ASSEMBLÉE DU 29 FRUCTIDOR AN IX
Rapport des commissaires de la Société réunie de l 'Opéra- Comique à leurs commettans assemblés.
Mesdames et Messieurs, chers camarades,
D'après vos pouvoirs sous seing privé de prairial dernier, vous avés nommé des commissaires pour les opérations pendant la fermeture des deux théâtres Favart et Feydeau.
Aussi, à commencer du 15 Messidor, les camarades Chenard, Rezicourt, Juliet, Gaveaux, Lesage, Solié, Philippe Fleuriot, Camerani se sont assemblés tous les jours à dix heures du matin jusqu'à quatre de l'après-midi, et les soirées, souvent, ont été passées depuis trois heures jusqu'à onze heures avec vos conseils, afin de parvenir au terme d'une opération épineuse et parvenir au but désiré.
Vos commissaires se sont occupés de faire passer par devant notaire les baux des deux théâtres, l'acte de Société, le tout enregistré depuis le 9 thermidor dernier, afin de clore et donner la sûreté nécessaire à l'entreprise.
Il a fallu donner les plus grands soins pour s'assurer la location du théâtre Favart d'après la dissolution de l'ancienne
(1) On sait que dans les théâtres régis en société (comme, par exemple, la Comédie-Française), les sociétaires nomment à l'élection un ou plusieurs semainiers, lesquels sont chargés, sous la surveillance du Comité, des détails de l'administration et de la police intérieures, de l'établissement ou de la vérification de la comptabilité, de la garde et de la conservation des papiers et archives, etc. Chacun a sa semaine, comme l'indique le nom attaché à lu fonction, et exerce à son tuur, de sept en sept jours. Mais à l'époque de la Révolution, quand, à l'arrivée du nouveau calendrier, les semaines eurent fait place aux décades, les semainiers se transformèrent eu décadiers, et leur service se lit de dix en dix jours.
Société; il a fallu déjouer les concurrents, que nous connoissons tous, et abattre les projets qui s'étoient formés en foule, contraires à nos intérêts.
Le 3* point étoit de s'occuper à faire les réparations et embélissements à la salle Feydeau, afin de l'ouvrir le plutôt possible, seconder de cette manière les vues du gouvernement et les désirs du public. On a observé qu'il falloit nettoyer, repeindre, rafraîchir dorures et peintures en tout genre; on a observé que les deux anciennes statues colossales de l'avantscène étant supprimées, pouvoient procurer un bénéfice à la Société en y faisant construire deux loges, et dans le même tems faire un supplément de loges à celles du consul et du ministre qui pourroit leur être agréable; on a vu la nécessité de faire embellir le grand foyer, ainsi que les corridors de l'intérieur; il a fallu s'occuper des magazins des deux théâtres, autant des habits que des décorations, pourvoir aux inventaires, et à cet effet employer le monde nécessaire des deux salles.
Le théâtre où nous sommes n'a pas été trouvé dans l'état que l'on auroit pu le désirer, autant pour les réparations locatives, qui regardent la Société, que les grosses réparations, qui regardent les propriétaires.
Après une visite générale, ayant apperçu que le local étoit trop petit pour loger une nombreuse Société, on a trouvé indispensable de louer la maison n° 11 rue des Colonnes, qui a fourni non seulement le nombre suffisant de loges d'acteurs, mais même l'entrée particulière du premier consul; il a iallu à cet effet donner des indemnités et faire déménager 4 locataires qui no dévoient déménager qu'au 15 Vendémiaire.
On s'est occupé à rendre propre le grand foyer; le libraire et le limonadier accoutumés à s'y établir jadis ont été mis dans le local voisin et s'y sont établis à leurs frais: le grand socle gothique a été remplacé par une cheminée; on l'a décoré de 3 glaces et de draperies acquises avec la plus grande économie; enfin on l'a embelli de 6 statues en plâtre portant les foyers de lumière, on y a ajouté des chaises propres et commodes, ainsi que des tables pour y tenir des journaux et ce qui est nécessaire pour écrire.
Ne perdant jamais de vue ce qui peut être utile à la Société, vos commissaires ont cru nécessaire de faire griller toutes les loges du rez-de-chaussée et d'y rétablir les 5 de face, afin d'avoir un bénéfice sur la location soit à l'année, soit journalière. On a pourvu à un local pour l'atelier du luminaire, ainsi qu'une petite salle pour habiller les comparses.
On a établi un petit foyer aux musiciens de l'orchestre, où on placera une pendule pour être à l'heure fixe au service; ou en placera de même une dans le foyer du public, et une autre
dans votre salle d'assemblée. Enfin, on n'a pas perdu de vue une chose essentielle pour le public, telle que des lieux à l'anglaise.
Après avoir mis tous les objets cy-dessus en état de marcher, on a pensé aux pièces à donner pour l'ouverture du théâtre, et ayant jetté les yeux sur les Deux Journées et Stratonice, on a cru indispensable de faire rafraîchir les châssis des Deux Journées, qui étant vieux faisoient disparate avec le rideau, qui étoit neuf. On n'a pas perdu de vue les 2 pièces nouvelles à mettre sur la scène et à cet effet on a mis à l'étude la Tour de Newstedt, de MM. Marsollier et d'Alayrac, et la Prude, de M. Dupaty, et le tout ordonné par la plus stricte œconomie.
Une chose qui n'a pas échappé à vos commissaires a été de faire baisser le ton des instruments à vent; mais il a fallu en faire une grande partie à neuf et mettre quelques autres en état.
Mais pour parvenir à toutes ces opérations dispendieuses, il est aisé de concevoir que sans 1-es propriétaires du théâtre Feydeau, qui sont venus à notre secours, il auroit été impossible non seulement d'achever la besogne, mais même de la commencer; aussi, ouvriers du magazin, décorateurs, garçons de théâtre et autres employés ont été en exercice tout le tems de la clôture. Il a fallu leur donner de quoi exister; ensuite, les entrepreneurs de tout genre : peintres, doreurs, charpentiers, menuisiers, sculpteurs, tapissiers, maçons, serruriers; il a fallu donner à chacun des acomptes afin de presser l'ouverture.
C'est avec les sommes avancées par les propriétaires de Feydeau que l'on a fait face en partie à tous ces objets de dépenses, ainsi qu'au traitement de vos commissaires, de même qu'au payement de 4,800 livres pour l'enregistrement de 15 années de bail du théâtre Feydeau; en outre, l'avance faite de 12,000 livres ponr les 8 mois de loyer du théâtre Favart, ainsi que d'environ 2,000 livres pour l'enregistrement. Tous ces objets réunis font une somme considérable, et dont l'intérêt est perdu pour les propriétaires et le recouvrement très long à faire. Et sur ce point de vue, on ne peut trouver extraordinaire si le prix du bail est monté à 60,000 livres, et d'autant plus qu'on a restreint les propriétaires à une grande suppression de loges et billets portés dans l'ancien bail. — On vous observe que le bail du théâtre Favart est au-delà de 60,000 livres.
Vos commissaires n'ont pas perdu de vue un objet important. Ils ont observé que les camarades Elleviou et Martin s'étant refusés de signer l'acte de Société après la dissolution de celle de Favart, auroient pu se regarder comme libres. Il a fallu
les rengager d'une nouvelle manière pour qu'ils puissent aller au terme de leur engagement. Les propriétaires du théâtre Feydeau se sont prêtés à cette opération, leur seul but ayant été de seconder les vues du gouvernement, qui a demandé une réunion complette de talents des deux troupes eo une. C'est par ce seul motif que Ton s'est assuré des talents d'Elleviou et Martin, sans déroger aux clauses de l'acte et de l'arrangement de la Société.
Vos commissaires, en vous mettant sous les yeux qu'ils ont tout employé pour former une réunion complette en talents de tout genre, sont forcés malgré eux de vous instruire de la rupture de l'engagement de M ,,4Î Philis cadette. Après avoir mis en usage toutes les démarches, les persuasions et les prières, ayant insisté au refus d'un petit rôle dans les 2 Journées, ils ont cru devoir préférer rompre l'engagement que d'introduire une planche (?) aussi dangereuse au commencement d'une entreprise.
Après avoir mis en état les objets cy-dessus détaillés, on s'est occupé de la nomination de votre orchestre. Il a fallu faire les engagements sur papier timbré, autant pour les musiciens que pour les chœurs, atin que tout soit fait dans les formes, quoique l'objet de la dépense ne soit pas indifférent. Le choix qu'ils ont fait sera aussi accrédité qu'agréable au public; et d'après les états qu'on vous présentera, vous y appercevrés une épargne de 12 à 15 mille francs par an, quoique le nombre soit plus grand et le tout amélioré.
On s'est également occupé des contrôleurs, buralistes et ouvreuses de loges, et d'après le choix des deux théâtres on a divisé les choses de manière qu'on les a amalgamées afin de rompre les anciennes liaisons, de sorte que moitié de Favart à peu près a passé à Feydeau, et ceux de Feydeau qui sortiroient pour rentrer à Favart, se réservant les commissaires de faire changer de place ou de poste, quand la Société le jugera convenable.
On s'est oeccupé par suite du prix des loges tant à l'année que journalières, et du prix des places, sans perdre de vue les intérêts de la Société et celui du public.
Vos commissaires se sont occupés ensuite de la garde du spectacle, et n'ayant pas obtenu celle qu'on leur avoit promise, ils se proposent de renouveller leurs démarches.
On s'est occupé de règlements, et d'après le plus mùr examen sur les anciens, qu'ils ont repassés article par article, ils ont cru devoir conserver ceux qui peuvent convenir, modifier quelques-uns et rendre nuls les autres,
Ils ont suivi l'ancien mode sur la formation d'un Comité, qu'ils vous soumettent. Ils croient devoir proposer que le Comité sera composé de 9 membres; ces membres pourront
être amovibles. Ils pourront être réélus une seconde fuis. Il en sortira deux chaque mois. Les 4 l- rs mois, le sort décidera des membres sortants. On pourra être à la fois décadier et membre du Comité, et les dècadiers qui ne sont pas du Comité n'auront pas voix délibéralive.
Attributions du Comité. — Le Comité fera le projet du répertoire, qui sera soumis à l'Assemblée générale. Il réglera le tems où les pièces devront être mises à l'étude sans pouvoir intervertir l'ordre des réceptions des pièces nouvelles. Il proposera à l'Assemblée générale les pièces de choix qu'il jugera plus utiles à la Société, et quant à l'ancien répertoire, le Comité distribuera les rôles aux acteurs et actrices qu'il jugera convenable, observant que de la distribution doit dépendre le succès des pièces et la satisfaction «lu public.
Il entendra les rapports des dècadiers relatifs à la police de la Société, et pourvoyra à tout ce qui est utile au bon ordre, examinera les sujels qui se présenteront pour débuter, s'informera de leur conduite pour en rendre compte à l'Assemblée générale, qui prononcera définitivement sur leur renvoi ou leur admission. Il proposera à l'Assemblée les dépenses journalières et extraordinaires, proposera les marchés, se fera autoriser à arrêter les comptes, vérifier la caisse et surveiller la comptabilité. La Société autorisera son Comité a la faire assembler quand il le jugera convenable, ainsi qu'à régler toutes les affaires delà Comédie, générales et particulières, de quelque nature qu'elles puissent être. Enfin, assisté des conseils ordinaires de la Société (lorsque le cas l'exigera), le Comité en deviendra le représentant et le garant.
On observe néanmoins que lorsqu'il s'agira d'aliéner les immeubles ou de faire des emprunts, le Comité n'entreprendra rien sans le vœu de l'Assemblée générale, a laquelle seule appartiendra ce droit, et c'est aussi à son Assemblée que le Comité fera le rapport, le 9 de chaque décade, de tout ce qui regarde la discipline et le bon ordre.
Les Commissaires ont cru suivre leur ancien règlement sur la nomination des dècadiers. Ils vous soumettent leur projet de nommer un décadier perpétuel dans la personne du camarade Camerani, garde des archives, et un premier décadier pris parmi les sociétaires.
En outre le premier décadier, il y en aura un second, qui le remplacera, étant investi de ses mêmes droits, mais seulement dans le cas de maladie ou autres raisons valables qui le forceraient de s'en dispenser, dans lequel il en instruira le Comité, qui appellera le second pour le remplacer comme ci dessus.
Les dècadiers convoqueront les assemblées ordinaires et extraordinaires qui leur seront demandées par le Comité ; les
.-ÎOO l'opéra-comique
décadiers constateront IVtat des acteurs et actrices présents à chaque assemblée; le premier arrêtera la feuille et la remettra au décadier perpétuel, qui ne fera de distribution du droit de présence à chaque acteur ou actrice sociétaire que quand les affaires seront terminées et lorsque le premier semainier dira de lever la séance.
Vos commissaires croyent devoir proposer que les décadiers veilleront à ce que le répertoire réglé à l'assemblée soit exécuté. Ils feront le rapport au Comité sur le changement à y faire et les abus qu'ils pourront découvrir afin d'y pourvoir.
Les décadiers seront obligés de se trouver au théâtre depuis onze heures du malin jusqu'à ce que les opérations soient terminées, et a & heures le soir, jusqu'à ce que la toile soit baissée, réservant cependant vos commissaires le cas où les décadiers ne pourront quitter le théâtre, soit par quelque changement de répertoire, soit par quelques affaire* extraordinaires qui puissent les retenir.
Les décadiers assisteront aux comptes et à la recette, qui sera toujours signée par eux; ils veilleront à ce que le spectacle commence à l'heure indiquée; ils marqueront ceux qui ne seront pas prêts à l'heure, en remettant la note au Comité.
Les décadiers auront soin de veiller à ce que les répétitions se fassent aux heures indiquées et mettront à l'amende ceux qui manqueront et dont la note sera mise sous les yeux de l'assemblée générale.
Votre Comité, lorsqu'il sera établi, s'occupera de terminer les articles du Règlement qu'il soumettra à votre décision.
On croit devoir vous proposer deux assemblées à chaque décade, le cinq et le neuf Celle du 5 pour les lectures et autres affaires; celle du 0 pour le répertoire 11 vous les propose pendant G mois a midi, depuis le 1 er Vendémiaire jusqu'au 30 Ventôse, et à 11 heures depuis le 1" Germinal jusqu'au 1*' jour complémentaire, auxquelles assemblées aucune personne étrangère à la chose ne pourra, sous aucun prétexte, être admise, sous peine de 100 livres d'amende pour le dêcadier.
Un objet important à vous soumettre est celui de statuer sur la place de caissier; le 28 Fructidor, veille de l'ouverture, ayant senti la nécessité d'en avoir un provisoire, différentes raisons particulières ont engagé vos commissaires à nommer provisoirement le C* rt Dufeys, ancien caissier des propriétaires de la salle depuis 2 ans, connu par sa probité et son intelligence, et quant au traitement il le laisse à votre disposition.
Pour ce qui regarde le théâtre Favart, vos commissaires croyent devoir reconnoître 27 ans de services du C* n Durozoir, connu par son intégrité et son exactitude; ils vous proposent
de Je nommer contrôleur de la caisse au théâtre Favart, et chargé d'y faire les recettes en lui accordant un traitement de [en blanc].
L'objet qui a donné une occupation extraordinaire à V03 commissaires a été la conservation des deux répertoires Favart et Feydeau. Les auteurs leur ont fait guerre ouverte; ils vouloient leur faire souscrire des articles par trop tiranniques et destructeurs: le refus de vos commissaires a déterminé les auteurs à une saisie, mais avec l'aide de vos conseils et la conciliation du O D énorme, juge de paix, l'opération s'est faite avec toute la prudence et la tranquillité possible, et par la réponse faite par vos commissaires il paroît qu'un procès s'entamera entre vous et eux; mais néanmoins, vos commissaires espèrent que la justice des tribunaux prononcera en votre faveur, et qu'aucune loi ni aucun jugement ne prononceront un arrêt en faveur d'articles aussi despotiques que ruineux.
Après avoir parlé jusqu'ici d'utilité, nous passons à des objets d'agrément. Vos commissaires ont fait un travail d'après lequel ils espèrent avoir satisfait la Société sans trop nuire à ses intérêts.
On vous propose que chaque acteur aura le droit à une entrée. On pourra en disposer pour les deux salles, mais non par billets, mais seulement personnellement, et une fois la personne désignée on ne pourra la changer qu'après l'année; l'usage de donner des grandes entrées par billets ayant été reconnu ruineux, vos commissaires croient devoir l'abolir. Ce genre d'entrée dans les 2 salles 'jouira de toutes les places, hors le parterre.
On croit devoir vous proposer le droit de deux entrées pour vos familles, c'est-à-dire père, mère, femmes, maris, enfants, frères et sœurs. Mais les sociétaires sont tenus de désigner annuellement les deux personnes de leur famille, en observant qu'elles doivent être connues, et non supposées. Ces entrées, qui sont du genre de celles de faveur, se trouveront sujettes à être suspendues pendant les l rC1 rep 0n * de chaque pièce nouvelle ou de grandes rep u,,s extraordinaires. Les entrées de famille se placeront partout, à l'exception des loges d'avantscène, balcon et les G loges de face dans tous les étages, ce genre de places étant destiné pour les locations et au public.
Les acteurs pensionnaires pourront se placer également dans les places de faveur, comme les parents des artistes sociétaires, mais toujours exceptant les premières rep 0M,i des pièces nouvelles et les grandes rep 1 "" extraord'", qui seront désignées par le Comité.
Quant aux billets, vos commissaires croyent devoir vous proposer que chaque artiste sociétaire jouant aura deux places
L'OPfiRA-COMIQUK
aux premières galeries, el l'acteur pensionnaire aura 2 places également, aux 2' 1 "* galeries. Il sera à la disposition des deux décadiers 8 billets d'une place à chacun pour être donnés soit à quelque journaliste, soit à quelque personne utile au dehors qui pourroit le demander et auquel on ne peut le refuser, tels que le juge de paix, commiss" de police départemental et autres autorités constituées. Les décadiers distribueront de concert ces genres de billets dans tous les cas possibles, et lorsque le cas se présentera où lous les sociétaires, par raison de quelque petit spectacle, ayent des billets, ceux destinés aux semainiers seront de 1G places pour chacun des décadiers.
Pour éviter toute confusion ou abus dans les billets, vos commissaires vous proposent de suivre le plan projetté : 1 Q d'avoir un papier fin et particulier, avec lequel il y a impossibilité de changer les chiffres; 2" qu'un membre du Comité posera un timbre, en le changeant journellement d'une couleur différente. Ces billets seront signés dans Je corps par le décadier perpétuel et par le 1 er décadier d'exercice. Il sera donné aux deux contrôleurs, à la porte, dans le tableau, un modèle de billet du jour, afin de confronter si le cas l'exige. Tout billet sans les formalités cy dessus, nous vous proposons qu'il soit refusé sans réplique.
Les billets à la main seront placés dans les 4 loges de chaque côté, aux premières, à toutes les galeries et cintre. On vous propose que le Comité signe et fixe le nombre de billets suivant la nature des spectacles. Ces billets seront portés en recette fictive au dos du bordereau de la recette journalière. Dans le cas qu'il y en auroit été délivré plus que le nombre arrêté par le Comité, les décadiers et le membre du Comité qui a le timbre en sont responsables.
Tel est l'état actuel des choses, autant celles exécutées en votre absence, pendant deux mois et demi de commissariat, comme celles projettêes pour l'avenir. Vos commissaires ont passé 3 mois d'un travail pénible, et sont sortis d'une opération la plus épineuse : assistés de vos conseils, ils ont évité les écueils les plus difficiles, et le tout pour parvenir à une union désirée.
Il paroît, Mesdames et Messieurs, chers camarades, que grâce au ciel nous sommes arrivés au port. Mais n'oublions pas nos souffrances passées; il étoit tems d'y mettre ordre, et mettre un terme à nos peines. Nous croyons avoir satisfait les vues du gouvernement; c'est lui qui a demandé la réunion, nous l'avons faite, et le premier consul et le ministre en sont instruits.
Nous accorder un commissaire, nous nommer 3* spectacle natfonal et seul d'ope ro-comique à Paris, nous accorder pror
tection, c'est ce dont nous avons besoin actuellement pour combler nos désirs et pour notre soutien; alors nous serons arrivés au but désiré. Mais ce n'est pas tout, chers camarades : il reste encore quelque chose à faire, et cela dépend de vous. Travail, zèle, 'bonne volonté, une franche union fraternelle, c'est de là d'où dépend notre bonheur. Que chacun donc y mette k du sien, et nous aurons la douce satisfaction d'avoir satisfait le public, satisfait le gouvernement, pourvu à notre existence et à celle de 400 familles.
Lu à l'Assemblée le 29 Fructidor an 9, et ont signé :
Camerani, Juliet, Lesage, Philippe, P. Gaveaux, Fleuriot, Solié.
{Formation du Comité définitif.)
L'Assemblée ayant adopté l'article des règlements qui traite du Comité et des décadiers, a délibéré de passer à la nomination, et ont été élus à la pluralité des voix pour former le Comité les camarades cy après :
Juliet • Chenard
Rezicourt Gavaudan Solié Lesage Philippe Dozainville Camerani Quant aux décadiers, ont été élus :
Le camarade Camerani, décadier porpétuel ; Le camarade Moreau, premier décadier ; Le camarade Andrieu, second décadier.
Arrêté à l'Assemblée générale les jour et an cy dessus, 5 vendémiaire.
Signé : Juliet, Chenard, Dozainville, F e .Philippe, Lesage, Rezicourt, Gavaudan, P. Gaveaux, L. D u gazon, S 1 Aubin, Paulin, Andrieu, Desbrosses, Philis aînée, Méon, Camerani, C. Nivelon.
MÊME ASSEMBLÉE {Refus de réadmettre Vallièrc dans la Société.)
Lecture faite de la lettre de M r Vallièrc, par laquelle il demande de rentrer dans la Société ;
L'Assemblée, après avoir bien réfléchi sur toutes les circonstances qui accompagnent la demande de M' Vallière,
Di
l'opér a-comique
ainsi que les suites, arrête, vu que l'emploi de M' Vallière a été distribué, et qu'en l'agréant dans la maison il ne pourrait être d'aucune utilité, délibère de no pas acquiescer à sa demande.
Néanmoins l'Assemblée, vu égard à ses anciens services au théâtre Feydeau, vu égard que la saison où nous sommes n'est pas propre à trouver des engagements dans les départements, arrête de lui fournir une somme de deux cents livres par mois, payable le 15 de chaque mois, d'ici au 1 er Floréal prochain, époque à laquelle les engagements se renouvellent et où il pourra se pourvoir en province.
L'Assemblée croit, par cette opération, démontrer qu'elle a égard aux circonstances fâcheuses de M r Vallière, et par ce moyen elle lui procure l'existence de 6 mois, elle croit contribuer à la tranquillité de la Société et au bon ordre.
Arrête la présente délibération le 5 Vendémiaire an 9.
Signé : Ghenard, Camerani, Moreau, L. Dugazon,
DOZAINVILLE, JULIET, MÉON, V vu SCIO, F<> PHI- LIPPE, Andrieu, Solé, Philis aînée, Veuve Haubert (-Lesage), Uezicourt, F e Grêtu, Gavaudan, F e S 1 Aubin, Lesaoe, S* Aubin, Philippe.
{L'orchestre et les pièces en vaudevilles.)
Le Comité ayant apperçu que l'orchestre négligeoit par trop les pièces de vaudevilles, de manière que le trop petit nombre d'instruments a fait murmurer le public;
Le Comité croit devoir délibérer que le chef d'orchestre soit authorisé à employer moitié des musiciens de l'orchestre pour toutes les pièces à vaudevilles à l'avenir, et à tenir la main, sous sa responsabilité, à l'exécution de cette mesure qui tient [tend?l à satisfaire le public et à la dignité de notre spectacle.
Fait en Comité, et approuvé par l'Assemblée générale, ce G vendémiaire an 10.
Signé : Gontier, Solié, Dozainville, Gavaudan, Philippe, Juliet, Lissage, Giiknard, Andrieu, Rezigoukt, P. Gaveaux, S 1 Aubin, Paulin, Gamkrani, F. Dugazon, Philis aînée, Desbrosses, Meon, G. Nivelon.
(Contre les chiens.)
D'après les inconvénients qui en résultent, les artistes sociétaires assemblés sont tous d'accord qu'à commencer de demain, 13 vendémiaire an 10, ils se prêteront volontiers à ne plus introduire de chiens, ni grands ni petits, dans la salle d'Assemblée et de Comité, ni au théâtre, et ont signé la présente de bonne foy pour la faire exécuter.
Paris, ce 12 Vendémiaire an 10.
Signé : Chenard, Gamerani, Juliet, Lesage, Rezicourt, Solié, Gayaudan. Gontier, F. Dugazon, C. Nivelon, F. S 1 Aubin.
(L'éclairage des loges.)
Le Comité, instruit que, vu l'embarras où on s'est trouvé dans les premiers jours, où les loges des sociétaires n'étoient pas achevées, et dans lesquelles il manquoit les ôbjets les plus nécessaires, on a été obligé de fournir à tout le monde de la chandelle pour s'éclairer, instruit que dans une quinzaine on a dépensé cent francs;
Le Comité a observé que si on continuoit cette dépense elle
iroit à l'infini, et qu'il pourroity avoir de la confusion dans la
distribution, croit devoir arrêter de suivre l'ancien usage de
toutes les Sociétés, savoir : que la Comédie ne fournira de
chandelles qu'aux artistes aux appointements, aux chœurs et
à la danse, et que chaque sociétaire s'éclairera dans sa loge
de la manière qu'il croira convenable.
Fait en Comité et lu en Assemblée générale le 19 vendémiaire an 10.
Signé : V v « Scio, F 0 Philippe, F« Crétu, Philippe, Doz ain ville, Desbrosses, Paulin, Chenard, F* S 1 Aubin, Juliet, Camerani, Flkuriot, Lesage.
(Jetons d'assemblée.)
Le Comité ayant déjà proposé à l'Assemblée d'établir la feuille des jetons, croit devoir arrêter le mode et la marche à 8uivre à l'avenir :
Art. i er . — Chaque acteur et actrice, en entrant à TAssemblée, signera la feuille, en portant son nom en marge.
I/OPÊRA-COMIQUË
Art. 2. — A l'heure fixe, le 1 er décadier arrêtera la feuille. Art. 3. — Ceux et celles qui ne l'auront pas signée perdront leurs jettons.
Art. 4. — Ceux et celles des acteurs et actrices qui sont employés aux répétitions se présenteront les jours d'Assemblée à la salle avant la répétition et émargeront avant de répéter.
Art. ~>. — Qui que ce soit ne quittera l'Assemblée avant que le 1" décadier ait dit que la séance est levée.
Art. G. — Pour donner toute facilité à tous les sociétaires, la séance de l'Assemblée terminera au coup de 3 h. et commenceront fixement à midi.
Fait en Comité, et lu en Assemblée générale le 19 vendémiaire an 10.
Signé : Dozainville, Philippe, S 1 Aubin, Fe Philippe, Desbrosses, Fe S 1 Aubin, Gavaudan, Philis ainée, Paulin, Ciienahd, Lesage, Fleuriot, Juliet, F u Ckêtu, Gamerani.
Le Comité arrête qu'on ouvrira le 30 Vendémiaire le théâtre Favart de la manière suivante :
Les artistes réunis de l'Opéra-Comique feront l'ouverture du théâtre Favart le 30 Vendémiaire an 10 par
l'auteur dans son ménage et