‹ L'oiseau blesséChapitre 25 sur 136 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SALV1ÈRE, ému.

Oui... oui...

YVONNE

Je vous raconte ça parce que je ne veux pas que vous ayez de moi une mauvaise opinion... Et vous savez que le mariage, il me l'avait promis cent fois, il me l'avait promis dès le premier jour... Il était mon fiancé, il m'avait fait Ja cour, il avait demandé ma main à ma mère, car je suis d'aussi bonne famille que lui, et je suis aussi bien élevée que lui... J'ai l'air comme ça un peu libre, parce que mon père est mort quand nous étions très jeunes et que maman nous a laissé faire un peu ce que nous voulions... Mais cela n'empêche pas d'être une honnête fille... Jamais, avant Georges, un garçon ne m'avait dit un mot que ma mère n'aurait pas pu entendre... Lui, je l'ai aimé tout de suite... et je me suis donnée à lui sans çrainte, comme si j'étais déjà sa femme... Yoilà ma petite histoire, monsieur, je ne vous la raconte pas très bien, mais je vous jure que je vous dis la vérité. Et, main-

tenant, soyez franc, quelle opinion avez-vous de moi?

SALV1ÈRE

Je pense, mademoiselle Yvonne, que vous êtes une personne pleine de cœur et de la plus jolie fierté; que l'homme qui vous abandonne est un pitoyable égoïste qui ne vous méritait pas et que vous aurez un jour votre revanche.

YVONNE

Et madame Salvière, est-ce qu'elle est de cet avis-là?

N'en doutez pas, et elle aura bientôt, comme moi, une très vive sympathie pour vous.

YVONNE

Elle est bien belle... et puis elle a une figure distinguée... Elle va admirablement avec vous : vous faites un beau ménage... Vous devez être heureux tous les deux?

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