ACTE DEUXIÈME
qu'il y a quelque chose... Confiez-vous à moi !... Je suis votre ami.
MADELEINE, touchant le bras de Villerat, changeant de ton.
Eh bien! Voulez-vous que je vous la dise, la vraie raison de son refus, ou plutôt voulezvous que je VOUS la montre? (Le faisant retourner vers le fond.) Tenez, regardez! C'est cette petite femme qui est là près de lui et dont il cherche à frôler la main!
VILLERAT
Allons donc! cette petite actrice? Vous plaisantez !
3IADELEIÎNE
Elle n'est pas encore sa maîtresse, j'en suis convaincue, j'en suis même sûre! Mais vous voyez l'influence qu'elle a déjà sur lui! Allez, celle-là, c'est l'ennemie! la vraie! celle que toute femme trop heureuse finit toujours par rencontrer dans sa vie !
VILLERAT
C'est possible, mais je connais mon amie Madeleine... et personne ne lui résistera... C'est une victorieuse. Raymond sera ambassadeur demain matin.
MADELEINE
Jusqu'à présent, oui, j'ai été la plus forte. Mais, je peux vous le dire, à vous qui êtes mon ami et devant qui je n'ai pas besoin d'être orgueilleuse, cette fois-ci je me sens menacée. Je suis plus belle qu'elle, peut-être, mais c'est une créature d'une autre classe que moi... Elle est plus nerveuse et plus âpre... enfin, elle a dans les yeux et dans le sang quelque chose que je n'ai pas... et par quoi elle peut me vaincre.
VILLERAT
Je Fen défie !
MADELEINE
N'importe, nous verrons. Je ne suis pas de