‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 25 sur 82 · NARCISSUS · texte numérisé non relu

NARCISSUS

I^i les douces langueurs des flûtes et des lyres, Ni les parfums mourants des vagues encensoirs £o cadence envolés dans le calme des soirs, Ni les bras frais et nus ni les savants sourires

Ke peuvent rallumer le feu des vains espoirs En mon cœur et, lassé d'amours et de délires Factices, blond éphèbe effroi des hétaïres Jalouses, j'ai posé mon front dans les lys noirs.

Et les lys vénéneux, fleurs d'ombre et de ténèbres, Sur ma tempe entr'ouvrant leurs calices funèbres, U'oiit appris mon infâme et chaste déshonneur;

Et, descendu vivant dans Thorreur de mon être,

J'ai savouré Tétrange et suave bonheur

De pouvoir me haïr, ayant pu me connaître.

l'ohbbe abdekte 57

LILITHE

Au-dessus des pics noirs et des rouges abtmes,

Fantôme errant et bléme exhalé par l'enfer.

Une femme, l'œil vide el le profil amer, •..

Les pieds raidis et froids, va rôdant par les cîmes.

Calme, attentive au râle étranglé des victimes, Au fond du gouffre en feu roulant comme une mer, Elle incline son crâne, où saigne un clou de fer, Et vers les mornes ciels dressant ses bi'as sublimes :

« Dieu, je bénis mon crime et ma stérilité, Moi qui, prédestinée à peupler la Géhenne Du sang de mon amour et des feux de ta haine,

Ai préféré Satan a cette impiété )

.Je n'ai damné que moi, moi, la femme maudite,

Eve a damné ses fils, l'Homme absoudra Lilithe ! »

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L*OMBBB ABDENTE

LMIESPÉRIDE

Dans l'Ile fée, au pied de Tarbre aux pommes d*or Où gronde en sommeillant le dragon léthargique, Le bouclier au coude et le casque magique Aux tempes, THe^péride aux longs crins veille encor

Au-dessus des dieux grecs engloutis dans la mort^ Suprême legs offert au regret nostalgique Des âmes, le beau groupe impassible et tragique Surnage hors du gouffre, où l'Olympe s*endort.

Et, charmante, entrevue, auguste et solennelle, Debout, la lance au poing, dans là lividité Des horizons des mers et leur brume étemelle,

L'Hespéride apparaît comme la sentinelle De nos songes de gloire et du monde enchanté. Que son grand casque d'or abrite de son aile.

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L'OVBRE ARDENTE 59

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