ACTE II, SCENE XVI
QUENTIN
Mais par quel hasard ôtes-vous à Paris?...
LOLOTTE
Tiens... nous venons pour la noce!
QUENTIN, étonné.
Ah!... vous étiez invités?
BAPTISTE, amèrement.
Non, c'est une surprise agréable que nous avons voulu faire à la famille...
QUENTIN
Ah !... (A part.) Elle est jolie la surprise... il y a de quoi faire manquer le mariage de ce pauvre Arthur !
LOLOTTE, avec intentiou, regardant Quentin. , Peut-être que nous avons eu tort? pas vrai monsieur Quentin...
QUENTIN
Qui vous fait croire?...
Parlez franchement, là.... comme un homme... On ne nous attendait pas, hein?...
QUENTIN
Ma foi... puisque vous voulez que je vous dise la vérité, mon brave... je crois que, vu la présence du baron... votre arrivée à dû les... embarrasser !.. .
Et qu'alors ils voudraient...
Se débarrasser...
QUENTIN
Non, mais ils aimeraient mieux vous recevoir dans un autre moment... en petit comité... sans gêne... BAPTISTE, avec eNplosio».
Oui, quand il n'y aura personne !..
LOLOTTE, triomphante.
Là!... qu'est-ce que je te disais!
BAPTISTE, passant près d'elle.
T'avais raison !...*
QUENTIN
Ah ! je vous dis cela, moi , parce que vous me l'avez demandé... et parce qu'ils n'auraient peutêtre pas osé vous le dire eux-mêmes !
Baptiste, concentré.
Si fait... ils me l'ont dit...
QUENTIN
Ah!
BAPTISTE, avec indignation.
Mais pas franchement comme vous... non , mais honteusement... et avec des mensonges... Paul surtout... Oh !... après le refus de tout à l'heure, je ne puis plus douter de rien.
AIR : J'ai vu le Parnasse des dames.
Pour cacher une ingratitude Dont malgré lui-même il rougit, Il a d'un' fauss' inquiétude Troublé tout à l'heur' mon esprit !
Il a voulu m' faire un mystère De l'affront qu'il m' faisait subir !
* Quentin, Baptiste, Lolulte.
ft
Assez vain pour étr' mauvais frère, Mais trop làch' pour en convenir!...
Aussi... c*est fini !... Merci , monsieur Quentin...
merci et adieu... Viens, femme...
LOLOTTE
Ah ! tu t'en vas donc !
Baptiste, avec énergie.
Oui... et pour ne jamais revenir !...
QUENTIN
Comment?...
BAPTISTE , d'un ton entrecoupé.
Vous direz à Paul... à M. Dupont... que je n'ai besoin ni de son argent, ni de son diner... il y a des traiteurs à Paris...
QUENTIN', voulant le retenir.
Mais non...
Baptiste, avec force.
Vous lui direz... que si j'ai pas des mains gantées et de belles paroles sur les lèvres... j'ai làdessous... (Il frappe sur sa poitrine.) quelque chose qu'il n'a pas, lui... (Impétueusement.) Vous lui direz que je lemép... Viens, femme... (Piedevenant maître dé lui-même.) Je vous salue, monsieur Quentin. (Il sort avec Lolotte. )