’est votre mauvaise étoile qui vous a fait surprendre mon secret.
TRENCK, à lui-mênie.
Ah ! c’est ma mauvaise étoile, à ce qu’il paraît.
KERNER.
Car lorsqu’on surprend le secret d’un homme comme moi, on vient au bout de son épée et l’on meurt.
l’OFFICIBR UE FORTUNE
T UE N CK, jouant l’étonnement.
Oh I vous le prenez sur ce ton, quand je venais, en ami, vous donner un bon conseil.
KERNER.
Et lequel ?
TRENCK
Celui de rendre simplement... et poliment les lettres à cette dame.
KERN ER, furieux.
Insolent !
TRENCK
Oh I oh 1 vous voulez donc que je les rende moi-môme ?
KERN ER, tirant son épée.
Viens donc les prendre.
TRENCK
Décidément, monsieur, vous avez un bien mauvais caractère... et je les prendrai.
KERNER.
Sais-tu à qui tu parles? Je suis capitaine des gardes et je m’appelle Kerner.
TRENCK, étonné.
Tiens !
KERNER.
Eh bien ?
Non !... rien.
TRENCK
KERNER.
Et maintenant que tu sais mon nom, je vais te tuer.
TRENCK
C’est-à-dire que vous en avez bien envie. Essayez donc ! KERNER, l’attaquant.
Défends-toi.