‹ L'oiseau blesséChapitre 8 sur 136 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

était à Paris... j'en étais sûre... Il habite chez son cousin, un monsieur dont il me parlait tout le temps, Monsieur Raymond Salvière. Il paraît que c'est un homme célèbre...

ROLAND

Oh ! Je le connais de nom. . . Alors, qu'est-ce qui s'est passé?

YVONNE

D'abord... tu penses qu'il a été étonné de me voir! Il me croyait encore à Nantes, en train de l'attendre... Il voulait me demander des explications... Je l'ai arrêté... «Des explications, c'est à toi de m'en donner... Parle, je t'écoute... Je ne sortirai pas d'ici avant de savoir à quoi m'en tenir... et pourquoi tu as inventé cette histoire de voyage... » Il a compris que je ne plaisantais pas... Et alors, il s'est mis à me raconter des mensonges sur ses parents, sur leur position, sur son avenir... Il rougissait, il n'osait pas me regarder en face. Je sentais qu'il cherchait ses mots pour me dire quelque chose... Puis, il a commence à

balbutier une proposition d'argent... Alors, à mon tour, j'ai compris, je l'ai regardé dans les yeux, je lui ai mis la main sur l'épaule, comme ça, et je lui ai dit : « Tu te maries, tu es un lâche. Adieu. »

ROLAND

Ce n'est pas possible!... Ce n'est pas possible!... Ce serait abominable!

YVONNE

Il a été forcé de me l'avouer...

ROLAND

Ma pauvre chérie... ma pauvre chérie...

Mais quel gredin!... Il va avoir affaire à moi, j e t'en donne ma parole ! . . .

YVONNE

Non, laisse-le tranquille pour le moment... J'ai besoin de réfléchir... et surtout de me reposer... Je n'en peux plus... (Elle tombe sur une chaise.) Je suis revenue à pied, figure-toi...

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