‹ L'oiseau blesséChapitre 93 sur 136 · S AL VI ÈRE · texte numérisé non relu

S AL VI ÈRE

Elle ne m'a pas laissé le choix.

VILLERAT

Elle ne t'aime pas?

SALVIÈRE

Elle ne s'est pas encore préoccupée de ce détail.

VILLE RAT

Est-ce qu'elle te trompe?

SALYIÈRE

Pas même. Elle s'amuse, elle est enchantée de la vie, elle est 1res gentille. Elle ne me fait souffrir que lorsqu'elle ne peut pas faire autrement, et elle ne reste avec moi que parce que je ne lui dis pas de s'en aller. Car le jour où je lui déclarerais que notre liaison est terminée, et que j'en ai assez, elle disparaîtrait tout de suite, le sourire sur les lèvres, sans l'ombre d'un regret, et elle passerait à un autre exercice. Aussi, est-il probable que je ne lui dirai pas avant longtemps.

V1LLERAT

Et ta femme?

SALVIÈRE '

Eh bien?

VILLEUAT

Tu ne l'aimes donc plus ?

SALVIÈRE

Si je ne l'aimais plus, ce serait trop simple. Mais ma tendresse pour elle ne s'est ni transformée ni amoindrie... J'aurais horreur que ma folie lui coûtât une larme!... C'est comme une maladie que je fais à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive... Il me faut lui cacher mon inquiétude, mes rechutes, mes frissons de fièvre... C'est très dur, quelquefois, très dur... Tu vois, mon bon ami, que je suis dans un triste état et que, pour peu que cela dure encore quelques semaines, je ne serai môme plus capable d'être ambassadeur.

VILLERAT

Ne crois pas ça. Bref, résumons-nous...

Tu as vingt-quatre heures pour te décider...

SALVIÈRE

Oui... oui... je réfléchirai... Merci... Je te rendrai réponse ce soir...

VILLERAT

Définitivement, n'est-ce pas ?

(Entre Madeleine.

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