V. ROUSSET, à Léon
Tu l'entends?. . .
CLARA, à Léon.
Où prends-tu ces belles aptitudes?
Tu n'as donc point assez de (es quinze ans d'études, Que, pouvant vivre en paix, tu veux écrire encor?,..
LÉON, bles&é.
Eh! map^itesœur!...
M. ROUSSET, gravement.
Elle a raison.
CI ARA, joignant les mains.
C'est fort!...
Moi , moi , s'il est permis de parler comme on pense,
Ce que je bénirais comme une récompense.
Ce serait ce bonheur, tant mes tiroirs sont pleins,
De jeter les crayons par*dessus les moulins,
Et de pouvoir marcher, libre, dans la campagne,
Sans l'étemel eiTroi, qui partout m'accompagne,
De rencontrer, peut-être, au détour du chemin.
Quelque joli pensum à copier demain I . . .
50 L'ONGLE NILllON.
Quant à ce piano, qui cause ma détresse.
Dès ce soir, entends-tu, si j'étais la maîtresse, Avec tous mes cahiers et tous mes opéras, Il irait au grenier faire dauser les rats ! . . .
Avec amertume.
Passer les plus beaux jours dont notre vie est faite, A taper sur les os de quelque pauvre bote, Dans le but éloigné de charmer, ici-bas, L'oreille d'un monsieur que Ton ne ccmnaît pas ! Là grande utilité! les belles conséquences !.., M«i, je veux un mari comme on veut des vacances; Et si jamais pour lui j^ me casse les doigts. . .
Le domesti(tue éteint les bougies daus le salon du forai. M. ROUSSET, épouvanté.
Quelqu'un!...
Se retournant.
Sortez!.,.
D'un ton plus doux.
C'est bon. Retirez-vous, François, Demain... plus tard...
A Clara, quand le domestique est sorti.
Tais-toi; mais.vetix-tu bien te taire !
Prenant sa tète dans ses mainî».
S'il est possible !
(}LARA, ingénument.
Quoi?...
M. ROUSSET
Quoi? Hais le commentaire Qu'on fait, dans la cuisine, au cliquetis des pots, Tandis que ce valet rac(mte tes propos ! . . .
Léon sourit. ^
Mon Dieu ! parier ainsi devant mi domestique ! C'est vouloir sur ta tête appeler la ciitique, . Et détourner d'ici, certe, ils n'auraient pas tort.