ACTE III, SGËM£ Il
Ange, c'est du bonheur que je viens d'acquérir, Trop peu pour vivre encore, assez pour mieux mourir !
ALICE
Léon!...
LÉON, nvcc tristesse.
J'étais bien loin, seul par la ville immense, Inconnu dams ce gouffre où le tombeau commence. . . Et du passé détruit le souvenir moqueur Flottait comme un mirage au désert de mon cœur ! . . . Oh ! ne me chassez pas, je n'ai plus de famille ! J'ai marché jusqu'au jour sous la noire charmille, Comme un voleur qui rôde autour d'une maison... Pitié!... regardez-moi... j'ai perdu la raison... J'ai voulu, pauvre fou que le regret dévore.
Près de fuir à jamais, vous contempler encore. . . Et peut-être... oublieux des refus essuyés, Attendrir votre mère... en tombant à ses pieds!...
ALICE, avec désespoir.
Trop tard !
LEON, vivement.
Qu'avez-vousdit?...
ÀLIGZ.
Il est trop tard pour elle!
LEON, iiidigué.
Avouez qu'on me cherche une étrange querelle, Qu'on saisit un prétexte assez hoi^ de saison...
ALICE, rintcrrompant.
Oui, je crois, comme vous, à quelque autre raison... Et la preuve...
Elle s'arrôtc court.
liON.
Achevez !
ALICE
C'est qu'avec grand mystère î Depuis votre dépait on reçoit ce notaire. ..
LÉON
Ce Gaudrier? «
àLICE, bas.
Lui-même... on le trouve charmant.
LÉON, navré.
Vous m'annoncez la chose assez tranquillement !
ALICE
Vous vouliez tout savoir, il fallait bien tout dire!
LÉON, avec amertumç.
C'est garder sur votre âme un merveilleux empire!... Que n'ai-je ce courage en face des douleurs!
ALICE, sanglotant.
Vous écoutez les mots sans regarder les pleurs !
LÉON, lui saisissant la main.
Alice ! . . . pardonnez ! ... je dis des choses folles ! C'est qu'aussi mon cœur saigne à toutes vos paroles... Et vous...
ALICE, avec tristesse.
Que puis-je faire? ai-je amené cela?...
Il fallait bien s'attendre à ce dénoâment-là! Maintenant... je suis seule à lutter sur la terre... Mon oncle, à bout d'espoir, m'abandonne à ma mère! Sous cette volonté qu'on n'a pu vaincre encor. Je tremble, je sanglote, et je voudrais la mort !
Elle cache sa tète dans ses mains*
LÉON, avec force.
Hais cet homme, après tout, n'étant pas un infâme, Dès qu'il aura connu le secret de votre âma, Comprendra de lui-même. . .