SCÈNE VII
ETIENNE DUFERNAY, seul, haut, les regardant partir. La musique eu province et les fâcheux partout !
Rogardont à sa montre.
Il doit se faire tard,
Écoutant le piano à côte.
et c'est le coup de grâce !
Se flottant les mains.
J'admire la façon dont je me débarrasse, Moi qui, dans le seul but d'éviter le grappin, Venais tomber tout droit de Rousset en Popin ! Un Mentor acharné qui s'escrime à la ronde Pour mettre sa sottise au service du monde, Et qui, tiaînant partout ses loisirs menaçants, Le conseil soiis la gorge arrête les passants!
S'étendaut ^ur un canapé.
Tout compris, tout pesé, c'est piteux la province. Autrefois, à Paris, j'étais gai comme un prince!
Rôvant.
Le bois, les boulevards, vingt théâtres ouverts!... Le journal, au calé, sur les petits baircs verts : Mille choses qu'on voit dans le hasard des foules!...
Tambourinant sur le dos du canapé.
Maintenant... je jardine... et je garde mes poules, Et la pèche à la ligne est mou plus grand souci!...
Se levant.
Et c est ma belle-sœur qui me retient ici,
En me jetant au cou, non sans quelque malice, Quand je veux m*en aller, les jolis bras d*Alice ! Certe, on peut se distraire aux types de l'endroit ; . . Mais, au bout de dix ans, le cadre est trop étroit, Et je suis forcément, dans ces lieux somnifères, Comme un vieil amiral retiré des affaires, Qui suivrait, en songeant aux coui*ses d'autrefois, Sur un baquet plein d'eau, des coquilles de noix ! . . .
Avec mystère et se frappant le front.
Si Léon, cependant, comme il en fait le rêve...
Avec force.
Comme il en a le droit! prend sa femme et l'enlève... Moi, qui ne reste ici que pour cette enfant-là, Qui m'empêche avec eux...
On entend battre des mains.