L’ETANG
L’etang aux lotus bleus dont le calme miroir Illumine le corps marmoreen des cygnes,
Ne t’evoque-t-il pas ces printemps ou le soir Se soumet, en sa grace, au caprice des lignes ?
TJn artiste divin en passant l’a sculpte Pour t’amener sans doute a la raison du sage Qui trouve dans la paix la chaste volupte,
Et sur l’etang du reve incline son visage.
C’est sur ses bords fleuris, ne t’en souviens-tu pas, Clue, chaque jour, jadis, tu dirigeais tes pas,
Et que tu partageais sa longue somnolence.
C’est en le contemplant immuable a jamais,
Que tu vins a comprendre en ton coeur, desormais, Toute la profondeur mystique du Silence.