LA MADONE
Pour Catulle Mendès,
La Madone espagnole est haineuse et mauvaise. Effroi de Thérétique et chère au torero, Elle a pour l'estrapade et les jeux de taureau L'Âpre et féroce amour d'une fille Malaise.
Reine d'auto-da-fé, sa chapelle est fournaise : Couronne de clinquant au front, étroit fourreau De satin jaune au corps ; auprès un hrasero Rouge, et des grenadiers aux larges fleurs de braise
Et l'encens et les fleurs dans l'ombre illuminée Empoisonnent; l'autel, où, flamboyant décor, Les cierges allumés font autant de points d'or,
Terrifie; et, de craie et d'ocre enluminée, La Madone sourit aux vœux du Picador De son rire effrayant de femme assassinée.