SCÈNE PREMIÈRE
ALICE, seule. Elle arrive par la gauche, triste et abattue.
Que va-t41 se passer?... Mon Dieu! que dois-je faire?... Depuis tout un grand mois, pas un mot qui m'éclaire ! Un doute affreux s*ajoute au mal qui me tuait... Ma mère attend son heure et mon oncle est muet ! Ce but qu'on dissimule et sur lequel on glisse Allonge devant moi la route du supplice, Et je crois que mon sein, par la peur agité, Battrait moins lâchement dans la réalité ! . . . J'oserais... j'oserais leur déclarer en face Qu'il est des souvenirs qu'aucun pouvoir n'eflîice, Et que le monde, enfin, n'a pas celte rigueur D'imposer la limite au veuvage du cœur !
Avec désespoir.
Mais cette sourde lutte où s'épuise mon âme, • Ce n'est pas le combat, c'est l'invisible trame, C'est le piège tendu sur le bord du chemin,
Gtf L'OMGLE MILLION.
Et peut-être, ô terreur ! j'y vais tomber demain !...
Avec force.
Non, pourtant! non, jamais! quelque ordre qu'on me donne, N'étant plus à Léon, je ne suis à personne ; Le bonheur de ma vie est brisé sans retour... Et j'ai perdu l'amant ! et j'îii gardé l'amour ! . . .