SCÈNE Vil
JEAN
Nous causerons de cela plus tard!... Ah! j'en sais long sur vousf... pour le moment, écoutez ce qui va ce passer... (Se tournant vers Fallot.) A toi, Fallot.
FALLOT, entrant dans le bureau
Monsieur Pellegrin, depuis quatre années, j'ai laissé mes économies entre vos mains; elles se montent à seize eent cinquante francs.
PELLEGRIN, très abattu
Cet argent ne m'appartient pas. Il est là... — Je vais vous le rendre...
JEAN
A toi, Guimard.
GUIMARD
Monsieur Pellegrin, — je vous parle au nom de tous les ouvriers de l'usine. — Vous êtes un bon patron... Eh bien, pour vous prouver que l'ouvrier a quelque chose là... nous vous déclarons que nous sommes tous prêts à continuer de travailler pendant que vous débrouillerez vos affaires, pour que l'usine ne ferme pas.
PELLEGRIN
Mes braves amis!... (I) va vers les ouvriers et leur serre les mains.) Ah! il faut sur terre des cœurs comme ceux-l$ pour faire oublier ceux de l'autre espèce..» (Il regarde Sorlin.) Mais ce iniséraj)le ne s'en ira donc pas?...
SORLIN
Je suis prêt.
JEAN
Pardon 1 un mot encore 1 — Nous nous portons tous créanciers de M. Pellegrin!... Car nous savons que dan? une faillite si Ton fait une majorité avec les sommes, on a quelque égard aussi pour la majorité des voix. — Or (A Pellegrin), vous n'avez qu'un seul ennemi parmi vos créanciers (Désignant Sorlin), celuilà... plus uouB serons d'amis, mieux cela vaudra.
PELLEGRIN
Braves cœurs !... (Il entre dans le bureau, entouré de ses ouvriers.)
SORLIN, à Jean
Et voilà ce que vous appelez de la probité!...
JEAN
A notre façon, oui ! . .. C'est pas la vôtre, hein?,..
SORLIN
Ah! non!-... (A l'huissier.) Suivez-moi, Bourdonneau!... J'ai ma conscience pour moi !... C'est tout ce
qu'il me faut. (Il sort suivi de l'huissier.)