SCENE IV
MADELEINE, NICA1SE
NICAISE, rentrant avec sa chandelle éteinte
Ah I elle est bien bonne Celle-là! — Mère Madeleine, vous avez votre quittance, serrez-la bien. Voici la mienne, je la mettrai ce soir dan» mon secrétaire, — une malle qui est sous mon lit.
MADELEINE
Que veux-tu dire?
NICAISE
Je veux dire que je suppose que le papa Sorlin ne verra jamais la couleur de l'or dont nous avons couvert son fils.
MADELEINE
Tu es fou !
NICAISE
Oh! que non; je l'observais, le boudiné, sous le prétexte de l'éclairer; Il relevait de temps en temps la tête en me disant : Merci, ne vous dérangez pas, du ton gracieux dont on dirait : Va-t'en donc bien vite, animal. Moi qui voyais son petit manège, j'ai soufflé la chandelle, et n'en ai que mieux guetté. — Ce n'est pas ma faute, je suis né curieux! — 11 descendait toujours, il a passé doucement, bien doucement devant la porte de son père, puis il s'est mis à marcher sur ses pointes. J'entendais craquer ses chevreaux. Il aurait bien voulu
savoir descendre comme moi, par la rampe, mais bernique! Enfin, avec mille précautions, il a gagné l'allée, la porte s'est ouverte sans bruit et refermée de môme, et l'oiseau est maintenant envolé avec les écus. — Train direct pour Glairvaux, première station.
MADELEINE
Tu rêves, ce jeune homme est peut-être sorti ainsi pour quelque peccadille innocente. Au reste, cela ne nous regarde pas.
NICAISE
Que voulez-vous? je n'ai pas confiance en ce particulier-là, moi !
• MADELEINE
Ah ! voici Jean !