SCÈNE I
GEORGETTE, dans la ruelle Avec tout cela, nous ne l'avons pas vu.
MARTHE
C'est ennuyeux.
GEORGETTE
Une idée!... Si nous allions sur le chemin de la maison de santé. . .
MARTHE
Au fait, c'est vrai, puisqu'il n'est pas encore là.
GEORGETTE
Allons. (Elles sortent par le fond à droite.) JEAN, dans le jardin, il sort de l'habitation soutenant Angèle
Venez, mademoiselle, venez respirer un peu... Le grand air vous fera du bien!...
ANGÈLE, se laissant tomber sur le bano Mon père!... mon pauvre père!...
JEAN
Nous allons le voir... Le docteur Lewis va l'amener. Il n'a pas voulu vous faire entrer dans sa vilaine maison de santé où Ton soigne si bien ceux qui souffrent, cependant, mais dont l'aspect serre le cœur et glace d'épouvante.
ANGÈLE
Et c'est là que mon père est enfermé?
JEAN
Enfermé?... Non pas! Libre! Il est libre! Sa folie est douce, in offensive... On le surveille de loin, mais sans entraver ses mouvements !
ANGÈLE
Me reconnaîtra-t-il ?
Tout porte à le croire. D'après ce que dit le docteur, il est en pleine voie de guérison. C'est sa première sortio, et M. Lewis a tenu à ce qu'il vînt ici.,. Il a mis sa petite maison de campagne à votre disposition, ce bon docteur, en me recommandant bien de vous y amener!
ANGÈLE
Voudrait-il tenter une épreuve?
JEAN
Je ne sais, mais tout le fait supposer I
GEORGETTE, dans la ruelle et suivie de Marthe Le voilà!...
MARTHE
Cachons-nous!...
GEORGETTE
Pourquoi ça, puisque c est pour nous instruire? (Le docteur Lewis entre par le fond à droite, donnant le bras à Pel-
legrin.)