‹ L'oncle BaptisteChapitre 22 sur 59 · EMMA, DUPONT, QUENTIN · texte numérisé non relu

EMMA, DUPONT, QUENTIN

QUENTIN, entrant.

Monsieur Dupont!...

DUPONT , l'apercevant.

Ah! monsieur Quentin...

QUENTIN

Pardon... je vous ai fuit attendre... mais j'étais avec un ami que j'ai rencontré ici même... Arthur de Restoul.

DUPONT

Ah 1 vous le connaissez ?

QUENTIN

Comment donc ; nous nous aimions au colléçe comme Oreste et Pylade ! (A part.) Profitons de ce qu'il vient de m'apprendre pour ramener mon affaire sur l'eau. (Haut.) Ce cher Arthur... il était tout triste... et il m'a retenu pour me raconter ses chagrins...

EMMA, vivement.

Des chagrins!...

QUENTIN

Oh ! sérieux... et au fait sa position est embarrassante... je puis vous dire cela à vous qui êtes ie la famille... vous n'en parlerez pas , il ne m'a d'ailleurs nommé personne, le fait est qu'il aime une jeune fille...

EMMA

Ah!...

DUPONT

Une jeune fille?...

QUENTIN

Charmante, dont le père est homme démérite... malheureusement il y a des païens d'une éducation... un peu négligée.

EMMA

Dieu!

QUENTIN

Vous connaissez l'orgueil du baron de Yemcux, son horreur pour tout ce qui sent le peuple "...

DUPONT

Et M. Arthur ne voudrait pas mécontenter son oncle...

QUENTIN

Par la raison qu'une rupture avec lui, ôterait à sa mère l'aisance à laquelle elle est accoutumée, et compromettrait l'établissement de sa sœur qui attend tout du baron. .

DUPONT

Sans doute...

Voilà l'obstacle... le seul , car il ne s'agit pas d'une affaire de naissance , mais de convenance. La jeune fille serait accueillie par le baron luimême, comme elle le mérite... il faudrait seulement que son père consentît à se séparer du reste de la famille.

EMMA

Que dites-vous?...

DUPONT, tout en parlant à Quentin, serre la main de sa fille à la dérobée, comme pour l'empêcher de se trahir.

Ah ! vous pensez que dans ce cas?...

QUENTIN

Tous les obstacles seraient levés. C'est, dit Arthur, un homme supérieur qui peut, en donnant l'essor à son génie, assurer à sa fille un beau nom, une belle fortune, et en outre son bonheur ; car, si mon ami ne s'est pas trompé, il paraît qu'elle l'a distingué.

(Mouvemeut d'Emma, elle s'éloigne et va s'asseoir près du piano.) DUPONT, à part, les yeux fixés sur sa fille. C'est vrai, oh! mon Dieu! son bonheur, sa fortune !

QUENTIN, à part.

Ça le fait réfléchir, c'est ce que je voulais. DUPONT r de même et sans bouger de place. Et la possibilité d'accomplir tous mes projets, d.' lui acquérir un nom qui peut la dédommager de celui que sa mère m'a sacrifié.

QUENTIN, à part.

Ça va bien... j'aurai mes deux cadeaux. (Haut.) Mais pardon, je vous parle la des affaires des autres et j'oublie les miennes... je revenais pour rétablissement de Paris, vous savez?...

DUPONT, regardant sa fille.

Oui...

Vous avez examiné les renseiguemeus?

DUPONT, de même.

Sans doute.

QUENTIN

Eh bien!...

DUPONT, regardant toujours sa fille.

Eh bien ! nous allons en causer... dans mon cabinet.

QUENTIN

Volonlicij...

iï

L'ONCLK BAPTISTE.

DUPONT, a part.

Baptiste et sa femme seraient un obstacle pour tout autre, comme pour M. de Restoul... (Haut, à Quentin, et se tournant vers lui.) Je suis à vous. (Allant à Emma.) A tout à l'heure, Emma... (A demi voix.) et surtout ne désespère pas...

EMMA

Comment ?...

DUPONT

A tout prix je veux que tu sois heureuse... (A Quentin.) Venez... venez...

(Il entre avec lui dans son cabinet à droite.)

COOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSOOOOOOOOOûvJOiOOOOOJOOOOOOO

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