‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 19 sur 82 · LA MADONE · texte numérisé non relu

LA MADONE

Pour Catulle Mendès,

La Madone espagnole est haineuse et mauvaise. Effroi de Thérétique et chère au torero, Elle a pour l'estrapade et les jeux de taureau L'Âpre et féroce amour d'une fille Malaise.

Reine d'auto-da-fé, sa chapelle est fournaise : Couronne de clinquant au front, étroit fourreau De satin jaune au corps ; auprès un hrasero Rouge, et des grenadiers aux larges fleurs de braise

Et l'encens et les fleurs dans l'ombre illuminée Empoisonnent; l'autel, où, flamboyant décor, Les cierges allumés font autant de points d'or,

Terrifie; et, de craie et d'ocre enluminée, La Madone sourit aux vœux du Picador De son rire effrayant de femme assassinée.

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