SCÈNE PREMIÈRE
ALICE, seule; puis CLARA.
ALICE, travaillant sur un guéridon, à gauche.
En dix jours tout au plus. .. quel étrange mystère ! Départ de l'oncle Etienne, éclipse du notaire... Seul, Popiu, d'heure en heure, avec un grand émoi, Vient apporter ici des nouvelles...
CLARA, entrant par la droite avec dignité.
G*est moi !
ALICE, se retournant, surprise.
Clara !
CLARA, halcUulc.
J'ai vu ta mère, au tournant de la rue; Elle allait vers lu ville, — et je suis accourue. Car je veux te parler face à face aujourd'hui !
ALICE, :^ part.
Ciel ! je tremble !
Haut.
Sais-tu quelque chose de lui?. . .
Un «lalbeur. . .
CLARA
Ce malheur, qui t^ irouUe sans cause, Il ne fiappe que moi, ma dière...
Avec ironie.
Peu de chose!... .
ALICE, courant à elle avec intérêt.
Comment?. . . pativre petite. . . achève de parler ! . . .
CLARA y »e reculant.
J*ignore de quel droit tu viens me consoler, Après la trahison dont ton âme est ternie. . .
ALIGK.
Que dis-tu?
CLARA, avec majesté.
Ta pitié n'est que de l'ironie ! . . .
ALICE
Moi ! moi ! . . . qu'ai-je donc fait ?
CLARA
Un rien, te dis-je, un jeu. , .
Tu n'jas fait que briser mon avenir !
ALICE, hors d'elle-mcmc.
Mon Dieu !
Explique-toi, de grâce, on ne peut pas comprendre...
CLARA, froidement.
Cherche... le mot viendra, sans trop se faire attendre. Si quelque honte encor. . .
ALICE, l'interrompant.
Quoi ! me reproches-tu Le bonheur de Léon, par ma faute abattu?
Clara... tu sais pourtant comme j'aimais ton frère!