‹ L'oiseau blesséChapitre 119 sur 136 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

JEANNINE

Oui, ces jours-ci, et c'est à ce sujet que nous sommes venus te parler, Bombel et moi. Connais-tu Lambrède?

YVONNE

Non.

JEANNINE

C'est un type très connu, pourtant. C'est lui qui a organisé les plus belles tournées, dans le monde entier, tu sais... Eh bien, Lambrède t'a entendue à ta dernière soirée... Il te trouve l'étoffe d'une artiste épatante. Il nous a dit, à Bombel et à moi : « Si elle travaillait, cette petite, elle irait très loin. Elle devrait partir avec nous; on remmènerait un peu partout, on lui ferait jouer des tas de rôles, on la préparerait pour Paris et l'hiver prochain, on la lancerait... » Voilà ce qu'il a dit, Lambrède, et moi, à ta place, je n'hésiterais pas. Tu ne trouveras jamais mieux que lui, comme professeur. J'ajoute — c'est l'essentiel — que tu ne serais pas obligée de

tromper Salvière. Lambrède n'y tient pas. C'est un artiste.

YVONNE

Merci, Jeannine, d'avoir pensé à moi et d'avoir pensé à tout. Je ne dis p*as non... Il faudra voir.

JEANNINE

Voilà tout ce que j'avais à te raconter. Maintenant, je m'en vais, j'ai des tas de courses à faire.

BOMBEL

Et moi, il faut que je passe au journal avant midi. Et puis, il faut que je voie Salvière... (A Yvonne.) Au fait, vous n'avez rien à lui faire dire, à Salvière? Je vais chez lui, de ce pas.

YVONNE, réfléchissant.

Si!... Vous seriez bien gentil de lui demander si je pourrais le voir cet après-midi ou même ce matin... Il comprendra pourquoi.

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