‹ L'onanisme; ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbationChapitre 6 sur 23 · LIEN · texte numérisé non relu

LIEN

devait pas ajouter une entiére créance aux faits de la collection anglaise, el que cette raison, quelques. calomnies, des. obscénités et la supposition d'un privilége impérial, avaient fait prohiber la traduction allemande dans l'empire. Ges motifs m'auraient. déterminé à supprimer tout ce que J'ai tiré de cet pori m mais quelques considérations m'ont engagé à le conserver sous la modification de cet avis, La premiere est que quelques-unes de ces raisons ne regardent que! 'édition allemande. La seconde, que, quoiqu'il paisse s'y trouver: quelques faits supposés, ct que quelques-uns paraissent méme porter ce caractère, il est cependant prouvé que le plus grand nombre n'est que Lrop vrai. Enfin, une troisième considération qui m'a décidé, c'est ce que je trouve dans la même lettre de STEHELIN. J'ai recu, dit.il, une lettre de Horrwmanx de Maestricht, dans laquelle il me marque avoir vu un masturbateur qui s'était déjà attiré une consomption dorsale, qu'il traita sans succès, ct qui fut

uéri par l ONANIA; dont le docteur Brrkens , à Donde, doit être l'es et si bien guéri, qu ul est redevenu gros et gras, et qu'il a quatre enfants.

L’Oxawra anglais est un vrai chaos, l'ouvrage le plus iudigeste qui se soit écrit depuis long- -temps. | On ne peut lire que les observations, toutes les réflexions de l'auteur ne sont que des trivialités théologiques et morales. Je ne irerai de tout cet ouvrage, qui est assez long, qu'un tableau des accidents les plus ordinaires dontlés mialadss se plaignent: la vivacité , l'exp: ession énergique de la douleur ^t du repentir qui se trouvent dans un pe-

tit nombre de lettres et qui ne peuvent. point se. trouver dans l'extrait , ne doivent pas affaiblir l'impressi n d'horreur que leur lecture i inspire, parce que celle impression dépend des faits; et les lecteurs in'auront l'obligation de leur épargner la leciure d'un bien plus grand nombre d'autres lettres sans tour et sans style. Je rangerai sous six chefs les maux dont se plaignent les malades anglais , en. commençant par les plus fâcheux, ceux de l'âme.

1° Toutes les faculiés irllecmelles s'affaiblissent, la mémoire se perd, les idées s'obscurcissent, les malades tombent méme quelquefois dans une légère démence; ils ont sans cesse une espèce d'inquiétude intérieure , une angoisse continuelle, un reprocbe de leur conscience si vif, qu'ils versent souvent des larmes. [ls sont sujets à des verliges; tous leurs sens, mais surtout la vue et l'ouie s'affaiblissent; leur sommeil, «s'ils peuvent dormir, est troublé par des rêves Ro

2° Les forces du corps manquent entièrement, l'accroissement de ceux qui se livrent à ces abomipations , avant qu'il soit fini, est considérablement dérangé. Les uns ne dorment point du tout; les autres sont dans un assoupissement presque continuel. Presque tous deviennent hypocondriaques ou hystériques, et sont accablés de tous les accidents qui accompagnent ces fácheuses maladies: tristesse, soupirs, larmes, palpitations, suffocations, défaillances. L'on en a vu cracher des matières calcaires. La toux, la fièvre lente, la consomption sont les chátiments que d'autres trouvent dans leurs propres crimes.

3 Les douleurs les plus vives sont un aulre ob.

| L'ONANISME. 39 jet des plaintes des malades; l'un se plaint de la téle, l'autre d: la poitrine, de l'estomac, des intestins, de douleurs de rhumatismes extérieurs, quelquefois d'un engourdissement doulonreux dans toutes les parties de leur corps, dés qu'on les comprime ie plus légèrement, 4° L'on veit non-seulement des boutons au visage, c'est un sympióme des plus communs, mais méme de vraies pustules suppurantes sur le visage, dans le nez, sur la poitrine, sur les cuisses, des démangeaisons cruelles de ces mémes parties. Un des malades se plaignait méme d'excroissances charnues sur le front (1). | 5° Les organes de la génération éprouvent aussi leur part des raisères dont ils soni la cause première. Plusieurs ralades deviennent incapables d'érection; chez d'autres, la liqueur séminale se répand” au moment du plus léger bruit et de la plus faible érection, ou dans les efforts qu'ils font pour aller à la selle. Un grand nombre est attaqué d'une gonorrhée habituelle, qui abat entièrement les forces, et dont la matiére ressemble souvent, ou à

(1) À tous les indices qui affligent déjà les regards, viennent se joindre des boutons purulens, qui couvrent le visage, et se répandent sur tout le corps. L'excitation du cœur , l'activité accé-- . lérée du mouvement musculaire font arriver à la peau plus de sang que de coutume ; elle s'échauffe , se colore, transpire abon-damment ; mais quand le calme a remplacé l'excitation coupable, la force transpiratoire diminue , la peau pâlit , elle reste plus im pressionnable. Si le froid vient alors la saisir, elle ne réagit pas suffisamment, et laisse échapper de nombreux foyers de flegmasie. De là viennent ces hideux boutons, ces pustules rougeátres, couronnées à leur sommet par une vésicule qui se crève et sa . enouvelle ; car une fois que l'irritation s'est établie quelque part,

elle y persiste. |

‘une sanie fétide, ou à une mucosité sale. D'autres sont tourmentés par des priapismes douloureux, Les dysuries , les stranguries , les ardeurs d'urine, l'affaiblissement de son pu font cruellement souffrir quelques malades. Il y en a qui ont des tumeurs très douloureuses aux testicules, à la verge, à la vessie , au cordon spermatique. Enfin , ou l'im-.possibilité du coit , ou la dépravation de *" liqueur génitale , rendent stériles presque tous ceux qui se son: livrés long-temps à ce crime.

6° Les fonctions des intestins sont quelquefois totalement dérangées, et quelques malades se plaignent de conslipations opiniâtres, d'autres d'hé-, morrhoides ou d'un écoulement de matiére fétide par le fondement. Cette. dernière observation me rappelle le jeune homme dont parle HorrwanN, qui, après chaque masturbation, était attaqué de la diarrhée, nouvelle cause de la rerte de ses forces.

Page 1