ACTE II, SCÈNE XX11I
Non, je m'en retournerai ù la Minoterie; je vi- \rai, là, seul avec ma vieille. Personne ne saura que je suis de votre famille, je promets de me taire.
LE BARON, â mi-voix.
Et... vous serez fidèle à cette promesse?...
Comme à mon drapeau !
LE BARON
Mais cet ordre du jour?
Ça sera mon cadeau de noce.
LE BARON, haut.
Eh bien! à ces deux conditions...
BAPTISTE, vivement.
Vous consentez...
LE BARON
Il le faut bien.
BAPTI3TE, haut.
Il consenti... Bravo!... encore une victoire!... \ive l'empereur et roi! (A Emma et à Arthur.) Mes enfans, je vous unis... ( Quentin et Lolotte paraissent au fond.)
EMMA
Se peut-il?
ARTHUR, au baron.
Ah ! mon oncle!
DUPONT, à Baptiste.
Tu veux donc que nous te devions toutes nos joies?
LOLOTTE, à Baptiste.* Comment, c'est toi qui as tout rarrangé?...
J'ai tâché !
QUENTIN, lui prenant la main.
Ah ! ce brave père Baptiste !
EMMA
C'est notre bon génie.
DUPONT
Aussi, j'espère qu'il ne nous quittera plus!
Ah! minute !... Non... faut que je reparte.
DUPONT
Comment?
' Arthur, le baron, Lolotte. Baptiste, Dupont, Emma, Quentin.
J'ai dit mes petites raisons è M. le baron, il les comprend.
LE BARON
En effet, M. Baptiste prend une résolution sensée.
N'est-ce pas?
DUPONT
Mais songe, mon ami...
BAPTISTE, avec un attendrissement croissant. Ça nç nous empêchera pas de penser à vous, au moins. Mais, je ne peux pas rester... vrai. AIR Du Carnaval de Déranger.
De m' corriger vainement je m'efforce, Le naturel résiste à mon désir; On s' bless' toujours à ma grossière écorce, Et j' suis trop vieux pour pouvoir la polir. Mais les défauts vous choqu'nt moins à distance, Vous n'en èl's pas chaque jour averti ; On n' voit plus rien que le cœur dans l'absence, Et vous pourrez m'aimer quand j' s'erai parti.
EMMA, attendrie.
Ah ! mon oncle!
BAPTISTE, vivement ù Emma.
Seulement, toi, lu m'écriras... T'écris bien, petite. (S'attendrissant.) Tu me diras que tu es heureuse... ça me suffira... rt si jamais lu vas à Lyon, à Marseille, quelque part par là , eh bien !... nous serons sur ton chemin, et en passant... le soir... tu viendras embrasser ton vieil oncle... pas vrai?... EMMA, se jetant dans ses bras.
Ah!
BAPTISTE, maîtrisant son émotion.
Bien... bien... Alors, c'est dit; plus de souci et vive la joie!... Tu entends, la vieille? elle viendra... Comme ça, nous vivrons chacun de notre côté, en nous aimant toujours, et sans que l'un gêne l'autre... parce que, comme on dit, faut pas mêler les moutures.
DUPONT
Mais tu nous resteras du moins queloues jours?
Non, je pars demain.
LOLOTTE
Par la diligence du malin.
Ah! minute! parcelle du soir... quand j'aurai salué les cendres.
Paris. — Imprimerie de Bocle et ^oaip., rue Caq^liercn, a. à.
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Pak M. LA.TOTO (be^nt-Ybabs)-