‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 71 sur 82 · NARCISSE · texte numérisé non relu

NARCISSE

Auprès d un clair ruisseau tout fleuri d'asphodèles, Narcisse, le beau pâtre au front ceint de pavots, Dont le nom fait rêver les jeunes immortelles, Narcisse est là, couché, sans force et les yeux clos.

Sont front bléme et trop lourd pour son épaule grêle Penche dans Therbe haute et baigne dans les flots. Un désir vide et fou brûle dans sa prunelle Et sa lèvre béante épuise des sanglots.

<( Je t*aime et tu me fuis... je t'aime, ô viens^ Narcisse. »

Il dit. Une sueur inonde son front lisse,

Tout son beau corps s'allonge au travers des ruisseaux,

Sa chair vibre... et, le front sous les larges calices ' Des iris d'eau, Tœil vague, épuisé de délices, L'éphèbe inassouvi meurt au pied des roseaux.

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L*OMBRE D*OR

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