ACTE QUATRIEME, SEPTIÈME TABLEAU 113 TYLTYL
C'est Ébn, tu ne les verras pas, tu fermeras les yeux...
myïyl, s' accrochant aux vêtements de Tyltyl.
Tyltyl, je ne peux pas!... Non, ce n'est pas possible!... Ils vont sortir de terre ! . . .
Ne tremble pas ainsi... Ils ne sortiront qu'un moment...
MYTYL
Mais tu trembles aussi, toi!... Ils seront effrayants!...
TYLTYL
Il est temps, l'heure passe...
(Tyltyl tourne le diamant. Une terrifiante minute de silence et d'immobilité', après quoi, lentement, les croix chancellent, les tertres s' entr ouvrent, les dalles se soulèvent.)
mytyl, se blottissant contre Tyltyl.
Ils sortent!... Ils sont là!...
(Alors, de toutes les tombes béantes monte graduellement une floraison d'abord grêle et timide comme une vapeur d'eau, puis blanche et virginale et de plus en plus touffue, de plus en plus haute, surabondante et merveilleuse, qui peu à peu, irrésistiblement, envahissant toutes choses, transforme le cimetière en une sorte de jardin féerique et nuptial, sur lequel ne tardent pas à
se lever les premiers rayons de V aube. La scintille, les fleurs s'épanouissent, le vent murmure dans 1rs feuilles, les abeilles bourdonnent, les oiseaux s'éveillent et inondent l'espace des premières ivresses de leurs hymnes au soleil et à la vie. Stupéfaits, éblouis, Tyltyl et Mytyl, se tenant par la main, font quelques pas parmi les peurs en cherchant la trace des tombes.)
mytyl, cherchant dans le gazon.
Où sont les morts?...
tyltyl, cherchant de même.
Il n'y a pas de morts...