‹ L'oiseau blesséChapitre 121 sur 136 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ROLAND, l'embrassant.

Mais si !

YVONNE

Maman vient de m'apprendre ta résolution, Roland. Je suis très étonnée que tu ne m'aies pas consultée. Ça me fait beaucoup de chagrin. Pourquoi ne veux-tu plus demeurer avec nous?

ROLAND

Je suis revenu précisément ce matin pour te le dire, Yvonne.

YVONNE

Ah!

Tu ne devines pas un peu ?

YVONNE

Non.

ROLAND

Je suis très gêné, Yvonne, car c'est un sujet bien délicat entre frère et sœur. Mais

nos deux existences ont été si intimes et si mêlées, tu m'as montré tant de confiance à certaines heures presque tragiques de ta vie, et moi, à ces moments-là, je t'ai montré tant d'affection, que je puise dans ces souvenirs le courage de cette conversation.

YVONNE

Mon petit Roland, mon petit Roland, comme tu as l'air ému !

ROLAND

Je suis très ému.

YVONNE

Va ! nous nous aimons trop pour nous dire jamais quoi que ce soit de méchant. Alors, tu peux me parler, ne te gêne pas. Ne nous considérons pas, si tu veux, comme un frère et une sœur, mais comme deux frères, ou deux sœurs.

ROLAND, un léger temps.

Yvonne, j'ai vu madame Salvière hier soir.

Page 1