‹ L'officier de fortuneChapitre 93 sur 97 · LE ROI, AMÉLIE · texte numérisé non relu

LE ROI, AMÉLIE

LE ROI

Vous ne pouviez douter do mon empressement, ma chère Amélie, car personne plus quo moi no prend souci do vos souffrances, et s’il était en mon pouvoir do les adoucir...

AMÉLIE

Ma santé est à jamais perdue, vous le savez bien. Le bonheur seul, peut-être, aurait pu me la rendre... mais dans la vie, hélas ! il n’y a pas assez de bonheur pour tout le monde et je ne devais pas en avoir ma part. Mais ne parlons plus de moi et permettez quo j’emploie les quelques instants que j’ai encore à vivre, à achever ce que j’ai commencé. Hier, jo croyais que M. do Trenck allait être libre... Tout était prêt pour sa fuite.

LE ROI

Comment ?

AMÉLIE

Ah! rassurez-vous!... J’ai appris, ce matin, que cetto nouvelle tentative avait été découverte... et, à riieuro qu’il est, on doit avoir chargé votre prisonnier do nouvelles chaînes. Rassurez-vous donc! Mais alors, ce matin aussi, mon parti a été pris et j’ai décidé qu’il serait libre. . . Que fallait-il pour cela ? Supprimer l’obstacle qui s’opposait à sa liberté.

LE ROI

Et cet obstacle ?

AMÉLIE

C’est moi. Son seul crime est de m’avoir aimée, de m’aimer encore, et c’est cela que vous ne lui pardonnerez jamais... Ah! comme je suis Gère de lui, car il a eu le courage de supporter toutes les tortures, plutôt que de renier son amour.

LE ROI

N’accusez donc pas ma sévérité, Amélie, mais une passion fatale.

AMÉLIE, vivement.

Fatale, oui! oui!... caron ne choisit pas l’amour, on le subit. Ah ! je ne croyais pas si bien dire, le jour où je prévoyais que tout le danger serait pour lui. Dès que vous avez su que je l’aimais, vous l’avez fait jeter au fond d’un cachot

L’OFFICIE Ii DE FOUTU NE

et charger do chaînes! C’est que vous ne pouviez pas me châtier, moi... Toute la cour en eut cherché et deviné la cause ? Au>si, j’ai toujours été votre sœur bien-aimée ; vous n’avez eu pour moi que des attentions délicates., et, pendant ce temps-là, vous cherchiez à le déshonorer, lui, et à le faire périr sous terre, au fond d’un cachot! Ah! le grand roi! l’excellent frère! Quand il lui était si facile de nous oublier et de nous laisser vivre heureux! Mais non ! l’orgueil royal se révoltait à cette pensée... Naissance oblige! Ah ! tu es née sur les marches d’un trône, pauvre femme! Eh bien, expie ta naissance, souffre et meurs!

LE ROI

L’exaltation vous rend injuste.. Je vous ai proposé, plusieurs fois, de faire grâce... justice, et c’est vous qui n’avez pas voulu.

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