‹ L'oiseau fait son nid comedievaudeville en un acteChapitre 8 sur 31 · SCÈNE VL U · texte numérisé non relu

SCÈNE VL U

femme qu’on cherche le logement. Mais pourquoi cherchestu une femme?

CLOVIS

Pour me marier.

FLORESTAN, avec on effroi comique.

Oh ! mon Dieu l

CLOVIS

Floreslan, j’ai assez du célibat, des bonnes amies, et de l’Élysée Montmartre. Je veux formuler un oui éternel... Et, pour cela, je me suis promis de ne rien donner au hasard, j’observe, j’étudie... comme Méphistophélès. je tente des épreuves.

FLORESTAN

Des épreuves à domicile !

CLOVIS

Je fais comme l’oiseau; avant d’asseoir mon nid , je cherche.

Air : du Gagne-Petit. (Henrion.)

Quand l’oiseau prudent, que son instinct guide. Cherche au fond des bois Un arbre de son choix,

Il sait deviner la branche solide Oh le nid léger Ne court aucuu danger.

Et ce nid charmant, il le fait lui-méme ;

Il ne le construit Trop grand ni trop petit ,

Avec le duvet, la mousse qu'il aime;

Courageux, content,

11 travaille en chantant :

(imitant le ramage d’un oiseau.)

Piiii ! I

Mais plus d’un orage Est à redouter,

Et, quand on est sage,

11 faut s’abriter

Contre l'enneini, contre l’avalanche ;

Et, dame! en cherchant, si je trouve une branche...

Eh bien ?

FLORESTAN, parlé.

CLOVIS

Petit à petit (Bis 1 J’y ferai mon nid. v ' Je le v<euT petit,

Mais gentil !

Mais l’oiseau, songeant au nid qu’il veut faire. Connaît bien déjà Celle qui s’y plaira.

Moi, de mes enfants Je cherche la mère,

En déménageant Cinq ou six fois par an.

Je cherche déjà le nid pour la femme,

. Sans m’être muni D’un’ femm’ pour le nid ;

Roucoulant partout, sur la même gamme,

Cet amoureux chant x Que l’oiseau nous apprend «

(Mémo jeu que précédemment.)

Piiiï! !

Mais plus d’un orage Est à redouter ;

Au sein d’un ménage.

Il faut s’abriter

Contre cent rivaux que l’amour enflamme ;

Bien choisir sa branche et bien choisir sa femme...

FLORESTAN, parlé.

Surtout!...

CLOVIS

Petit à petit;

Je ferai mon nid.

Je le veux petit, Mais gentil!

FLORESTAN

Mais tu es fou, ma parole d’honneur ! faut-il se donner tant de peine pour connaître les femmes? AhI grand Dieu ! je n’y mets pas tant de malice, moi, et je ne me trompe jamais, j’ai un regard d’aigle... rien qu’à la manière dont une femme examine, ou touche une étoffe, je dis : « Toi, tu n’es qu’une cocotte 1 » On ne me trompe pas, j’ai un regard d’aigle !

CLOVIS

C’est possible; mais chacun ses idées.

FLORESTAN

Veux-tu que je te dise? Tu te feras dindonner comme un nigaud.

CLOVIS, soupirant.

Ah I la femme que je cherche, je l’avais trouvée peutêtre !

* Clovis, Florestan,

Page 1