‹ L'oiseau bleu, féerie en cinq actes et dix tableaux. Réprésentée pour la première fois, sur le Théatre Artistique de Moscou, le 30 Septembre 1908Chapitre 10 sur 105 · ACTE PREMIER, PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER, PREMIER TABLEAU

Ah

TYLTYL

Oui; quand on a le chapeau sur la tête, on tourne un peu le diamant: de droite à gauche, par exemple, tiens, comme ceci, vois-tu?... Il appuie alors sur une bosse de la tête que personne ne connaît, et qui ouvre les yeux...

TYLTYL

Ça ne fait pas de mal?...

LA FÉE

Au contraire, il est fée... On voit à l'instant même ce qu'il y a dans les choses ; l'âme du pain, du vin, du poivre, par exemple...

MYTYL

Est-ce qu'on voit aussi Pâme du sucre?...

la fée, subitement fâchée.

Cela va sans dire!... Je n'aime pas les questions inutiles... L'âme du sucre n'est pas plus intéressante que celle du poivre... Voilà, je vous donne ce que j'ai pour vous aider dans la recherche de l'Oiseau-Bleu... Je sais bien que l'Anneau-qui-rend-invisible ou le Tapis-Volant vous seraient plus utiles... Mais j'ai perdu la clef de l'armoire où je les ai serrée... Ah! j'allais oublier... [Montrant le diamant.) Quand on le tient ainsi, tri vois... un petit tour de plus, on revoit le passé... Encore un petit tour, et l'on voit l'avenir... C'est curieux et pratique et ça ne fait pas de bruit...

TYLTYL

Papa me le prendra...

Il ne le verra pas ; personne ne peut le voir tant qu'il est sur ta tête... Veux-tu l'essayer?... Elle coiffe Tyltyl du petit chapeau vert.) A présent, tourne le diamant... Un tour et puis après...

(A peine Tyltyl a-f-il tourné le diamant, qu'un changement soudain et 'prodigieux s'opère en toutes choses. La vieille fée est tout à coup une belle princesse merveilleuse ; les cailloux dont sont bâtis les murs de la cabane s'illuminent, bleuissent comme des saphirs, deviennent transparents, scintillent, éblouissent à Végal des pierres les plus précieuses. Le pauvre mobilier s'anime et resplendit; la table de bois blanc s'affirme aussi grave, aussi noble qu'une table de marbre, le cadraa de Vhorhge cligne de Vceil et sourit avec aménité, tan lis que la porte derlent le balanci >uvre

et / qui, se tenant

les moins et riant aux éclats se limitent ii dq aux sons d'une musique délicieuse, effarement légitime de Tyltyl qui s'écrie en montrant les lieu,

TYLTYL

Qu'est-ce que c'est que tout slles dames

LA FÉE

N'aie pas peur; ce sont les heures de ta vie qui son heureuses d'être libres et visibles un instant...

Page 1