‹ L'ombre dorée; dames de jadis et d'antan; les exilés; effigies pour la stèleChapitre 6 sur 16 · SCENE II LES MÊMES — COLOMBINE · texte numérisé non relu

SCENE II LES MÊMES — COLOMBINE

colombine, défaillant presque de fatigue.

Un banc...

Je n'en peux plus. Vraiment, est-ce chose reçue D'errer jusqu'à l'aurore en un parc sans issue? Vous suivrai-je plus loin ? En aurai-je le cœur? Je chancelle, j'ai froid, j'ai faim. Et puis, j'ai peur, Peur de tout, de la nuit, des pierres où je bute, De ce parc étranger, sans violon ni flûte, Où l'on ne voit nul couple enlacé s'attarder, Où la lune elle-même hésite à nous guider. Une escapade, ça? Non : c'est une déroute. Je ne m'y risque plus, amis. Je reste en route. Dût-on mourir ici, je ne fais plus un pas. Partez sans moi.

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SCAPIN

Jamais ! Nous ne te quittons pas.

Revoir sans toi la Fiance et Paris, qui peut-être Ne sauraient pas, si tu manquais, nous reconnaître ? Jamais ! Dans notre troupe, après ce long exil, Il n'y a plus de jeune encor que ton profil, Ta grâce, ton parfum, ta jupe provocante Qui, cherchant un suiveur, en trouveraient cinquante. Si nous devons rentrer à Paris, un matin, C'est que tes hauts talons, ton froufrou de satin Nous auront ralliés aux instants difficiles... Sans toi, mais nous serions, ma chère, des fossiles !

colombine, caressant de son éventail la statue de Mercure.

Scapin parle assez bien, n'est-ce pas? Qu'en dis-tu Hein, la statue ? Est-il plus galant impromptu ? Des propos de ce ton, ici, c'est chose rare. Mais, au fait, es-tu bien d'ici, toi, le Carrare ? Non. D'un galbe pareil ils n'ont pas le secret. C'est un ciseau français qui t'a sculpté ?

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